Fédération de Liège Huy Waremme

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Qui sommes-nous ?

Bienvenue sur le site du MOC (Mouvement Ouvrier Chrétien) de Liège-Huy-Waremme en Belgique. Parcourir notre site vous permettra de faire plus ample connaissance avec notre projet, nos actions, nos propositions. Le MOC est l’organe de coordination des organisations sociales du monde ouvrier (...) lire la suite

Des nouvelles des tables de conversation et d’activités citoyennes

mercredi 17 décembre 2014

Les tables de conversations et d’activités citoyennes ont repris début septembre. Au cours de nos échanges, nous partageons de nombreux regards sur des thématiques d’actualité qui posent question aux participants de notre groupe.

Qui sommes-nous ?

Nous sommes un groupe de personnes issues de l’immigration. Une partie d’entre nous sont installés en Belgique depuis longtemps, d’autres plus récemment. Notre groupe varié est composé de onze nationalités différentes, d’hommes et de femmes de 22 à 63 ans. Nos parcours et origines sont aussi différents les uns des autres. Dans la mesure de nos disponibilités, nous participons deux fois par semaine aux activités. Nous habitons principalement le quartier St Léonard et périphériques ( Bressoux, Droixhe, Outremeuse,…)
Nous venons pour nous enrichir, pour apprendre et découvrir, pour rencontrer d’autres personnes et développer des connaissances et regards critiques sur notre environnement. Un animateur nous accompagne et apporte des informations quand cela s’avère nécessaire. Nous invitons également des personnes ressources en lien avec la thématique que nous abordons.

Que faisons-nous ?

Autant de caractères, de nationalités, de cultures et de langues différentes impose un dialogue dans la tolérance, le respect et la confiance. Nous nous préparons aux futurs échanges par une période où nous explorons l’ensemble du groupe et ses participants par des activités ludiques qui nous permettent de connaitre les personnalités, les zones de confort et d’inconfort afin de pouvoir communiquer en toutes quiétudes sur des sujets qui peuvent être sensibles.

Par la suite, nous formulons des questions sur notre cadre de vie et nos façons de l’approcher à partir de nos expériences et nos situations individuelles. Ces différentes interrogations débouchent sur le choix d’une thématique mensuelle ou bimensuelle.

Une multitude de regards.

Quand nous ciblons une thématique particulière au cours des activités, nous observons les différences de perceptions de la société qui nous entoure. Des incompréhensions surgissent et des quiproquos s’installent. Notre défi est donc de comprendre ensemble et de partager nos avis tout en démêlant les informations pour tendre le plus possible à ce qui nous parait probable et vrai. Rien n’est simple et la vérité des uns n’est pas celle des autres, ce qui est le propre de toutes approches interculturelles et interpersonnelles. Nous invitons des personnes extérieures pour répondre à nos questions et nous visitons quand cela nous est possible, des lieux en relation avec la thématique.

Journal de bord de septembre à décembre 2014

Septembre : présentation

Nous accueillons de nouveaux participants. Nous faisons des échanges et des activités « brise-glace » au cours desquels nous apprenons à nous connaitre. Nous réalisons une charte de confiance par laquelle nous fixons ensemble nos règles de fonctionnement. Nous définissons nos zones de confiance et nos zones sensibles pour faciliter le dialogue et pouvoir répondre lors d’éventuels rapports conflictuels : des thématiques qui pourraient faire ressurgir des souvenirs ou des situations délicates, des sujets qui pourraient porter sur des conflits entre deux cultures présentes au sein du groupe (ex : conflit dans le pays d’origine, conflit inter ethnique présent dans le pays etc.)…

Octobre  : les commémorations d’une guerre ? Qu’est-ce que cela signifie en Belgique ?

Certains d’entre nous ont connu des situations de conflits armés dans leurs pays d’origine et ne comprennent pas les raisons qui amènent à se remémorer une guerre cent ans plus tard.

Beaucoup d’entre nous connaissaient de lointaines histoires de guerre en Europe, mais nous ne pensions pas qu’elles ont pris de telles ampleurs par deux fois en moins de 50 ans. Nous nous sommes rendus à l’exposition « J’avais 20 ans en 14-18 » (à la gare des Guillemins) et « Liège en guerre » (à l’espace Saint Antoine).

Nos constats sont multiples. Ce qui nous frappe : la diversité des belligérants de par leurs nationalités et leurs provenances, la sauvagerie du conflit. Des constats : des innovations techniques et scientifiques existent depuis plus longtemps que nous le pensions, des progrès sociaux ont suivi la première puis ensuite la seconde guerre mondiale (congé payés, émancipation progressive de la femme…), les diverses discriminations envers les combattants des pays colonisés, mais aussi envers les femmes qui elles aussi ont été victimes du conflit. La découverte de certaines traditions en Belgique d’avant-guerre permet aussi de faire des liens avec nos cultures d’origine.

