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Midi du Monde du 6 octobre 2005 sur l’accès aux soins de santé, compte rendu et photos

vendredi 11 novembre 2005

Dans le cadre des "Midi du monde" Solidarité Mondiale a reçu récemment Lars Verschaeren, coordinateur de l’action médicaments au sein de "Médecins sans frontières" pour traiter de la place du médicament dans la problématique des soins de santé dans les pays en voie de développement.

On manque de médicaments de base

L’orateur explique d’abord comment son organisation a été amenée às’occuper des médicaments. Au départ, dit-il, nous n’intervenions que dans l’urgence et emportions ce dont nous avions besoin. Maintenant que nous intervenons sur le plus long terme nous sommes amenés àprendre en charge des maladies courantes dans ces pays et nous n’arrivons pas ànous approvisionner. Ce, n’est pas nécessairement une question d’argent ; les médicaments n’existent tout simplement pas.

Il faut savoir que ces pays regroupent 75% de la population mondiale et n’ont accès qu’à8% de la production pharmaceutique. Et je ne parle pas làde médications lourdes comme pour le sida mais de médicaments de base contre les infections intestinales, les maladies tropicales, etc..

En fait, s’il existe un problème financier, c’est avant tout une question politique. Il faut une information sur les possibilités d’achat, sur la recherche… Et cela concerne tout le matériel médical. C’est au niveau de la chaîne "recherche et développement" que tout se joue.

Des médicaments qui n’intéressent personne

Le prix des médicaments est parfois très élevé même dans nos pays mais nous avons une compensation au niveau de la sécurité sociale. Dans les pays pauvres, àquelques exceptions près, le prix doit être supporté par le patient et ce n’est pas possible. Le cas le plus cité est celui du sida mais en fait le problème se situe au niveau des brevets qui couvrent tout. Des pays qui pourraient produire ne peuvent pas le faire juridiquement.

Un autre obstacle aux soins est le fait que certains médicaments ne sont tout simplement pas sur le marché. On avait un bon produit pour la méningite mais l’évolution a fait en sorte que le produit actuellement utilisé ici n’est plus applicable làbas. Certaines molécules qui ont prouvé leur efficacité n’ont plus fait l’objet de recherche et les bactéries et virus sont devenus résistants.

Entre 1975 et 1999, près de 1400 éléments chimiques pour soigner ont été découverts mais moins de 1% concernent les maladies tropicales et encore par ricochet par le biais de la médecine vétérinaire pour des raisons militaires. En fait ces maladies, parce qu’elles n’entraîneront pas de gros bénéfices, n’intéressent personne. On connaît ce problème, àmoindre échelle, chez nous avec les maladies dites orphelines.

Aucune transparence sur le prix

On avance toujours le coà»t de la recherche pour justifier le prix du médicament mais en fait il n’y a aucune transparence sur le prix du médicament et donc sur la part "recherche et développement" qui y entre. C’est donc un choix de société qui se pose. Doit-on laisser le marché réguler toute la production. Je pense, poursuit Lars Verschaeren, que dans les instituts publics on s’arrête àun stade trop peu avancé et qu’il conviendrait qu’ils poursuivent leur démarche plus en avant ; même éventuellement jusqu’àla production pour les médicaments nécessaires aux pays pauvres mais aussi pour les maladies qui chez nous n’intéressent pas les firmes parce que trop rares.

Promouvoir le générique

Faire pression sur les gouvernements est pour le représentant de médecins sans frontière la première chose àfaire. La seconde selon lui dépend directement de nous.

C’est lorsque le générique arrive sur le marché qu’il y a une baisse sensible des prix. C’est ainsi que l’Inde a pu produire des médicaments anti sida. Mais nous avons nous mêmes une attitude peu logique vis-à-vis du générique. Nous en consommons peu et contribuons ainsi àfaire croire que le générique est le médicament du pauvre. En augmentant notre consommation de générique nous pouvons renverser cette image.

De la parole aux actes

Après un bref débat , c’est Antoinette Maya de Solidarité Mondiale qui a cloturé ce "Midi du Monde" en rappelant que depuis deux ans, le groupe s’est efforcé de sensibiliser un maximum de personnes sur les questions de soins et de santé. Cela étant fait, il s’agit maintenant de concrétiser cette campagne. Une pétition est lancée pour interpeller en dix points les responsables politiques. Autour de la diffusion de cette pétition diverses animations auront lieu d’ici au 1er mai prochain.

Compte-rendu par Fabienne Sequaris-Magnée

- Campagne et revendications de Solidarité Mondiale
- Compte-rendu paru dans "Ici et là-bas", bimestriel de Solidarité Mondiale ; novembre-décembre 2005