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Quel avenir pour la sidérurgie : un débat animé !
7 mai 2009
La Maison des Travailleurs de Seraing a fait salle comble ce mardi soir (5 mai) pour le débat organisé par le groupe d’action locale MOC de Seraing. Il faut dire que le sujet du débat était brûlant d’actualité puisqu’il était question ni plus ni moins de l’avenir de la sidérurgie dans le bassin liégeois. Parmi le public d’ailleurs une majorité de travailleurs d’Arcelor-Mittal inquiets de la situation actuelle et des répercussions de la crise.
Pour débattre avec la salle des perspectives d’avenir de la sidérurgie à Seraing et plus largement des perspectives de reconversion de la région, les quatre partis démocratiques avaient été invités à participer à cette soirée qui s’inscrivait dans l’optique des élections régionales de juin prochain. Si nous avons pu compter sur la présence de Louis Smal pour le CDH, Bernard Wesphael pour ECOLO et enfin Fabian Culot pour le MR, le PS de son côté n’a pas envoyé de représentant. Une attitude mal comprise par le public tant on connaît le rôle important joué par certains responsables socialistes dans ce dossier. Face à la mise à l’arrêt de plusieurs outils dont les hauts fourneaux par le groupe Mittal, quel peut être l’action de la Région wallonne toujours actionnaire de plus d’1% du groupe ? A cette première question, Louis Smal a répondu qu’il ne fallait pas se leurrer : “avec 1,4% des actions la Région wallonne n’a plus les moyens d’infléchir la position de Mittal”. Pour lui, le seul contre-pouvoir crédible reste aujourd’hui le monde syndical. Même s’il reconnaît que les centres de décisions de multinationales comme le groupe Mittal sont bien plus difficiles à approcher que par le passé.
De son côté, Fabian Culot avec sa casquette de conseiller communal de Seraing est revenu sur la réouverture du HF6. Fallait-il relancer cet outil alors que la ville s’était inscrite dans un projet de redéploiement de la Ville, le “master plan de la vallée sérésienne”, visant à une requalification et une renovation urbaine de Seraing ? Pour le représentant du MR la question est de savoir comment concilier un renouvellement de l’image de la ville avec le maintien d’une industrie lourde au coeur de la Cité du fer ? “C’est impossible. Un jour il faudra choisir”, affirme-t-il. R&D, enseignement et formation Autre chapitre important de ce débat, les perspectives de reconversion économique pour la région. Les trois intervenants se sont accordés sur la nécessité d’investir plus encore dans la recheche et développement, l’enseignement et la formation. Des efforts importants ont déjà été menés, en particulier dans le domaine de la R&D, via le Plan Marshall. Bernard Wesphael regrette néanmoins l’absence d’actions spécifiques concernant le développement durable. “On a perdu du temps. Si on l’avait fait il y a cinq ans, on aurait pris une longueur d’avance” regrette-t-il. Pour Louis Smal, il faut poursuivre les efforts entrepris sous cette législature pour la reconversion économique dans les domaines cités, c’est capital. Mais il faudra aussi remettre la solidarité au coeur du système avec un meilleur partage des richesses produites. De sont côté Fabian Culot, dans la droite ligne de son parti, indique que la reconversion économique de la région ne sera pas possible avec le parti socialiste. Un parti qui se retrouve dans tous les rouages du pouvoir et domine la vie politique en Région Wallonne depuis de trop nombreuses années sans pour autant que la situation économique de la Région se soit améliorée. Des emplois de qualité Lors de ce débat, plusieurs délégués de travailleurs sont intervenus. Parmi eux Domenico Di Clemente (CNE) qui a rappelé l’importance du maintien d’une sidérurgie intégrée (chaud et froid) sur le bassin si la volonté est de maintenir un avenir sidérurgique à Liège. Il a souligné également la qualité des emplois dans le secteur sidérurgique notamment au niveau des rémunérations ce qui est important au niveau du pouvoir d’achat des travailleurs. En effet si des emplois ont été créés sous cette législature, il s’agit essentiellement d’emplois dans le secteur non marchand. Des emplois qui répondent à de véritables besoins sociaux mais qui ne sont pas toujours des emplois de qualité tant au niveau des statuts que du pouvoir d’achat. Le public a d’ailleurs exprimé ses craintes face au développement de l’emploi précaire (contrats à durée déterminé, interim, sous statuts, bas salaires) et du phénomène des travailleurs pauvres. Contexte de crise actuelle, le débat s’est terminé par l’interpellation d’un travailleur qui ne sait pas de quoi son avenir sera fait demain. Un sentiment partagé par beaucoup de monde à la veille de ces élections. P.T. |
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