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Midi du Monde du 15 février 2006 sur l’espérance de vie, compte rendu et photos

vendredi 24 mars 2006

Midi du Monde sur l’espérance de vie,
du 15 février 2006 avec Michel Loriaux.

Notions de base et perspectives historiques :
Michel Loriaux a commencé par nous expliquer quelques notions de base de démographie pour faciliter la compréhension de la suite de son exposé et des schémas utilisés. (Différences entre mortalité et morbidité avec causes endogènes et exogènes de celles-ci, définitions de l’espérance de vie, exemples de tables de mortalité…). Nous avons également envisagé la démographie sous un angle historique àtravers le « Calendrier démographique du citoyen occidental moyen du 18ème ànos jours  » ainsi que la « transition démographique occidentale  » qui nous situe actuellement dans une phase de déclin caractérisée par une croissance de la population en diminution, voire négative.

Disparité des situations :
Au niveau mondial il existe des différences énormes et des situations très variées. Par exemple l’espérance de vie au Japon est quasi le double de celle du Mozambique. De ce point de vue, l’écart entre pays développés et pays en voie de développement est toujours de 12 ans. Il faut également remarquer qu’il existe des disparités non seulement entre régions mais àl’intérieur même de ces régions. Par exemple, certains pays d’ex-URSS faisant partie de l’Union Européenne ont une espérance de vie plus proche de la Chine que de la moyenne d’Europe occidentale.

Fossé Nord/Sud en voix de comblement :
La différence d’espérance de vie entre PD et PED diminue au cours du temps. Plus précisément, en terme d’espérance de vie, on ne peut plus vraiment parler d’un tiers-monde en tant que bloc homogène mais de plusieurs tiers-monde avec des situations très différentes. Toutefois la progression de l’EdV dans les PED est relative, les pays africains ont nettement moins progressé que d’autres notamment en grande partie àcause du SIDA qui peut générer àlui tout seul une chute de 20ans d’EdV comme par exemple en Zambie.

La situation sanitaire est souvent une grande cause de faible EdV, en Afrique particulièrement. Si tous les pays ont amélioré leurs situations sanitaires, cette amélioration reste dépendante du retard préexistant en la matière et des moyens disponibles àcette amélioration.

Mondialisation du vieillissement et situations alarmantes
Sur un plan historique il existe un processus de convergence et de rattrapage de l’espérance de vie. Si bien que, de moins en moins, les pays du Sud seront àconsidérer comme pays "jeunes" et le vieillissement, même si actuellement il se fait àdeux vitesses, s’installe progressivement dans le monde entier en constituant une sorte de mondialisation du vieillissement.

Il est donc vrai que l’EdV s’améliore dans de nombreux pays. Toutefois, ce n’est pas du tout le cas comme on l’a vu en Afrique Sub –Saharienne et le slogan de l’OMS « santé pour tous en 2000  » est encore loin de se réaliser si l’on ne prend pas très vite les mesures adéquates.

Nous avons rappelé au terme de cet exposé les objectifs de la campagne que mène Solidarité Mondiale depuis 2 ans sur l’accès au soins de santé, l’une des causes importante de l’inégalité Nord/Sur en terme d’espérance de vie. campagne

Questions/Réponses

- Est-il possible de mesurer l’impact du facteur « violence  » dans les statistiques démographiques ? Qu’est-ce que ça pourrait donner pour le Congo par exemple ?
ML : C’est possible mais il très difficile d’avoir de tels chiffres. Au Rwanda par exemple, durant l’année du génocide l’espérance de vie a pu chuter jusqu’à25 ans. Toutefois il faut rester vigilant car statistiquement les causes de mortalité ne se voient pas toujours clairement. Par exemple, les démographes sont restés pendant longtemps assez frileux pour prendre en compte l’impact du SIDA alors que l’incidence réelle de celui-ci ne fait plus de doute àl’heure actuelle.

- Le réchauffement climatique peut il entraîner une migration massive des pays devenus beaucoup trop chauds vers les nôtres ?
ML : Difficile àdire mais ce qui est certain c’est que les migrations vont jouer un rôle de plus en plus important sur le repeuplement de la planète car les facilités d’échanges entre pays s’accentuent malgré certaines restrictions. Ce qui est sà»r, c’est que les migrations continueront às’accentuer tant qu’existe une telle inégalité économique entre Nord et Sud de la planète.

- Où en est on actuellement en terme de perspectives d’augmentation de la population mondiale ?
ML : Les pays du Sud restent assez jeunes, toutefois on s’attendait il y a peu àun doublement de la population mondiale vers la fin du vingtième siècle mais ces prévisions viennent d’être revues àla baisse et on s’attend désormais plutôt àune stabilisation entre 9,5 et 10 milliards d’individus.

- Quel pourrait être l’impact de l’entrée de la Turquie, dont la population est assez jeune, dans l’Union Européenne dont la population est vieillissante ?
ML : Tout d’abord, pour moi, le vieillissement n’est pas une catastrophe comme on l’entend beaucoup trop souvent notamment chez nos représentants politiques. Il me paraît plus réaliste d’adapter nos modèles sociaux et économiques au vieillissement de la population que d’essayer d’inverser cette tendance bien réelle ( en voulant agir par exemple sur la fécondité ou l’immigration). En ce qui concerne l’élargissement de l’UE, pour les pays de l’Est par exemple le vieillissement est similaire au nôtre, pour la Turquie dont la moyenne d’âge est beaucoup plus jeune, c’est vrai qu’elle pourrait quelque peu modifier statistiquement l’ensemble. Toutefois, si chez nous les gens font moins d’enfants c’est avant tout parce que les conditions socio-économiques n’y sont pas favorables. Vouloir augmenter le désir général de faire des enfants me paraît illusoire de même que toute volonté politique d’ « agir  » directement sur la démographie.