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Le secteur de Liège et l’aménagement du territoire

mardi 31 mai 2005

Au cours de l’année 2004-2005, le secteur de Liège a travaillé sur l’aménagement du territoire. Ce travail s’est structuré, dans un premier temps autour de la découverte de trois villes : Lille, Maastricht et Liège.

Pour chacune des trois villes, le secteur a décidé de travailler les trois axes suivants :

  1. La mobilité ( place accordée aux piétons, aux transports en commun, à la voiture, aux vélos, aux handicapés)
  2. Mise en valeur du patrimoine
  3. Logements
  4. Aspects multiculturels de la ville (en matière d’aménagements)

Lille


1. La mobilité

Une gare TGV de grande envergure a été réalisée dans la périphérie lilloise. Cette gare est le symbole de la métropole lilloise. Un métro léger et automatisé la relie au centre ville ainsi qu’au campus universitaire.
Les transports en communs sont diversifiés. Le métro léger et automatisé couvre une grande partie de l’agglomération (environ 40 km de lignes). Les bus sont présents eux aussi et couvre le reste de l’agglomération. Ils sont peu présents dans le centre ville puisque le métro y occupe une grande place et permet aux usagers de se déplacer aisément dans le centre ville.

Le centre ville est en grande partie piétonnier. La place accordée aux vélos est pratiquement inexistante (peu d’aménagement).
Les personnes à mobilité réduite peuvent se déplacer aisément dans le centre ville sans qu’il y ait une perception d’aménagement réfléchit en la matière.

Il est important de noter que ces différents aménagements sont concertés au sein de la communauté urbaine de Lille et environs (elle regroupe plus de 1.100.000 habitants).

2. Mise en valeur du patrimoine

Le centre ville est en voie de réaménagement complet. Cet aménagement est organisé par la communauté urbaine et la municipalité de façon concertée depuis une centaine d’années, cela se sent par la cohérence des projets d’aménagement.

Le centre ville est un parfait mélange d’économique et de culturel. L’hyper centre est, lui, plus affecté au logement. Une volonté de la municipalité est la réaffectation des étages d’immeuble commerciaux en habitation.

3. Logements

la municipalité développe de plus en plus de projets de réaménagement d’habitations au centre ville. Cela se fait via la rénovation du centre ville dans le respect des normes historiques (il y a une vraie cohérence et un respect des contraintes historiques). La majorité des zones d’habitation est cependant concentrée dans l’hyper centre ainsi que dans la périphérie lilloise où l’on note la présence de nombreux HLM (environ 100.000 bénéficiaires).

Il faut noter l’ambition locale de qualité urbaine et architecturale en matière de bâtit. Un contrat de ville et un contrat d’agglomération font d’ailleurs partie intégrante d’un schéma directeur dans le processus de renouvellement urbain.

4. Aspects multiculturels de la ville

Un observatoire des évolutions sociales et urbaines a été créé à la demande de l’état, de la région et de la communauté urbaine. Ses missions sont, d’identifier les phénomènes qui posent ou poseront problème, d’aider à la mise en œuvre de dispositifs prévisionnels ou préventifs et de contribuer à l’évaluation de leurs résultats.

En 1999, la population étrangère représentait 5,5 % de la population Lilloise. Une grande majorité d’entre elle vit dans les HLM.

Le secteur n’a pas visité de quartier "HLM" ; il est donc difficile de pouvoir donner un avis de visu à leur sujet.
Sur base de ce que nous avons pu voir du centre ville et de l’hyper centre, les aspects inter et multi culturels de la ville donnent l’impression d’avoir été pensés par la communauté urbaine avec le gros inconvénient de créer des ghettos de personnes socio-économiquement peu nanties.

En guise de conclusion pour la ville de Lille, nous constatons que l’existence d’une communauté urbaine apporte des réponses concrètes en matière d’aménagement du territoire, de gestion transversale des problèmes qui y sont liés ainsi qu’une politique à long terme en la matière.

Maastricht


1. La mobilité

A Maastricht, le piéton est roi et les cyclistes sont princes. Cette ville à tout fait pour que la voiture reste en dehors de la ville. Les parkings payants sont nombreux, les horodateurs sont partout pour des stationnements limités (en dehors des habitants). Au contraire de Lille (et de Liège), Maastricht est petite et on peut se déplacer d’un bout à l’autre de la ville à pied ou à vélo et sans difficultés.

2. Mise en valeur du patrimoine

Maastricht est une ville où le patrimoine est mis en valeur partout. L’autorité politique a eu la volonté de préserver et de remettre en état l’ensemble du patrimoine de la ville. La volonté politique va beaucoup plus loin puisque de nombreuses zones (quelles soient économique, culturelle ou d’habitation) sont constamment en aménagement ou en rénovation.

