Fédération de Liège Huy Waremme

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Tous Fermiers !

dimanche 6 septembre 2015

Tous fermiers !

Tous à Bruxelles le 6 et 7 septembre !

Si la tendance actuelle se poursuit, il n’y aura plus aucun fermier dans ce pays en 2040 (?)

Cette tendance, c’est le fait que l’on doit produire à échelle toujours plus grande ; des exploitations agricoles toujours plus grandes. Un chiffre d’affaires toujours plus élevé. Des machines toujours plus grandes. L’agriculteur est devenu un ‘contractant’. Les fermes deviennent des garanties aux mains des industriels et des banquiers. Seule une minorité peut encore transférer la ferme à ses fils ou filles. Celui qui veut assurer la continuité ne peut plus se passer d’un revenu supplémentaire provenant d’un travail salarié. Et celui qui veut devenir fermier peut à peine acquérir un morceau de terre.

Pourtant, un mouvement contraire s’est enclenché

Grâce à la grève du lait historique de 2009, dans ce pays, un mouvement paysan militant fait parler de lui ; en Flandre, en Wallonie tout comme dans les cantons de l’Est. Avec un pilier syndical pour des prix équitables ( Milch Interessen Gemeinschaft -MIG, Flemish Milch Board -FMB et European Milk Board -EMB) et un pilier coopératif pour imposer ces prix à l’industrie et à la grande distribution ( coop Fairebel). Un mouvement de fermiers libres qui souffrent de la libéralisation des marchés par la suppression des quota de lait. Tout le secteur agricole est sillonné de ces mouvements contraires. Ici, de manière spectaculaire, là, en silence. Mais on ne peut plus les arrêter.

En plus, il y a le mouvement de jeunes gens qui veulent se faire fermier. Non en tant qu’héritiers de l’agriculture habituelle mais par la création de nouvelles entreprises avec commercialisation directe du fermier au consommateur, bio ou non bio ; avec auto-récolte ou avec des équipes alimentaires.Un mouvement ouvrier-fermier-consommateur. Ils forment littéralement l’avenir, la jeune garde. Ils apportent de nouvelles idées, de nouvelles formes d’organisation, un nouvel engagement et une nouvelle culture au monde de l’agriculture, à contre-courant de beaucoup de déceptions et d’occasions manquées.

Finalement, comme une nouvelle chance à ne pas manquer, le consommateur commence à bouger. Ce consommateur “modern”, “gâté”, pour qui la publicité prétend que la rectitude d’un concombre est plus importante que son goût et sa valeur nutritive. Le consommateur intervient en faveur d’une nourriture honnête, à un prix équitable ; une culture honnête, une commercialisation honnête avec ou sans boutiques en ligne. Parce que la crise financière fait peur au consommateur-citoyen(ne).

Les certitudes solides s’inscrivent en haut de sa liste de priorités. Et quoi de plus sûr que les légumes du jardin du fermier tout près ou du marché agricole. Ou les légumes du propre jardin. Ou le lopin de terre où l’on cultive soi-même sa nourriture. En bref, quoi de plus sûr que la souveraineté de la nourriture, un troisième mouvement contre le courant.

Ce mouvement opposé a vu le jour de manière spectaculaire, à la suite de la crise agricole qui a renversé le fond et la stabilité des prix dans beaucoup de secteurs agricoles. Il est étonnant que le Boerenbond (BB) n’ait pas prévu cette crise. Déjà depuis longtemps le EMB avait averti de cette crise. Une crise pareille est quand même évidente quand, du côté politique et industriel, on ne cesse de dire que l’Europe de l’Ouest doit nourrir une grande partie du monde, qu’il y a des chances énormes sur le marché chinois. En fait, on suppose que tout s’arrangera s’il y a une période de sécheresse en Nouvelle Zélande, si le marché chinois achète beaucoup, si de nouveaux pays en voie de développement veulent notre lait, s’il n’y a pas d’embargo par la Russie, etc … Mais avec tant de ‘si’ on n’arrive nulle part. Ceci n’est pas une stratégie, c’est de la témérité.

En France, les actions ont été spectaculaires et ont eu comme résultat la convocation d’un sommet supplémentaire des ministres de l’agriculture le 7 septembre. En Belgique, on a en masse répondu aux différents appels à l’action contre les prix bas dans l’agriculture. Ces appels ont été bien accueillis parce que la situation est en effet catastrophique, non seulement dans le secteur du lait mais dans tous les secteurs : porcs, bovins, cultures de champ …

Les actions impliquent tous les secteurs, toutes les organisations d’agriculteurs, se font dans toute la Belgique et commencent à s’étendre sur toute l’Europe. La grande participation de beaucoup de jeunes fermiers et la sympathie des citoyens sont réjouissantes. Pour la toute première fois, TOUTES les organisations de fermiers se sont réunis pour discuter des actions en cours : Boerenbond (BB), Féderation Wallonne des Agriculteurs (FWA) et sa branche de jeunesse FJA, la Fédération Unie de Groupements d’ Eleverus et d’ Agriculeurs (FUGEA), Algemeen Boerensyndicaat (ABS), MIG et FMB.
Le 7 septembre, avant le sommet UE supplémentaire de l’agriculture, une grande manifestation européenne des fermiers passera par Bruxelles . Deux visions s’affrontent dans cette manifestation.

