Fédération de Liège Huy Waremme

Naviguer par mots-clés...

Qui sommes-nous ?

Bienvenue sur le site du MOC (Mouvement Ouvrier Chrétien) de Liège-Huy-Waremme en Belgique. Parcourir notre site vous permettra de faire plus ample connaissance avec notre projet, nos actions, nos propositions. Le MOC est l’organe de coordination des organisations sociales du monde ouvrier (...) lire la suite

Les points de référence de la CSC pour un nouveau gouvernement

mercredi 10 octobre 2007

Les négociations pour la constitution d’un nouveau gouvernement fédéral n’en finissent pas. La CSC les suit avec vigilance. Et avec une inquiétude croissante. Non seulement parce qu’elles traînent en longueur. Non seulement àcause des aigreurs qu’elles provoquent entre les Flamands et les francophones. Mais surtout parce qu’elles portent sur des contenus fort éloignés de nos priorités, s’il faut en croire les informations qui circulent.

Nos priorités, nous les avons adressées au futur gouvernement, dès le mois d’avril, dans notre mémorandum. Et nous les avons résumées dans un "contrat social" clair : 10 points de référence dont nous souhaitons qu’ils inspirent le nouveau programme de gouvernement. En toute indépendance et quels que soient les partis autour de la table.

Aujourd’hui, nous présentons un état des lieux provisoire établi àl’aune des dix points de notre mémorandum.

1. Le respect de la concertation sociale et des libertés syndicales

Nous voulons un gouvernement qui reconnaît le rôle des partenaires sociaux. Qui respecte la liberté des négociations pour les conventions collectives de travail (CCT). Qui ne s’immisce pas dans les accords conclus lors de ces négociations. Et qui respecte le droit des travailleurs àse faire entendre.

Or, nous entendons dire que les politiques veulent une nouvelle fois s’ingérer dans les accords salariaux, intervenir dans la CCT sur le crédit-temps. Nous entendons parler de propositions invraisemblables sur la diminution du nombre de commissions paritaires. Nous entendons parler de mesures qui permettraient aux pouvoirs publics de limiter le droit de grève dans les services publics. Et ànouveau réapparaissent les vieux scénarios qui visent àintégrer les tribunaux du travail en un tribunal unique.

2. Moins de chômage, davantage d’emplois

Nous voulons un gouvernement qui agisse de manière offensive pour répondre aux problèmes du marché du travail. Non pas un gouvernement qui pousse les sans emploi vers la précarité. Mais un gouvernement qui garantisse davantage d’emplois de qualité et un accompagnement des chômeurs plus intense et mieux adapté.

Or, nous entendons parler surtout d’une attitude défensive qui passe, une fois encore, par une diminution des charges patronales. Nous, nous préférons une attitude offensive : soutien àl’innovation, àla formation, au renouvellement de notre tissu industriel. Nous entendons que diverses propositions circulent visant àdiminuer les allocations de chômage de longue durée, voire de les supprimer, ce qui ferait basculer les demandeurs d’emploi dans la misère.

Nous entendons dire aussi que les indemnités de licenciement seraient remises en question et que l’on pourrait mettre fin au fonctionnement des ALE (agences locales pour l’emploi). De plus, les libéraux et les employeurs brandissent des scénarios prévoyant des coupes sombres dans le secteur public.

3. Renforcement de la sécurité sociale

Nous voulons un gouvernement qui protège et renforce la sécurité sociale. Grâce àun financement plus large et avec une adaptation régulière des allocations au bien-être.

Or, nous entendons dire qu’il est question de créer un carcan budgétaire autour de la sécurité sociale. Les patrons d’abord, les négociateurs ensuite refusent la mise en place d’un système de financement alternatif de la sécurité sociale ; en revanche, ils plaident toujours pour une diminution des cotisations sociales. On entend même parler de rogner sur les nouveaux mécanismes de liaison des allocations au bien-être. Et certains espèrent sabrer dans les pensions du personnel des services publics.

