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Bienvenue sur le site du MOC (Mouvement Ouvrier Chrétien) de Liège-Huy-Waremme en Belgique. Parcourir notre site vous permettra de faire plus ample connaissance avec notre projet, nos actions, nos propositions. Le MOC est l’organe de coordination des organisations sociales du monde ouvrier (...) lire la suite

Regards des organisations du MOC de la Basse-Meuse sur le surendettement…

mercredi 12 mars 2008

Depuis quelques temps déjà, le MOC de la Basse-Meuse s’intéresse plus particulièrement au problème du surendettement. En effet, de plus en plus de personnes aujourd’hui y sont confrontées pour de multiples raisons : une consommation excessive, un manque de revenus, la suite d’événements et de situations de rupture, l’absence ou l’insuffisance de couverture sociale, … Après avoir effectué de nombreuses recherches sur cette question, rencontré différents acteurs de terrain de la Basse-Meuse, le comité s’est aussi penché sur la manière dont les organisations abordent cette réalité.

« Au travers des différents projets (formation, espace femmes…), nous rencontrons de plus en plus souvent des femmes qui expriment des difficultés notamment financières  » rappelle Karine JEHAES, responsable du secteur pour Vie Féminine. Du côté de la CSC, José Monteforte, le permanent du secteur confirme que « nous sommes régulièrement confrontés ànos guichets, ànos permanences ou dans les entreprises, àdes situations où nos affiliés nous font part de leurs difficultés àpouvoir assumer les charges minimales vitales.  »
Pour la Mutualité Chrétienne, dans le quotidien de leur travail social, une écoute particulière est accordée aux problèmes financiers de chaque personne. Les cas d’endettement grave sont dès lors orientés vers des centres agréés comme les CPAS,... qui ont un réel mandat pour négocier avec les créanciers. La Mutualité introduit également des demandes d’aide financière pour des frais uniquement liés àla santé (factures d’hospitalisations, prothèse dentaire, achat de lunettes, logopédie,...) auprès de son fonds social.
Vie Féminine a de son côté, entre autres, organisé une recherche-action sur le thème « Femmes et précarité  » qui aborde la question des revenus mais aussi des autres précarités liées au logement, àla mobilité, àla garde des enfants, aux relations familiales, àla santé, àla culture… (…) Vie Féminine coordonne encore des « espaces femmes  » qui permettent aux femmes de se rencontrer, de parler de leurs réalités, d’échanger, de se créer un réseau social levier pour sortir de l’isolement et de trouver des relais pour les orienter vers les services existants
Depuis plusieurs années déjà,, àla veille de la période de fêtes et de l’euphorie des cadeaux de fin d’année, les Equipes Populaires organisent une « Journée sans crédit  », avec notamment le soutien du Crioc afin de sensibiliser les consommateurs aux risques que représentent les ouvertures de crédit octroyées par les grandes surfaces et les sociétés de vente par correspondance.

Ce que pense la CSC en Basse-Meuse...

La CSC, en tant que mouvement social, est sensible au surendettement et aux conséquences que cela entraîne sur le milieu familial professionnel et relationnel.

Nous sommes régulièrement confrontés ànos guichets, ànos permanences ou dans les entreprises, àdes situations où nos affiliés nous font part de leurs difficultés àpouvoir assumer les charges minimales vitales.

Les conséquences qu’entraîne cette situation dans le milieu familial sont souvent dramatiques : séparation échec scolaire, mauvais état de santé, etc… Alors que bien souvent et paradoxalement ces dettes se font au départ pour apporter un certain confort et bien-être a la famille….

