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Henrotte Joseph (1942 - )

mercredi 12 juillet 2006

Né àWihogne le 30 janvier 1942. Etudiant au Collège Saint-Servais àLiège (1959), Joseph Henrotte est marqué par le discours flamingant de son professeur de flamand. Etudiant àl’Université de Liège, au moment où la grève contre la Loi unique se termine par la revendication du fédéralisme et des réformes de structure ainsi que par la formation du Mouvement populaire wallon, Joseph Henrotte est interpellé par les propos du professeur Paul Lambert, rapporteur économique au congrès du Mouvement populaire wallon, et qui, dans ses cours, évoque le fédéralisme et présente ce système comme un moyen d’améliorer la démocratie.
Licencié en sciences économiques et financières de l’Université de Liège (1965), interpellé par les événements de Louvain et le Walen buiten, Joseph Henrotte devient attaché au secrétariat scientifique du Pro-Recteur de l’Université catholique de Louvain (1965-1968). Il y défend la thèse du transfert de la section française de l’Université catholique de Louvain vers Charleroi. Fin 1968, il entre comme responsable du service d’études àla Centrale chrétienne des Métallurgistes de Belgique (1968-1972). Après l’adoption de la Loi Terwagne, il est candidat pour travailler au Bureau du plan considérant comme important de marquer une présence wallonne au sein de cette institution. Finalement, c’est au Conseil économique de la Ration wallonne, nouvellement créé, qu’il entre comme conseiller (1972).

Membre du groupe de réflexion Bastin-Yerna créé en 1968, cet économiste répond àl’appel au rassemblement des progressistes lancé par Léo Collard en participant àla publication du livre Quelle Wallonie ? Quel socialisme ? (1971). Attiré par les idées du Rassemblement wallon, il participe aux premières réunions du parti wallon en formation. Membre du comité d’arrondissement de Liège (1972), Joseph Henrotte s’oppose àla participation du parti au gouvernement. En 1975, au sein du Rassemblement wallon toujours, Joseph Henrotte est responsable de la Commission des Affaires économiques du bureau d’études du parti. En contact avec Rénovation wallonne, via des membres du Rassemblement wallon et du Grand Liège dont il est l’un des administrateurs, il devient le président et l’animateur de la section de Liège de Rénovation wallonne (1976). Malgré la présence de nombreux militants engagés dans les partis fédéralistes, Joseph Henrotte estime que le mouvement wallon catholique garde toute sa raison d’être comme conscience wallonne et comme gardien d’une stratégie àlong terme en face des aléas et des péripéties de la vie politique quotidienne. Rapporteur du congrès du mouvement (21 décembre 1975), il exige un fédéralisme intégral et l’union de tous les progressistes de Wallonie et de Bruxelles. Dès ce moment, il manifeste sa volonté d’une action unifiée entre la Wallonie et Bruxelles. Aussi préfère-t-il le terme de "francophones" àceux de "Wallons" et de "Bruxellois" ; il considère Bruxelles comme une ville wallonne, estime que la non-intégration de la forêt de Soignes dans la région centrale a été une erreur historique et que la politique économique, sociale et culturelle doit être la même pour les Wallons et les Brtuxellois.

Président de la commission économique fédérale du Rassemblement wallon, Joseph Henrotte prend ouvertement position en faveur du manifeste Gendebien au moment de l’implosion du parti (automne 1976). En 1977, il est le vice-président du comité de district de Liège du Rassemblement wallon. Lors du congrès du 5 mars 1977 du nouveau RW, Joseph Henrotte dénonce la politique flamande qui a fait perdre des milliers d’emplois àla Wallonie. Pour développer une véritable politique de l’emploi en Wallonie, il estime qu’il faut un pouvoir, une administration et une institution de crédit wallons, ainsi qu’un groupe industriel wallon. Il souligne que si l’on veut rendre du dynamisme àl’économie, le seul volet quantitatif ne suffit pas. Il faut intégrer la qualité de vie, le mode de vie et un projet global de société.

Secrétaire politique de la régionale RW de Liège (1978-1984), député suppléant de Henri Mordant (1979), il est élu conseiller provincial àLiège et est le chef du groupe du RW durant les quatre années de son mandat. En 1981 , il est l’un des coauteurs du Manifeste Wallonie-Bruxelles avec Michel Peffer, André Frognier et Charles-Etienne Lagasse, et l’un des moteurs, àLiège, du Front pour une nouvelle Force politique. Il tente de rapprocher RW et FDF mais fait rapidement le constat qu’il est très isolé dans son travail de terrain. La constitution des listes pour les élections européennes de 1984 aura pour effet d’arrimer ses efforts en vue de créer un lien organique entre Wallonie et Bruxelles.

Au début des années nonante, il participe aux travaux de réflexion du groupe Wallonie de la Fondation Baudoin. Interrogé sur la viabilité économique et sociale de la Région wallonne, il affiche un optimisme très modéré sur le niveau de développement et la qualité de bien-être d’une Wallonie autonome. A ses yeux, l’objectif essentiel du fédéralisme est de rééquilibrer le fonctionnement de la Belgique sur base des communautés. Néanmoins, il regarde d’un Å“il très critique l’existence de la Communauté germanophone qui n’a pas besoin d’un personnel politique aussi important ; la Wallonie lui apparaît comme une grosse députation permanente disposant de compétences finalement fort limitées tandis que la Belgique reste dominée par la volonté flamande. [1]

Bibliographie

[1DELFORGE Paul, DESTATTE Philippe, LIBIN Micheline (Direction), Encyclopédie du Mouvement wallon, Tome II, Lettres F-N, Institut Jules Destrée, Charleroi, Novembre 2000, p.798.