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Midi du Monde "Droits humains : Où sont les femmes ?" du 3 mars 2005 àla Casa Nicaragua

jeudi 3 mars 2005

"Droits humains : Où sont les femmes ?"
Le jeudi 3 mars 2005. de 12h00 à13h30.
Liège, àla Casa Nicaragua.
Pour nous présenter le sujet, nous avons accueilli :
Mme Montserrat Carreras, chargée des relations extérieures pour Amnesty Internationale en Belgique francophone.

Mme Montserrat CARRERAS a commencé par nous expliquer comment Amnesty Intenational a progressivement intégré la problématique des droits des femmes dans ses actions et réagit face àla banalisation et au silence entourant l’absence de ces mêmes droits dans de nombreux pays. Ensuite elle a passé en revue de nombreuses situations de par le monde, où les femmes sont parmi les principales victimes du non-respect des droits humains :

En temps de paix_________________________________________

Les violences domestiques, au sujet desquelles AI mène une campagne et tente d’inciter les Etats àmettre tout en œuvre pour que les droits des femmes soient respectés (prévention, services sociaux adéquats, soutient psychologique etc.), si ce n’est pas le cas AI rappelle leur manquements aux responsables politiques.
Existence de lois discriminatoires dans certains Etats, (ex : Au Liban où un homme qui tue sa femme peut se voir accorder une réduction de peine en fonction de certaines « justifications  » que la justice Libanaise accorde àson acte…)
Marginalisation, pauvreté ou encore discrimination àl’égard de certaines populations autochtones, engendrant une absence de protection et de droits pour des femmes de nombreux pays (ex : Canada ou Mexique)
Réfugiés ; persécution de lesbiennes et banalisation de leur absence de droits ; crimes d’honneur ; problèmes liés au système de dot (oblige parfois des femmes àavorter) ; mariages forcés…
Trafic d’êtres humains (par exemple, au Kosovo, où comme dans beaucoup d’endroits sur lesquels sont présentes de nombreuses forces armées, la prostitution se développe avec les conséquences négatives sur les droits des femmes que cela peut impliquer. AI a établi un rapport sur cette région dénonçant l’absence de code disciplinaire adéquat face aux agissements des soldats vis àvis des prostituées et de la banalisation du proxénétisme)
Mutilations génitales (sanctionnées officiellement par plus ou moins 40 pays, mais où, parmi certains de ceux-ci, l’application de cette sanction reste encore difficile)
Le non-respect du droit des femmes àdisposer de leur corps librement en matière de reproduction (Avortements ou enfantements forcés, par exemple en Chine où une loi interdit de condamner àmort une femme enceinte et où, dans ce cadre, des femmes ont été forcées àavorter) Lié àcela également, le problème de l’accès àla contraception.

En temps de guerre_______________________________________

M.CARRERAS a cité ici l’influence qu’a eu le mouvement international des femmes qui en exerçant des pressions sur les instances de décisions politiques internationales n’a pas été sans effets sur l’adoption du Traité de Rome, un texte de loi international concernant les crimes de guerre, leurs sanctions et accordant une place importante aux actes spécifiquement commis envers les femmes. Ceci partant du constat que dans de nombreux conflits armés de par le monde, le viol est souvent utilisé comme véritable arme de guerre.
Ce Traité de Rome constitue un outil très progressiste en matière de droit international, pouvant être intégré dans le code pénal spécifique des Etats. Malgré tout, certains pays refusent encore de ratifier ce traité. C’est pourquoi AI exerce des pressions sur certains d’entre eux (M.CARRERAS ànotamment parlé de son implication personnelle dans une action menée par Amnesty vis àvis de l’ambassadeur du Soudan)
L’utilisation qui est faite du viol en temps de guerre trouve par exemple une sinistre illustration dans certains conflits armés de Colombie où des femmes sont violées dans le but d’humilier leurs maris, voire leur chefs d’Etat, en leur prouvant qu’ils sont incapables d’assurer la protection des leurs.
Il est évident que làoù l’impunité a cours, làoù des sanctions ne sont pas appliquées, ne se sont même pas prévues par la loi, toutes ces violentes atteintes aux droits des femmes ne peuvent que continuer (exemple au Liberia, où malgré une situation plus ou moins stabilisée, rien n’est toujours fait pour que d’éventuelles sanctions ou réparations répondent aux nombreux viols commis récemment)
La présence d’un « lobby femme  » sur le plan international incite de plus en plus d’institutions comme les Nations Unies àadopter des résolutions en faveur du respect du droit des femmes, notamment de manière àpromouvoir leur place en temps qu’actrices de ce combat essentiel en matière de droits humains.