Le sujet de la guerre a bien évidemment réveillé de mauvais souvenirs chez certains. La réflexion s’est poursuivie sur les conséquences des deux guerres et leur impact. Cela nous a aussi permis de conclure par la réaffirmation des valeurs de paix, de partage et d’interculturalité.

Novembre  : trouver un travail, les difficultés que nous rencontrons.

Chercher un travail en Belgique reste pour bon nombre de personnes un parcours difficile, voire de combattant. Une série d’interrogations se présentent immédiatement à nous et une réalité commune se dessine. Nous désirons du travail pour ne plus dépendre d’un organisme d’aide. Nous voulons vivre avec un salaire décent pour répondre au mieux à nos besoins et pouvoir vivre plus sereinement. L’absence de travail régulier impose un rythme de vie dictée par la recherche d’emploi et le parcours entre les diverses administrations n’est pas toujours facile à comprendre. Si on rajoute les difficultés liées au logement ou à l’éducation des enfants, un sentiment d’impuissance se fait sentir.

Nous avons donc essayé de comprendre la situation à partir de nos ressources et nos connaissances. Nous nous sommes ainsi aperçus qu’il peut arriver que nous nous trompions sur les mécanismes ou structures liés au travail ou que nous pouvons être confrontés à des employeurs peu scrupuleux (travail au noir peu rémunéré, absence de contrat de travail, promesse non tenue,…). Il y a aussi des cas particuliers qui nous posent question, comme par exemple les intérims que certains d’entre nous ont effectués dans des mauvaises conditions de travail et d’accueil.

Nous survolons également l’histoire du travail en Belgique par la visite d’ancien site industriel du quartier en nous rendant compte que le travail n’a pas seulement un impact sur les personnes mais également les villes. Dans le quartier Saint Léonard et son prolongement vers Herstal, nous découvrons des tas d’exemples comme l’ancien site du Banneux rénové et actuellement un parc public qui fait maintenant place à la nature, un ancien charbonnage qui accueille les ateliers d’art contemporain ou encore l’ancienne usine Saroléa qui fabriquait des motos au début du 20 siècle qui elle aussi transformée en lieu d’accueil. Tous ces exemples montrent un passé industriel riche et varié. Alors que s’est-il passé ? Quelles sont les modifications du monde du travail en Belgique ? Pour répondre à nos questions nous avons invité Nicolas Laermans du C.I.E.P, avec qui nous avons un échange pour comprendre le monde du travail d’aujourd’hui.

Pour conclure sur la thématique nous confrontons notre réalité à tous les témoignages et informations récoltés au cours de notre démarche.

« Nous constatons en Belgique qu’il est actuellement difficile de trouver un travail même pour une personne qui connaît bien ce pays. Pour nous, l’apprentissage de la langue est long. La compréhension du quotidien du travail est parfois à mille lieux de notre conception de celui-ci, ce qui peut être un énorme choc. Le travail est de plus en plus précaire pour de nombreux belges et non belges et la difficulté de répondre aux besoins primaires comme offrir une éducation aux enfants, se nourrir, se loger se vêtir devient un travail à part entière. Le travail reste selon nous l’une des meilleures sources d’intégration et d’apprentissage de la langue mais aussi du quotidien. Aussi contrairement à ce qu’il peut être parfois dit, nous cherchons et désirons du travail. Les formations et insertion socio-professionnelle sont des pistes non négligeables. Nous ne perdons pas espoir de trouver un emploi avec des horaires et salaires décents. »

Début décembre  : évaluation.

Nous finissons ces quatre mois passés ensemble pour évaluer notre parcours. L’évaluation nous permet d’identifier plusieurs thématiques qui pourraient être abordées l’année prochaine sous forme de projets ponctuels ou de thématiques mensuelles. Nous identifions ce que nous devons améliorer lors des prochaines activités. Globalement le constat est positif même si nous remarquons par moments une baisse des présences. Elle s’explique par divers observations, notamment par l’obligation croissante pour certains d’entre de rester actifs sur le marché de l’emploi. Dépendre de l’aide sociale demande de répondre à de nombreuses obligations. N’oublions pas aussi la santé et l’éducation des enfants qui est un facteur à prendre en compte.

Nous avons aussi émis le désir de renforcer notre action par la mise en route d’un projet commun qui pourrait s’étaler sur la première partie de l’année 2015 de janvier à juin. La thématique et les modalités se définiront dans le cadre du mois de janvier. Certaines pistes sont au stade de la réflexion et nous vous laissons la surprise de découvrir ce projet dans les mois à venir.

Nous vous souhaitons à vous et à vos proche
une belle et heureuse année 2015.

Les participants du groupe des tables de conversation et d’activité citoyenne.


*cet article a été rédigé sur base des notes prises au cours de l’ensemble des activités et aux évaluations. Elles ont été soumises à l’accord des participants présents lors de la dernière évaluation du 16 décembre 2014.