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De mauvaises décisions

vendredi 17 février 2012

Le nouveau gouvernement vient de décider de mesures budgétaires, les plus importantes depuis la dernière guerre mondiale pour que le budget de l’État retrouve au plus vite un équilibre structurel, objectif que nous pouvons partager. Cependant ces mesures sont marquées du sceau d’un libéralisme qui veut diminuer les dépenses sans réfléchir aux conséquences de ces décisions et ne veut jamais poser la question en des termes de justice ou d’égalité.

Il est important de replacer le débat budgétaire dans une double dimension, celle des transferts des richesses au sein de notre société et une analyse des conséquences de la rigueur.

Depuis le début des années 80, notre société a vu une diminution de 10 % de la part du travail au bénéfice des possesseurs de revenus des capitaux, ces transferts étant accompagnés de réformes fiscales qui ont diminué la contribution des plus riches de notre société et ce au nom d’une concurrence fiscale aux niveaux européen et international. La hausse fulgurante de la productivité a donc bénéficié d’abord au capital et non aux travailleurs.

Quand on parle donc de déficit, élevé, qui pourrait atteindre 5 % du PIB on ne parle encore que de la moitié de ce transfert ! Pourquoi donc ne pas mener une politique fiscale mettant très largement plus à contribution ceux qui ont beaucoup gagné (et peu contribué) au cours de ces dernières dizaines d’années ? Pourquoi, par exemple, ne pas retrouver un système de globalisation des revenus dans lequel chacun payerait le même impôt avec le même revenu quel qu’en soit sa source ?

Nous nous interrogeons aussi sur les conséquences de la rigueur annoncée. Un certain nombre d’économistes réputés au niveau belge et au niveau international nous disent que la première conséquence de la rigueur est une diminution de la production de richesses avec les conséquences immédiates sur le niveau de vie de tous ceux qui travaillent dans notre société. Ces mêmes économistes tirent la sonnette d’alarme quant aux résultats engrangés par les politiques d’austérité dans certains pays européens. Ces mesures visent en effet prioritairement le monde du travail, nous faisant croire que l’allocataire social est encore trop profiteur et l’offre de travail est toujours inadaptée et trop coûteuse. Si nous sommes tous d’accord de constater que notre société ne propose pas du travail à tout le monde, ne faut-il pas alors percevoir ces politiques d’austérité comme des opportunités saisies pour introduire plus de flexibilité, plus d’insécurité, plus de précarité, moins de social et donc moins de qualité de vie pour les travailleurs. Il s’agit peut-être avant tout d’une manière de préserver un dogme libéral, sacré pour certains, qui tente de nous faire croire que nous sommes les principaux responsables des crises répétées. Une manière de nous présenter l’addition, et plus particulièrement aux jeunes dont le taux de pauvreté est plus qu’alarmant.

Maintenir et créer de l’emploi ne peut se faire sans croissance. Celle-ci n’est évidemment pas un but en soi surtout quand cette croissance a de telles conséquences écologiques sur le devenir de notre planète ; mais répondre à des besoins humains-et beaucoup d’entre eux ne sont pas aujourd’hui couverts-ne signifie pas nécessairement consommer des ressources naturelles mais permet une croissance de la qualité de vie et une production de richesses.
Vouloir que notre société produise des richesses est nécessaire. Mais il faut à ce moment poser la question centrale de la distribution de celles-ci est donc la question de l’impôt, contribution personnelle de chacun au fonctionnement de notre société. C’est en ces termes qu’il faudrait poser les débats aujourd’hui. En osant également remettre sur la table des tabous comme l’impôt sur les revenus du capital ou le partage du travail.

Chantal Janssens et Jean-Marie Schreuer

Edito du "Regards" janvier-février 2012