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Catastrophe sociale chez Volkswagen àForest

mardi 21 novembre 2006

"Ce n’est pas possible… Je ne peux pas y croire", "C’est la plus grosse catastrophe sociale dans le secteur, encore pire que Renault Vilvorde". La détresse des travailleurs massés devant l’entreprise VW àForest est immense. Quelques-uns pleurent. Il n’y a plus d’espoir : mardi, peu après dix heures, la direction de VW a annoncé que "le plan de restructuration de Volkswagen prévoit que la production de la Golf aura lieu àl’avenir dans deux usines d’Europe de l’Ouest au lieu de trois". Les sites choisis sont ceux de Mosel et Wolfsburg, tous deux en Allemagne. Forest est sacrifié.

L’entreprise ne fermera pas ses portes, mais la situation dépasse les estimations les plus pessimistes. Sur les 5.400 emplois que compte l’entreprise, de 3.500 à4.000 vont être perdus. Il en restera environ 1.500 pour la production de la Polo. Le communiqué de la direction précise que "le conseil d’administration a souligné sa volonté de conserver le site de Bruxelles et a demandé àtous les participants de rechercher de manière constructive, avec lui, des solutions tenant compte des conditions difficiles". La direction a demandé aux représentants syndicaux d’entamer immédiatement les pourparlers sur un concept d’exploitation des usines, annonçant que "toutes les alternatives économiques vont être examinées afin de conserver le plus grand nombre d’emplois possibles àForest".

Pour les travailleurs, ce sont des mots : "Une aussi petite usine ne va pas tenir ! C’est l’affaire de quatre ou cinq mois et tout fermera" estime un ouvrier. Beaucoup pensent comme lui et tous oscillent entre l’abattement le plus profond et la colère. Immédiatement après l’annonce de la direction, les ouvriers se sont retranchés dans l’usine en attendant l’assemblée du personnel qui se tiendra mercredi matin.

Flexibilité et baisse des coà»ts salariaux

"Rester àla maison ? Impossible ! On est lààtourner en rond… Mieux vaut être ici, se soutenir » lance un jeune ouvrier. La plupart des travailleurs évoquent avec amertume les très nombreux sacrifices consentis : les syndicats de l’entreprise ont accepté la flexibilité maximale tant prônée par la fédération patronale du Métal, Agoria, uniquement pour sauver l’emploi. Ainsi, la durée hebdomadaire du temps de travail est calculée en suivant les pics de production ; le travail est intense quand la demande est forte. C’est tout bénéfice pour l’employeur qui échappe ainsi aux heures supplémentaires et àl’embauche temporaire.

De plus, le coà»t du travail a été fortement raboté. Lors de la négociation sur le Pacte des générations, l’effort a été porté à5,63%. Cette diminution va être quasi doublée puisqu’en septembre dernier, le Groupe des Dix s’est entendu pour que la réduction actuelle de 5,63% accordée dans le système existant soit portée à10,7%, sans conditions complémentaires, et ce au plus tard le 1er juillet 2007. L’entreprise ne peut donc invoquer ni le coà»t salarial, ni la productivité, ni la flexibilité pour justifier cette décision.

"On se trouve devant une restructuration massive, très dure àvivre, inadmissible" a sobrement commenté Claude Rolin, secrétaire général de la CSC. "Certes, il y a une évolution de la production dans le secteur automobile ; nous devons donc nous positionner face aux difficultés rencontrées et avoir une vision prospective" a-t-il remarqué. Mais il a aussi jugé que "l’on peut avoir des doutes sur la portée des mesures prises en matière de productivité et de flexibilité quand on voit ce qui se passe ici".

La catastrophe de Forest touche l’ensemble du pays : l’usine occupe 38% de Wallons (essentiellement originaires du Hainaut), 56% de Flamands et 6% de Bruxellois. Ceux-ci seront durement touchés aussi par les pertes d’emploi que cette restructuration va entraîner chez les sous-traitants. Mardi après-midi, les représentants syndicaux ont rencontré le Premier ministre, Guy Verhofstadt. Celui-ci a contacté VW Allemagne pour tenter d’obtenir àForest la production des nouveaux modèles que la marque va développer.

Mobilisation syndicale et politique

Voici quelques années, Ford avait pratiqué ainsi àGenk pour limiter les conséquences sociales. C’est ce qui s’était produit chez Ford Genk en 2003 ; àl’époque, quelque 3.000 emplois avaient été perdus, mais aujourd’hui, l’usine tourne àplein régime. Les ministres bruxellois Charles Picqué et Benoît Cerexhe avaient déjàreçu les représentants des travailleurs lundi soir pour les assurer de leur soutien. Des cellules de reconversion vont être créées et les formations orientées vers le secteur des constructions métalliques où l’on engage encore.

Malgré ces promesses, les travailleurs de VW ne sont pas rassurés. Très majoritairement des hommes (il y a seulement 10% de femmes dans l’entreprise), ils ont une moyenne d’âge de 42-43 ans. Ils sont donc sceptiques sur leurs perspectives d’avenir. Ils ne l’acceptent pas après avoir accepté une flexibilité énorme et des rythmes de production "insensés". Les travailleurs de Forest bénéficient d’un grand élan de solidarité syndicale. La Fédération de Bruxelles a dit son indignation et son appui et une délégation de Ford Genk est attendue cette semaine.

Site de la CSC