Une démotivation est également perceptible quant àla volonté de rester actif ou de rechercher un emploi ; on entend souvent dire « je travaille juste pour payer mon crédit  »
Se déclenche alors une spirale négative qui va vers l’exclusion. Se retrouvant de moins en moins dans la société et en marge, ils ne se sentent plus concernés pour défendre des valeurs justes.
Les conséquences ont un impact également sur la société puisque ces personnes se tournent vers des discours démagogues et extrémistes…

Le manque d’emploi ou la perte d’un emploi entre autres sont des causes d’endettement et de surendettement. La CSC a parmi ses priorités l’emploi qui est un des moyens –pas le seul- qui peut éviter le surendettement.
La CSC est d’autant plus sensible àces états tant au niveau du désespoir que vivent ces personnes qu’au niveau valeurs que nous défendons -solidarité famille justice égalité - qui risquent d’être remises en cause par les personnes confrontées a ces problèmes.

Nous devons donc être attentifs àces situations et tout faire pour sensibiliser les gens, les affiliés, les travailleurs et surtout les jeunes sur l’approche qu’il faut avoir au moment de contracter un prêt.

L’expérience de Vie Féminine...

A Vie Féminine, au travers des différents projets (formation, espace femmes…), nous rencontrons de plus en plus souvent des femmes qui expriment des difficultés notamment financières.

Face àces expressions, Vie Féminine a organisé une recherche-action sur le thème « Femmes et précarité  » afin de mieux comprendre, analyser et dégager des pistes d’action.
Cette recherche aborde la questions des revenus mais aussi des autres précarités liées au logement, àla mobilité, àla garde des enfants, aux relations familiales, àla santé, àla culture…

La question des revenus et la problématique du surendettement qui en découle est souvent abordée par les femmes qui participent àla recherche. Les femmes décrivent le processus comme une spirale : une précarité en entraînant une autre.

Cette étude met aussi en évidence le manque d’information concernant les services existants pour les aider àfaire face, àsortir du « jour après jour  ».

Les résultats de cette recherche et les pistes d’action seront présentées lors d’un colloque.

En attendant, Vie Féminine sensible aux difficultés vécues par les femmes :

- a édité, dans son magazine Axelle de février 2006, un dossier intitulé « Crédit facile : attention aux pièges !  ».
- coordonne des « espaces femmes  » qui permettent aux femmes de se rencontrer, de parler de leurs réalités, d’échanger, de se créer un réseau social levier pour sortir de l’isolement et de trouver des relais pour les orienter vers les services existants
- organise aussi des consultations juridiques, lieux d’informations sur ses droits

Du côté de la Mutualité Chrétienne...

De manière globale, nous pouvons constater que nous assistons àun phénomène de société duale de plus en plus importante. Le fossé se creuse entre les personnes nanties et les plus démunis d’entre nous.
Il s’agit d’une constatation que nous réalisons chaque jour, et qui devient de plus en plus importante au fil des années de travail social au sein de la mutualité. L’appauvrissement de certaines classes sociales est une réalité. Ce phénomène a d’ailleurs été expliqué dans le livre " La tête hors de l’eau ", résultat d’une enquête de travailleurs sociaux menées auprès de membres des mutualités chrétiennes voici quelques années.
Des écrits de la Fondation Roi Beaudouin expliquent aussi cette problématique.
Dans la réalité concrète du terrain et du quotidien de notre travail social, nous prenons soin d’écouter les problèmes financiers personnels de chaque personne, et nous tentons d’établir une situation financière concrète lorsqu’une demande d’aide est exprimée.
Entendre et prendre en compte le vécu de chaque être humain nous semble la base de travail social afin d’établir une relation où une aide sera proposée.
Les personnes qui se trouvent dans une situation d’endettement grave sont orientées vers des centres agréés comme les CPAS,..., ( dans le cadre de la loi
Di Rupo ) qui ont un réel mandat pour négocier avec les créanciers. D’autres personnes sont aussi orientées vers les services sociaux des CPAS afin d’obtenir une aide sociale.
Nous devons reconnaître que nous faisons aussi appel àdes institutions privées ( telles Saint-Vincent de Paul, les Restos du Coeur,...) pour pallier àcertaines carences des services publics.
Enfin, dans notre quotidien, nous introduisons des demandes d’aide financière pour des frais uniquement liés àla santé ( factures d’hospitalisations, prothèse dentaire, achat de lunettes, logopédie,...) auprès de notre fond social.
Une enquête financière et sociale complète est nécessaire pour établir un dossier qui sera examiné par un membre du staff du service social et la décision finale est prise par un membre de la direction. Le fond social est d’ordre privé au niveau de la mutuelle, et ne relève pas de l’assurance obligatoire, mais de l’assurance complémentaire.
Cette réflexion peut aussi rentrer dans le cadre d’une réflexion plus globale de notre société de consommation où les sollicitations sont quotidiennes, et où il convient de s’attacher aux véritables valeurs porteuses d’avenir.Il faut compter avec l’intelligence des êtres humains, car dans le quart monde , beaucoup de vraies valeurs sont mises àl’honneur."

