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Levaux Léopold (1892-1956)

vendredi 16 janvier 2009

Léopold Léonard Antoine François Levaux (Né àLiège le 9 février 1892 - Décédé àLiège le 20 mai 1956 à64 ans). Enterré dans le cimetière de Sainte-Walburghe, parcelle 63-2B-30.

Né àLiège le 9 février 1892, Léopold Levaux connaît d’abord une enfance apparemment sans histoire : élève de l’école communale puis de l’athénée de Liège, il entre àl’administration des Télégraphes àBruxelles et se trouve placé sous la direction de Walthère Dewé, ingénieur bien connu qui fut deux fois un héros – et même, dira-t-on, un géant – de la Résistance belge.

L’intérêt de Léopold Levaux pour les techniques modernes vient de son père, qui dirige en Russie l’une des usines du groupe Solvay. Ce lien avec l’Oural lui vaut de connaître puis d’épouser (en 1913) une jeune russe qui restera la compagne de sa vie. Deux ans plus tôt, Léopold Levaux a repris des études, philologiques cette fois : il est l’élève de Maurice Wilmotte. Il n’y a donc rien d’étonnant àce qu’il accepte une charge de professeur de langue et de littérature française àSamara-sur-Volga.

L’éclatement du conflit mondial bouleverse cette destinée qui semblait toute tracée. La guerre surprend le ménage Levaux àLiège et empêche son retour vers la Russie. Léopold Levaux veut s’engager dans l’armée belge : essai infructueux. Par la Hollande puis l’Angleterre, il s’évade de Belgique en 1915 pour rentrer en France puis repartir en Russie. En 1916, il revient en France ; en 1917, il est accepté comme soldat dans l’armée belge. Hâtivement promu brancardier, il se retrouve sur le front de l’Yser où il va connaître les horreurs de la guerre.

Pourtant, une carrière d’enseignant reprend après les hostilités : successivement professeur àArlon et àl’athénée de Liège, Léopold Levaux devient en 1930 professeur àl’université de la même ville.

Walthère Dewé a eu sur lui une forte influence, notamment en le poussant àse convertir au catholicisme. Mais la foi de ce converti est exigeante. Il voit monter le danger fasciste et, dès 1937, se situe clairement Devant le Rexisme, titre qu’il donne àun ouvrage prémonitoire.

En 1940, la campagne des 18 jours, marquée ànouveau par la retraite de l’armée belge mais qui conduit cette fois àla capitulation, voit la mort d’un de ses fils. Léopold Levaux qui n’écoutera jamais que les voix de sa conscience, entre aussitôt dans la Résistance.

La paix revenue, Léopold Levaux se fait connaître aussi, paradoxalement, par sa lutte en faveur de la déconfessionnalisation du vieux Parti Catholique. Ses efforts n’étant pas couronnés de succès, il fonde tout àla fois un hebdomadaire (Forces Nouvelles) et un nouveau parti politique : l’Union Démocratique Belge, qui ne survivra pas àses premiers succès.

Léopold Levaux entame alors son action la plus difficile : c’est en proclamant son catholicisme qu’il s’oppose au retour du Roi Léopold III et réclame l’abdication de celui-ci. Beaucoup ne le lui pardonneront pas.

Enfin, ayant noué des liens avec le Carolorégien Elie Baussart, Léopold Levaux apporte tout son poids au mouvement wallon, dotant celui-ci d’une aile catholique : ce sera le mouvement Rénovation Wallonne.

L’échec au moins immédiat du Congrès National Wallon, malgré l’écho de son Congrès de 1946, laisse Léopold Levaux insatisfait et il quitte les instances du Congrès.

Il exerce dès lors, depuis sa maison du Mont-Saint-Martin, une influence réelle mais tranquille. Il correspond avec bon nombre de beaux esprits, dont Jacques Maritain, comme il l’a fait avant-guerre avec Léon Bloy. Il publie abondamment. Et il remplit dix-huit cahiers de sa belle écriture. Il écrit aussi des scénarios de films.

Le dimanche de la Pentecôte 1956, il s’éteint, fidèle àses convictions religieuses et wallonnes.

Même sépulture :
- Son épouse : Flore Hélène Gyhra (* Bereznihel, Russie 21 juill. 1891 - †Liège 20 juin 1978 à86 ans).
- Et d’autres membres de la famille [1]

[1Chantal Mezen, le cimetière de Sainte-Walburge, 130 ans d’histoire, Noir Dessin Production, Grivegnée, 2004 - Le texte de cette notice a été rédigé par Par Jean-Maurice Dehousse