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COMPTE-RENDU : Midi du Monde jeudi 15 décembre : LE GUATEMALA, UNE TERRE DE NON-DROITS POUR LES SYNDICATS ?

mercredi 7 décembre 2011

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Témoignage de Claudio Boanerges Batres,
de la Confédération Générale du Travail du GUATEMALA (CGTG)

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Il existe beaucoup de pays où la législation limite la création de syndicats dans certains secteurs. Mais au Guatemala, la réalité est encore pire : des dizaines de militants et de leaders syndicaux sont tués chaque année du fait de leur activité syndicale. D’année en année, le Guatemala s’est fait connaitre comme l’un des pays les plus dangereux au monde où exercer une activité syndicale.

Claudio Boanerges Batres (secrétaire et militant d’une fédération syndicale de la CGTG, partenaire de Solidarité Mondiale) sera présent à l’occasion de l’action « Stop the killings » organisée par la CSC de Liège-Huy-Waremme.

  • QUAND ? LE JEUDI 15 DECEMBRE à 12h
  • Où ? Salle du rez-de-chaussée à la CSC, boulevard Saucy, 8-10 – 4020 LIEGE
  • CONTACT : 04/232.61.61 & 65

Compte-rendu

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La CGTG est la plus grosse des 3 confédérations syndicales du Guatemala, à ce titre elle regroupe 75% des affiliés du pays. L’affiliation syndicale est assez faible au Guatemala (± 30% de la pop.active) étant donné les craintes et les risques qui y sont liés.

La CGTG dispose d’un bureau d’aide juridique qui ne fonctionne qu’avec deux professionnels pour tout le pays ! De plus la justice extrêmement bureaucratisée et longue à s’appliquer, dissuade d’ouvrir de nombreux dossiers ou de les mener à terme.

Officiellement au Guatemala, négociation collective et libertés syndicales existent dans la constitution et le code du travail…sur le terrain c’est moins sûre :

La CGTB dénonce par exemple de nombreux défauts de paiement et licenciements abusifs non valablement justifiés, d’autant plus graves en l’absence de système d’allocations de chômage.

La CGTB subit des menaces du gouvernement.
Plus grave encore : durant les 4 années de mandat d’Alvaro COLOM, président actuel étiqueté « centre-gauche », plus de 50 représentants syndicaux ont été assassinés. C’est faits ont été dénoncés par la CSI, l’OIT ou encore au niveau des Droits de l’Homme. D’après Claudio, ces assassinats sont perpétrés par des milices privées employées par de grosses entreprises et plus ou moins infiltrées dans la police d’État.

En janvier, suite aux élections, le président COLOM sera remplacé par Otto Pérez MOLINA (60% des suffrages face au candidat socialiste sur 4,4 millions de votants), un ancien militaire accusé d’avoir été impliqué dans la pratique systématique de la torture et les actes de génocide pendant le conflit interne du Guatemala entre 1960 et 1996, ce qui n’augure rien de bon pour les années à venir.

Pour dénoncer cette situation inacceptable, la CGTB organise de grandes conférences « sur l’impunité » rassemblant des représentants d’ONG, de l’Église mais également du patronat et du gouvernement. La CGTB organise également des manifestations à l’occasion du 1er mai, du 20 octobre (anniversaire de la révolution au Guatemala) ainsi que du 7 octobre, journée mondiale du travail décent.

La CGTB collabore également efficacement avec l’actuelle ministre du travail qui réussit à faire fonctionner le tribunal du travail et grâce à qui plusieurs arrestations en lien avec les assassinats de syndicalistes ont eu lieu. Toutefois, la ministre en question est l’objet de menaces très sérieuses et a dû faire appel à de l’aide internationale pour assurer sa protection.
Actuellement, 19 partis se partagent le Parlement, plus ou moins tous du même bord politique d’après Claudio. La CGTB soutenait un nouveau parti socialiste nommé « nouvelle république » mais qui n’a malheureusement pas pu s’inscrire aux élections.

Un syndicats des travailleurs de l’informel existe mais n’est pas reconnu par le gouvernement. Claudio nous signale qu’actuellement ce secteur de l’économie est le plus important du pays, devant l’agriculture notamment. Cette dernière comptent de nombreux travailleurs saisonniers ce qui les empêche de se syndiquer. Pour finir, Claudio nous rappel également que, de même que dans d’autres pays d’Amérique Latine, de grandes familles de propriétaires terriens restent très puissants au Guatemala jusqu’à étendre leur influence au gouvernement.