Quelques pistes avec les Equipes Populaires...

Depuis plusieurs années àla veille de la période de fêtes et de l’euphorie des cadeaux de fin d’année, les Equipes Populaires organisent une « Journée sans crédit  », avec notamment le soutien du Crioc.
Cette journée vise àsensibiliser les consommateurs aux risques que représentent les ouvertures de crédit octroyées par les grandes surfaces et les sociétés de vente par correspondance. Cette formule de crédit remporte un franc succès pour des raisons évidentes de facilités d’octroi et d’utilisation. Mais sous des dehors séduisants, elle se révèle chère et dangereuse car elle entraîne de plus en plus de consommateurs dans l’endettement permanent.
La Journée sans crédit a également pour objectif d’interpeller les décideurs politiques sur la nécessité d’une évaluation approfondie de la loi de 2003 en matière de crédit àla consommation et d’un renforcement du contrôle de son application par les organismes prêteurs.

1. Evaluer les effets de la législation
La législation a évolué afin de mieux informer le consommateur et de le protéger de situations extrêmes. Néanmoins, au vu de l’augmentation des chiffres de l’endettement lié aux ouvertures de crédit, il semble indispensable de renforcer le contrôle de l’application de ces mesures.
Suite àla nouvelle législation (2003), relative àla protection des consommateurs en matière de crédit, nous demandons que le Ministère des Affaires économiques commande une étude statistique pour évaluer le respect des obligations légales par les organismes de crédit. De même nous pensons qu’il faut renforcer le contrôle sur le respect de la loi relative au crédit àla consommation, auprès des intermédiaires de crédit, en particulier des grands magasins.

2. Limiter la durée des ouvertures de crédit
Comme on l’a vu, la législation impose un délai de zérotage fixant une échéance pour le remboursement total du montant emprunté. Cependant, ce délai ne s’applique qu’aux crédits àdurée indéterminée qui ne prévoient pas de remboursement périodique en capital. Les organismes prêteurs ont trouvé la parade en prévoyant un remboursement périodique minimal.
D’autres pistes permettant de limiter la durée des ouvertures de crédit doivent donc être explorées.
Nous demandons au Ministère des Affaires économiques d’envisager l’interdiction des contrats de crédit àdurée indéterminée et d’obliger au remboursement de montants mensuels plus significatifs que ceux pratiqués actuellement.

3. Une information sur les aspects curatifs
D’autre part, nous constatons que beaucoup de personnes méconnaissent ou confondent les différents types de crédits et leurs effets. Alors que la publicité incitant àl’emprunt ou au paiement différé d’un achat, devient envahissante et de plus en plus agressive, l’information rigoureuse sur les pratiques de crédit ou la gestion d’un budget fait souvent défaut.
En outre, les services de médiation de dettes et de guidance sont encore peu connus, voire suscitent de la méfiance, soit que l’on n’en discerne pas bien l’objet, soit qu’on les croit indissociables des CPAS.
Nous demandons que les Régions wallonne et bruxelloise mènent des campagnes d’information auprès du grand public sur le plan curatif (médiation de dettes, guidances budgétaires, rôle des CPAS).

Les Equipes populaires ont édité des outils d’animation :
Cahier de l’animation n°2 : « Crédit facile…n’avalez pas n’importe quoi ! Quatre propositions d’animation sur le thème du crédit  ». Disponible àla fédération liégeoise : 04/232.61.77.