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La logistique : enjeu du redéploiement économique de Liège ?

lundi 7 juillet 2008

Parmi les pôles de compétitivité retenus dans le cadre du plan "Marshall" de relance de l’économie wallonne figure le secteur du transport et de la logistique. Pour autant, si le développement de cette filière permet de créer de l’emploi, elle n’est pas sans incidence sur l’environnement et la mobilité dans notre région. Pour faire le point sur ce sujet, nous avons organisé une soirée d’information avec Yannick Docquier, permanent Transcom (CSC).

La logistique est l’un des secteurs prioritaires du développement économique de notre région décidé par le GRE (Groupement de Redéploiement Economique pour le pays de Liège). Comme l’a expliqué Yannick Docquier, il s’agit d’un secteur en pleine expansion économique et par rapport auquel Liège bénéficie de nombreux atouts àmettre en avant : une excellente situation géographique qui met Liège au cÅ“ur d’une zone géographique et économique par laquelle transite 80% des marchandises en Europe ; un réseau de transport très développé avec des infrastructures de qualité ; la présence des 4 moyens de transport (rail, route, eau, air) regroupés au sein d’une même région permettant le développement de l’intermodalité. C’est-à-dire la combinaison de différents modes de transport.

Projets àvenir

Pour accompagner le développement de ce secteur d’activités àLiège plusieurs investissements importants sont en cours de réalisation. Les deux principaux sont le TGV Fret et le Trilogiport. Le premier consiste àtransporter des marchandises via un train àgrande vitesse qui devrait relier, dans un premier temps, Paris àCologne. La future gare TGV Fret sera située en bordure de l’aéroport de Liège-Bierset. L’autre grand projet concerne le transport fluvial. Le Trilogiport, situé en Basse Meuse, est une plateforme multimodale (rail, route, eau) censée soulager le port d’Anvers qui est actuellement saturé. Ce projet devrait créer environ 1500 emplois directs sur le site.

Plusieurs problèmes

Si ces projets emblématiques du redéploiement économique de Liège ont pris un coup d’accélérateur ces derniers mois, de gros problèmes restent àrégler selon le permanent Transcom. Avec le prolongement des activités d’Arcelor sur le site de Chertal, l’accès au rail du Trilogiport n’est pas encore assuré. Faute d’alternative, l’évacuation des marchandises se fera essentiellement par la route.
Ces investissements vont augmenter le trafic sur nos routes. Pour Yannick Docquier, "la liaison CHB doit être ainsi une priorité si on veut éviter une congestion du trafic". Par ailleurs, il soutient également le projet de tram àLiège qui est : "tout aussi indispensable". Enfin, faute de réelle volonté politique de développer le transport marchandise par rail, il constate que nous sommes toujours dans une logique du "tout àla route" : "plus de 70% du trafic marchandise se fait par ce mode de transport alors qu’il est le plus dangereux et le plus polluant."

Emplois : avantages et inconvénients

Un des éléments déterminants dans le choix de développer la filière logistique àLiège est la question de l’emploi. Un secteur d’activités qui àl’avantage de permettre la création de beaucoup d’emploi et d’offrir un panel de métier très diversifié qui va de l’emploi peu qualifié àl’emploi très qualifié. "Dans le contexte social de Liège, la possibilité de permettre la remise àl’emploi de travailleur disposant de peu de qualification a pesé dans la balance au niveau politique pour soutenir le développement de la logistique àLiège". Des emplois qui demandent une organisation du temps de travail très flexible, reconnaît-il également, même si des améliorations ont été rendues possibles grâce àl’action syndicale.

Quel avenir pour demain ?

De manière plus globale l’explosion de la logistique ne fait que traduire notre mode de consommation actuel. Un pot de yaourt parcourt 8 pays avant d’atterrir dans notre bol au petit déjeuner. "Ce système n’est pas tenable, souligne le permanent syndical. Aujourd’hui, on ne paie pas le coà»t global de notre mode de consommation notamment en ce qui concerne la pollution dont les effets sont laissés àcharge de la collectivité. D’ici 30 ans, ce ne sera plus possible. Le coà»t réel devra être pris en compte dans le prix des biens et services, ce qui aura pour effet de rapprocher la production de la consommation". Dès lors, comme l’a souligné, un des participants de notre soirée, se pose la question de la durabilité de ces investissements àmoyen et long terme.