Fédération de Liège Huy Waremme

Naviguer par mots-clés...

Qui sommes-nous ?

Bienvenue sur le site du MOC (Mouvement Ouvrier Chrétien) de Liège-Huy-Waremme en Belgique. Parcourir notre site vous permettra de faire plus ample connaissance avec notre projet, nos actions, nos propositions. Le MOC est l’organe de coordination des organisations sociales du monde ouvrier (...) lire la suite

Compte-rendu Midi du Monde du 24 janvier à la CSC sur la société civile au Congo avec Colette Braeckman

mardi 29 janvier 2008

Voir le dossier de 4 pages du Regards d’avril 2008 sur le compte-rendu de ces deux conférences sur la société civile au Congo

Salle comble à la C.S.C. de Liège pour ce Midi du Monde sur le thème de la société civile en République Démocratique du Congo (R.D.C.) avec Colette Braeckman du journal « Le Soir » qui nous a fait part de son point de vue sur le sujet qu’elle connaît particulièrement bien pour avoir suivi et suivre toujours de près l’actualité de ce pays.

Une force qui s’impose.

La société civile en R.D.C, loin d’être un phénomène récent, commence déjà dans les années 80 quand la dictature de Mobutu montre des signes de faiblesse. La première organisation civile naît au sud Kivu. Il s’agit de « Solidarité Paysanne ».Petit à petit des petits groupes vont s’organiser, le plus souvent au sein de l’Eglise Catholique et deviendront les embryons des organisations civiles. Organisations qui vont prendre de plus en plus d’importance au fur et à mesure de l’augmentation de la faiblesse de l’État .
Parallèlement, la situation devient dramatique pour la population en matière de santé, et d’éducation notamment. Les O.N.G. soutiennent alors directement la population parce qu’elles se rendent compte qu’on ne peut plus faire confiance à un régime corrompu.
En 92, lorsque le dictateur est obligé d’accepter le débat on constate qu’au coté des mouvements politiques d’opposition il y a là une force, soutenue par l’occident, qui se bat pour les libertés fondamentales et qu’il faut entendre. Le risque existe cependant que cette population ne s’installe dans l’assistanat. Les deux guerres civiles (96 et 98) qui suivront mettent en évidence un élément qui complique encore la situation :certains voisins de la R.D.C y ont des intérêts économiques que l’on peut qualifier de mafieux et ont tout à gagner du manque de stabilité du pays.

Des élections réussies.

Il est parfois difficile de faire la différence entre les associations qui travaillent vraiment au développement et celles qui captent une partie importante des aides internationales sans qu’elles arrivent jamais à la population. Mais quoi qu’il en soit lorsque le pays s’engage dans le processus électoral la société civile s’y investit complètement et même si des commissaires européens comme Louis Michel mettent en évidence le rôle joué par les organisations internationales dans le bon déroulement de ces élections, ce succès est avant tout celui de la société civile qui veut vraiment la paix et la réorganisation du pays.
Toutefois, la société civile sert aussi de vivier au pouvoir pour y recruter ses membres et il existe un risque que certains éléments de celle-ci se coupent de leur base. Après les élections il y a eu des remous en R.D.C. et il y en aura encore mais il y a surtout eu une acceptation massive des résultats de celles-ci. Il faut maintenant continuer la mobilisation pour les élections provinciales.

Veut on vraiment la stabilisation de la R.D.C.?

La récente Conférence de Paix de Goma a encore prouvé l’énorme volonté de paix et d’organisation de la population mais beaucoup de questions restent en suspend. Il existe certes une méfiance vis-à-vis d’un pouvoir qui pourrait être trop puissant mais surtout on peut s’interroger sur la volonté des acteurs externes de vraiment stabiliser le pays et toute la région des grands lacs.

On a déjà dit que des pays avoisinants tirent leurs profits de l’instabilité mais on peut s’interroger sur la volonté des pouvoirs occidentaux. En R.D.C. comme ailleurs pèse le problème de la dette et la Belgique par exemple qui intervient dans le domaine de la coopération au développement ne fait rien au niveau du Fond Monétaire International à ce sujet.Des aides ont été promises au niveau européen mais 25% seulement sont arrivées. De plus, la faiblesse de l’armée, bien incapable de contrôler les frontières, est un facteur supplémentaire d’instabilité.

De manière générale, on peut se demander cyniquement si certaines puissances mondiales n’ont pas intérêt à l’instabilité. C’est dans ce cadre qu’il faut situer les discussions avec la Chine. La tentation est grande en R.D.C. de passer des accords avec les chinois car ils sont basés sur le troc et donc écartent tout danger de corruption mais comme rien n’est jamais simple au Congo, les congolais oublient que leur industrie textile a été ruinée par ces mêmes chinois.

Tout ce qui s’est passé a laissé énormément de traces dans toute cette région mais on constate aussi qu’il y a dans chaque sous région des mouvements plus ou moins lent de redressement économique. Quoiqu’il en soit, il serait temps que la communauté internationale intervienne sérieusement pour la stabilité de la région afin qu’on en finisse une bonne fois pour toute avec la guerre.