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Compte-rendu du Midi du Monde du 5 avril 2007 sur le développement durable avec Arnaud Zacharie

lundi 16 avril 2007

Lier développement et environnement.

C’est devant une centaine de personnes, qu’à notre dernier « Midi du Monde » à la CSC, Arnaud Zacharie du CNCD est venu parlé de développement durable, des menaces écologiques et des inégalités supplémentaires que cela engendre au niveau mondial.

Penser seulement économie n’a plus de sens.

La notion de développement n’est déjà pas très vielle, commence Arnaud Zacharie, et elle a été envisagée tout d’abord sous le seul angle économique. Maintenant cela n’a plus de sens. Si l’on ne tient pas compte des ressources, on court à la catastrophe.Et on y court avec entre autre deux situations paradoxales :
- les riches polluent le plus et les changements climatiques feront d’abord souffrir les plus pauvres ;
- l’Afrique sub-saharienne souffre d’un manque cruel d’énergie alors que le soleil y est omniprésent.Mais l’investissement de départ serait très important et il n’y a pas de volonté politique au niveau de la Banque Mondiale.

L’Afrique sera la première victime du changement climatique avec des évolutions très diversifiées mais qui conduiront inéluctablement à des difficultés d’accès à l’eau potable à des problèmes dans l’agriculture et à la mise en danger de la souveraineté alimentaire.

Pour l’ensemble des pays en voie de développement, on constate déjà et le phénomène ne fera que s’amplifier, la création d’immenses bidonvilles sans accès aux besoins de base suite à la migration des agriculteurs qui ne peuvent plus vivre de leur travail. En cas de catastrophe naturelle ce sont quelques 25millions de réfugiés environnementaux qui seront les premiers touchés ; et cela même dans leur propre pays.

A l’échelle de la planète 275 milliards de dollars sont utilisés par an pour lutter contre les changements climatiques mais c’est insuffisant et si on n’y met pas les moyens ce sera pire que le crash de 29 et sa grande dépression économique.

Un suicide social

La situation est paradoxale, aujourd’hui, on pourrait nourrir deux fois la planète mais la distribution est inégale et la manière dont elle est organisée est un véritable suicide social. On a développé chez nous une agriculture industrielle qui a pour effet certainement de produire plus et de vendre à meilleur marché mais qui ruine la petite agriculture familiale. Nos surplus, nous subsidions leur exportation vers les pays en développement où ils coûtent moins chers que la production locale avec pour conséquence la ruine des agriculteurs locaux.

L’Europe a la mémoire courte. La politique agricole commune a été créée pour nous protéger des importations à bas prix et permettre notre développement. Elle devrait permettre aux autres d’en faire autant au lieu d’inonder le marché de carcasses de poulets qui sont certes des protéines à bas prix comme l’a dit un jour, le commissaire européen Louis Michel mais coûtent très chères en matière sociale et environnementale. Ce système économique conduit certains pays au bord de l’asphyxie avec ses problèmes d’émigration

Des alternatives

La première des alternatives serait une relocalisation de l’agriculture pour assurer la sécurité alimentaire en tenant compte des complémentarités régionales et en calculant les prix en y introduisant les facteurs sociaux et environnementaux.
En Afrique, il faudrait investir massivement dans le solaire pour les besoins des familles et le développement économique.
Il faudrait aussi un Kyoto2 beaucoup plus dur. Même en Chine les dégâts environnementaux du développement sont tels que les autorités commencent à s’inquiéter des inégalités qui pourraient conduire à des situations explosives. Il faudrait aussi un fond mondial de l’eau et les fonds nécessaires à toutes ses mesures devraient venir du principe pollueur payeur

On sait !

Au cours du débat qui a suivit, on a encore mis l’accent sur le fait que la production de bio-carburant demande beaucoup d’énergie et que les surfaces utilisées à cette production seraient soustraites à la production alimentaire ;sur la nécessité de trouver des solutions au problème de la forêt brésilienne et de celle du Congo et sur le caractère indispensable d’accepter des barrière tarifaires pour protéger les pays du sud. Il y a urgence, conclut A.Zacharie, parce qu’aux prochaines catastrophes, on ne pourra pas dire "On ne savait pas" . Maintenant on sait.