4. Refinancement des compétences fédérales

Nous voulons que le pouvoir fédéral dispose d’un budget suffisant pour remplir les missions qui lui incombent. En particulier, pour pouvoir faire face au vieillissement de la population. Cela, c’est absolument nécessaire. C’est donc cela qu’il faut faire et non pas couper les vivres au fédéral, d’une part, en procédant àde nouvelles réductions de charges et, d’autre part, en transférant encore de nouveaux moyens vers les Communautés et les Régions.

Or, nous entendons un discours récurrent sur un nouvel allègement des charges fiscales et parafiscales. Des charges sur le patrimoine et sur le travail. Et nous voyons bien que certains lâchent des ballons d’essai avec l’objectif d’accorder une part toujours plus importante du budget fédéral aux Régions et Communautés.

5. Une assiette fiscale équitable

Nous voulons une fiscalité juste qui sollicite l’ensemble des revenus. Nous entendons dire que le Conseil supérieur des finances a formulé des propositions prudentes sur un glissement de l’imposition des revenus de la fortune. Or, ces propositions sont mises àmal. Certains pensent visiblement que le seul salut consiste en une augmentation des charges sur la consommation ; pourtant, le Conseil supérieur estime que ces mesures sont contraires àune juste redistribution. Et, dans le même temps, certains négociateurs parlent de taxer moins encore les bénéfices des entreprises.

6. Une perception correcte de l’impôt

Nous voulons que l’on mette fin àla mauvaise gestion de l’administration fiscale. Celle-ci doit être sérieusement renforcée. Pour lutter enfin efficacement contre les fraudes fiscales, l’évasion fiscale et faire face aux problèmes que rencontre la perception de l’impôt. Nous constatons que les négociateurs semblent reconnaître le problème. Pourtant, sur le terrain, rien ne bouge.

7. Une politique de carrière équilibrée pour toutes les générations

Nous refusons catégoriquement un second Pacte des générations et de nouvelles mesures àl’encontre des travailleurs qui partent en pension ou en prépension. Nous voulons plus d’attention pour les jeunes sans emploi ou sans sécurité d’emploi et pour les générations intermédiaires qui souffrent d’un stress toujours croissant. Nous voulons de nouvelles initiatives qui permettent de mieux combiner vie familiale et vie professionnelle.

Nous entendons dire qu’il est question de renforcer le congé parental. C’est une très bonne chose. Mais par ailleurs, il est question de s’orienter vers une "épargne temps libre". Or, cela risque de vider le crédit-temps de sa substance.

8. Pas de réforme de l’Etat néfaste pour les travailleurs

Nous voulons absolument que toute réforme de l’Etat éventuelle préserve les mécanismes fondamentaux de la solidarité : sécurité sociale, droit du travail, CCT interprofessionnelles. Et pour toutes les autres compétences envisagées, c’est l’intérêt des travailleurs de Wallonie, de Bruxelles et de Flandre qui doit primer.

Or, nous entendons dire qu’il est question de communautariser les allocations de chômage et les allocations familiales. Aujourd’hui, toutes les CCT sont rendues contraignantes au niveau fédéral ; en cas de communautarisation ou de régionalisation, ce ne serait plus toujours le cas ; cela se ferait au coup par coup selon les matières. Pour certains, il semble bien que la régionalisation doive servir àaccorder plus d’avantages encore aux entreprises, mais pas àservir les intérêts des travailleurs. Et certainement pas ceux des travailleurs bruxellois.

9. Maîtrise de la flexibilité

Nous voulons fixer une limite aux contrats flexibles et au temps de travail. Or, nous entendons sans cesse parler d’étendre le travail intérimaire, les possibilités de travail des étudiants jobistes (meilleur marché que celui des travailleurs), de travailler plus longtemps en diminuant le coà»t des heures supplémentaires et en dégageant des formules d’épargne temps libre…

10. Représentation syndicale dans les PME

Nous voulons donner une voix aux travailleurs des PME : un comité de concertation àpartir de 20 travailleurs et plus de droits de participation àpartir de 50 travailleurs. Nous allons régler cette question nous-mêmes, avec les employeurs. Nous demanderons au gouvernement qu’il fasse le nécessaire pour que les élections de mai 2008 puissent se dérouler normalement. Nous lui demanderons aussi d’appliquer intégralement les accords relatifs aux PME qui seront conclus entre partenaires sociaux.

Newsletter de la CSC, 10 octobre 2007