Le processus de décision pour ce faire est pour le moins original puisque l’ensemble des autorités politiques (communales, provinciales et fédérales, représentant des habitants) et les partenaires privés se retrouvent autour d’une table de négociation. Ce processus offre de nombreux avantages (notamment le consensus entre tous les partenaires) mais un gros inconvénient aussi, celui du temps de réalisation (temps nécessaire à l’obtention d’un consensus).

3. Le logement

Si l’activité économique (commerces et services) et culturelle se passe dans le centre ville, l’habitat est situé dans l’ensemble de la ville. Le centre ville est aussi un lieu d’habitation : les étages des commerces ont pratiquement tous été rénovés et offrent un habitat de qualité.

L’habitat privilégié à Maastricht est l’appartement (c’est une généralité en Hollande). De grands ensembles aérés sont construits un peu partout à la périphérie directe de Maastricht. Les maisons isolées (de style habitations sociales liégeoises) sont souvent remplacées par ces ensembles. Il est important de noter que ces réalisations s’effectuent toutes sur le mode du consensus décrit un peu plus haut.

Les logements de types HLM ont été construits en périphérie, proches des autoroutes (elles traversent des ilôts entiers de HLM). De petites maisons de type logement social bordent le centre ville mais sont de plus en plus remplacées par de grands ensembles de buildings qui mêlent activités sociales, économiques, culturelles et de logements.

4. Aspects multiculturels de la ville

La visite que nous avons effectuée ne nous a pas indiqué de problèmes particuliers ... même si ce constat ne peut nous inciter à conclure qu’il n’y en a pas. Il ne semble pas y avoir de quartier particulièrement défavorisé dans le centre de Maastricht où les problèmes de cohabitation entre cultures et nationalités différentes se poseraient ; les problèmes liés aux mélanges de cultures sont en fait renvoyés vers les grands ensembles HLM de la périphérie.

Une explication à cela viendrait du fait qu’il n’y a pas à Maastricht d’habitation sociale au sens où nous l’entendons. Il y a de fait des habitations à loyers modérés dans la ville mais elles sont intégrées dans un ensemble d’habitations "normales", en tout cas dans le centre ville.

En conclusion pour Maastricht, nous constatons que le cœur de la ville est touristiquement parlant très avenant. Un ensemble d’activités culturelles, sociales et économiques se situent au centre ville, ce qui renforce un esprit de bien être quand on s’y trouve.

Liège


Deux visites ont été organisées de la ville de Liège, la première portait uniquement sur le quartier Saint-Léonard, la seconde, plus globale, nous a permis de découvrir les quartiers des Vennes, du Longdoz, de Belle-Ile, des Guillemins, de Burenville et de Sainte-Marguerite.

1. La mobilité

La voiture est omniprésente dans l’agglomération liégeoise. Tout a été fait pour amener l’automobiliste de la périphérie vers le centre de la ville (autoroute arrivant au boulevard d’Avroy par le tunnel Sainte Marie et à la Place Saint Lambert par le Cadran). Tout ceci a été réalisé en coupant des quartiers entiers, en laissant place à des déserts sans habitats et sans vie.

Le centre ville est aménagé avec des îlots piétonniers (rares) et semi piétonniers.

Les transports en commun sont présents largement dans la cité. Les gares de bus sont nombreuses (trop ?). La place du vélo est plutôt timide, les aménagements de pistes cyclables (rues, Ravel, …) manquent d’homogénéité. Une gare TGV est en construction, elle devrait être une vitrine pour la ville. Sa construction a une nouvelle fois vu la destruction d’un quartier entier.

2. Mise en valeur du patrimoine

La ville de Liège procède par petites touches successives à la réaffectation et à la mise en valeur de son patrimoine. Le méga musée en est l’illustration parfaite. Rares sont les initiatives qui vont dans la continuité et qui permettent de voir une vraie ligne politique en la matière. Les chantiers sont ouverts un peu partout.

3. Logements

La ville (en dehors de certains quartiers périphériques) se paupérise de plus en plus. Le centre ville est délaissé par ses habitants. Certaines artères anciennes sont en voie de délabrement. La multiplicité des pôles commerciaux (Belle-Ile, Rocourt, Boncelles, …) ainsi que la délocalisation de certaine activités (comme le cinéma) rendent le centre ville peu accueillant.

Les logements sociaux sont nombreux et éparpillés dans les anciennes communes du grand Liège.

4. Aspects multiculturels de la ville

La devise de Liège en la matière pourrait être "diviser pour mieux régner". Les cultures sont nombreuses et variées. Les quartiers les plus défavorisés sont aussi les plus riches de cultures et nationalités différentes (Saint-Léonard, Droixhe, Sainte-Marguerite, Burenville, …). Certains quartiers sont de véritables poudrières socio économiques.

En conclusion pour la ville de Liège, nous ne voyons aucune ligne politique se dégageant à travers le temps dans la gestion communale. Liège donne la triste impression d’une gestion à la petite semaine, par des groupes politiques antagonistes et sans aucun projet à long terme. Il faut cependant tirer une conclusion inverse pour la gare TGV et la place Saint-Lambert).