Intervention de Anne Vandeberg de Vie Féminine Liège_____

Anne est venue remplacer Jenny de Liamchine (malheureusement malade ce jour là) pour nous parler de la Marche Mondiale des Femmes. Elle nous a présenté celle-ci comme un réseau, àla fois, mondial, international, régional et local. En Belgique, plus de 80 associations y seraient impliquées. La MMF rend visible et rassemble des groupes de femmes locales autour de revendications communes.
Crée en 1996, la MMF a connu sa 1ère grande mobilisation mondiale en 2000. Suite àcet événement, de nombreuses plates-formes et coordinations locales ont vu le jour (notamment àLiège).
2005 marque la deuxième grande étape de la MMF, avec notamment le lancement ce 8 mars de la « Charte mondiale des Femmes  » visant àmaintenir et renforcer les mouvements de femmes et mettre en avant leurs revendications. Autour de la présentation publique de cette Charte ce 8 mars, plusieurs moments forts un peu partout en Belgique et en Europe, en particulier une marche relais de cette charte, se transmettant de localité en localité en s’enrichissant des revendications de chacune d’elles.

Questions/réponses_______________________________________

> Une personne du public a réagi en rappelant le risque qu’il y avait àprésenter le non respect du droit des femmes en terme de pratiques culturelles liées àcertains pays, risque de tomber dans l’ « eurocentrisme  » voir une certaine forme de racisme culturel.
M.CARRERAS àpréciser que Amnesty ne se positionnait jamais en terme de culture mais s’était toujours inscrit dans une approche normative liée au respect ou non de droits humains ayant valeur universelle.

> Egalement, des réactions pour connaître l’action d’AI au niveau Belge.
Amnesty soutient les associations luttant contre la violence conjugale et relaie des revendications vers les institutions politiques.
M. CARRERAS a évoqué l’existence, au niveau fédéral, d’un « Plan national d’action vis àvis des violences commises àl’égard des femmes  », qui viserait àdévelopper la prévention, la formation de policiers et autres mesures allant dans ce sens. Mais ce plan resterait, àl’heure actuelle, quasiment introuvable pour cause de rédaction définitive non terminée.
M. CARRERAS a également rappelé qu’une difficulté liée àces problèmes de violences conjugales se trouvait dans le caractère « privé  » de ces drames quotidiens, d’où l’intérêt de mettre l’accent sur la solidarité, l’écoute, l’orientation vers des associations et professionnels compétents.

> Une personne du public est intervenue pour faire remarquer le pouvoir qu’avaient les femmes au sein de leur foyer, et particulièrement sur leurs enfants, d’où le rôle qu’elles ont àjouer dans l’éducation de leurs fils afin que ceux ci ne deviennent jamais des auteurs de violences envers des femmes.
A cela M.CARRERAS répond que bien souvent les femmes victimes de violences ne sont pas conscientes de leur pouvoir, ni encore moins de leurs droits, d’autant plus que les hommes dont elles sont victimes contribuent àmaintenir cette situation.

> Bien d’autres réactions ont été exprimées durant la fin de ce Midi du Monde, notamment pour connaître la position d’AI face au problème plus spécifique du travail des femmes dans certains pays du Sud ;
Egalement, á propos d’un « système  » diffusant des idées patriarcales ; de l’intérêt pour les femmes de se rassembler pour désacraliser certaines notions et idéologies ; des discriminations racistes que vivent certaines femmes, en particulier voilées ; ou encore l’individualisation des droits liés àla sécurité sociale…

Des infos plus détaillées se trouvent sur les sites Internet de la Marche Mondiale et d’Amnesty International avec notamment un dossier très bien fait àpropos de leur campagne sur les droits des femmes http://web.amnesty.org/actforwomen/... http://www.marchemondiale.org/ http://www.marchemondialedesfemmes.be