D’une part, il y a le BB et son organisation lobbyiste COPA COGECA. Ils demandent de l’argent de l’UE pour venir à bout de la crise. Mais à quoi mènent toutes ces mesures de subventions pour une agriculture qui doit surtout être axée sur l’exportation ? Dans ce modèle, il faut bien sûr produire au prix le plus bas et il faut veiller à ce que les petites et moyennes entreprises arrêtent et que seules survivent les grandes entreprises.

D’autre part, il y a le EMB qui adapte l’offre à la demande. Un producteur laitier avec 65 vaches est bien disposé à traire temporairement 5 vaches de moins en temps de crise à condition que chaque fermier fasse baisser sa production, certainement les producteurs avec 300 vaches ou plus. Les prix remontent alors. Mais une condition est, bien sûr, que tout le monde soit obligé de traire moins. Voilà la tâche des politiciens. Lors de travaux routiers et de verglas, tout le monde est également obligé de ralentir sa vitesse.

L’agro-lobby s’est engagé activement avec l’industrie, la grande distribution et la haute finance pour libéraliser les marchés. De l’OMC ( Organisation Mondial de Commerce) et de l’UE partent des directives pour déréglementer les marchés. Dans les relations avec la Russie, cette manie de la libéralisation a mené à une guerre commerciale et une menace de guerre en Ukraine aux dépens de l’agriculture, de l’emploi et de la paix.

On est en train de négocier les grands traités de libre-échange tels que TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership),CETA (Canadian European Trade Agreement), TISA (Trade in Service Agreement), e.a. qui risquent de déréguler encore plus les marchés mondiaux ou mieux de les régler sur mesure des grands multinationales et de l’agro-business. Aux dépens de l’agriculteur, du citoyen et du consommateur. Et aux dépens de la démocratie et de la souveraineté des peuples.

La dérégulation sur mesure des multinationales empêche de nos jours la reconversion urgente, nécessaire et réalisable de notre agriculture. Les fermiers seuls ne peuvent plus le faire parce qu’ils ne sont pas assez nombreux. Mais les agriculteurs font bien des alliances, à commencer avec les consommateurs, le monde du travail et les citoyens qui les appuient. Sans cet appui ils ne peuvent survivre. Et survivre est la condition pour le changement. Parce qu’un pays sans fermiers n’a aucun avenir. Sans les agriculteurs il n’y a pas d’avenir pour l’agriculture. Sans les fermiers la souveraineté alimentaire et la reconversion de l’agriculture deviennent impossibles.

Le 6 septembre, le jour avant la grande manifestation des fermiers, D 19-20 ouvre le combat avec une concentration de consommateurs. Pour un avenir de l’agriculture. Pour un avenir de nos fermiers. Pour une autre agriculture avec un avenir. Basse-cour par basse-cour Are par are. Animal par animal. Etable par étable. Euro par euro. Consommateur par consommateur, nous luttons pour :

  • 1. Une forte organisation de défense des intérêts des fermiers ; où l’intérêt du fermier vaut plus que le rendement de l’ investissement, -avec l’argent des fermiers-, dans les banques, l’industrie et la distribution.
  • 2. Un mouvement coopératif fort et renouvelé pour créer de nouvelles exploitations agricoles et pour sauver les exploitations existantes du désastre.
  • 3. Une forte pression citoyen sur la politique agricole parce que l’agriculture est une donnée politique et géostratégique par excellence, aussi bien dans les grandes négociations internationales comme TTIP que dans le schéma de structure d’aménagement le plus local.
  • 4. Un mouvement citoyen fort conscient par et pour la souveraineté de la nourriture
  • 5. Et finalement, un mouvement rural fort et nouveau qui rend la représentation de la campagne et du peuple à la campagne à la démocratie et aux fermiers en une nouvelle alliance avec les citoyens. Non pas aux lobbies de l’agro-industrie avec leur science agro. Et non pas au corporatisme d’un pilier qui parle au nom de l’agriculture mais sans les agriculteurs.. Et au nom des fermiers mais sans la campagne.

En effet … nous sommes tous fermiers le 6 et 7 septembre à Bruxelles
Egalement les 15,16,17 octobre lors de l’encerclement pacifique du sommet UE et de la grande manifestation contre TTIP

Dans toutes ces actions, à travers information, collaboration, étude et defense des intérêts, croît un nouveau mouvement rural démocratique dans lequel les fermiers prennent la tête en alliance avec le citoyen-consommateur.

Avec le nouveau cri séculaire

Tous fermiers !

<BIG>www.d19-20.be</BIG>

Signer la pétition européenne