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Arcelor-Mittal : la CSC tire la sonnette d’alarme

jeudi 19 mars 2009

L’euphorie de la relance du haut fourneau 6 de Seraing est décidemment bien loin. Un an après sa réouverture, le HF6 est àl’arrêt et ne devrait pas redémarrer de sitôt. La crise est passée par làavec ses conséquences directes sur l’emploi dans le secteur de l’acier. Des réductions d’effectifs qui font craindre le pire àla CSC qui s’inquiète de l’avenir même du bassin sidérurgique liégeois. Explications.


Depuis que la crise financière s’est propagée àl’ensemble de l’économie fin de l’année 2008, la sidérurgie est un secteur particulièrement touché. Par effet domino, le marché de l’acier subit de plein fouet la chute des ventes dans les secteurs de l’automobile, de la construction ou encore dans celui des électroménagers.

Perte de 1.400 emplois

Pour faire face àla crise le groupe Arcelor-Mittal a annoncé une série de plans drastique d’économie dans plusieurs unités du groupe. A Liège, c’est le plan "Speed up" qui vise àréaliser des gains de 250 millions d’euros. Annoncé en novembre dernier, ce plan devait s’étaler initialement sur trois ans ; en raison de la crise, il sera finalement mis en oeuvre en seulement trois mois ! Les pertes d’emploi sont considérables. Les effectifs devant passer de 4.200 emplois en octobre 2008 à2.808 en juin 2009, soit 33% des effectifs sur le bassin de Liège, auxquels il faut encore ajouter les milliers d’emploi indirects. Des pertes d’emplois qui se feront essentiellement via le plan de prépensions négocié en 2004 et des départs volontaires. Une accélération du plan "Speed up" qui hypothèque grandement l’avenir d’une sidérurgie intégrée en bords de Meuse met en garde la CSC-Metal et la CNE de Liège.

"Plusieurs décisions prises actuellement par le groupe nous font craindre le pire. L’accélération du plan de prépensions va poser d’énormes problèmes en termes de transmission de compétences. On pousse les gens àpartir en prépension sans que la transmission de savoir-faire se fasse dans de bonnes conditions. Or, pour former un sidérurgiste il faut trois ans minimum, rappelle Jordan Atanazov, permanent de la CSC-Metal. A cela s’ajoute un gel des investissements stratégiques visant àaméliorer la productivité de l’entité. Tous ces éléments font craindre pour la rentabilité de l’outil liégeois. "En cas de reprise, on ne sera plus compétitif par rapport aux autres entités du groupe avec les conséquences que l’on sait. Sans oublier les risques pour la sécurité qu’entraînent ces décisions. Faut-il rappeler que le groupe détient un triste record en la matière ?", poursuit le permanent de la CSC-Metal.

Agenda caché ?


Pour Jordan Atanazov, "on privilégie une rentabilité financière àcourt terme pour maintenir les bénéfices au détriment de l’emploi et de la stratégie industrielle". Il rappelle par ailleurs, les bénéfices "exceptionnels" réalisés ces trois dernières années par l’entreprise de M. Mittal. En résumé, les métallos et les employés de la CSC regrette une gestion au "jour le jour" et ont le sentiment que la direction profite de la crise actuelle pour prendre des décisions visant àrendre le site liégeois non rentable. Ils dénoncent également une concertation sociale au point mort. Face àcette situation, la CSC a décidé d’interpeller le gouvernement wallon pour qu’il prenne ses responsabilités dans ce dossier. Enfin, elle réclame le maintien d’une sidérurgie intégrée avec une production de 3,2 millions de tonnes qui passe par un plan de formation d’urgence et la réalisation des investissements prévus àLiège afin de garantir la rentabilité des outils, sans quoi "on court vers une catastrophe économique et sociale" prévient la CSC.