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Martou François (1943-2009)

dimanche 1er mars 2009

Quelques étapes de sa vie

François Martou, orateur de cette soirée {JPEG}François Martou, ancien président du MOC, est décédé àl’âge de 65 ans ce dimanche 1er mars 2009 matin d’une crise cardiaque [1] [2]

François Martou était économiste et philosophe de formation. Farouche défenseur de l’Olivier, coalition des forces de gauche, en Belgique, il s’était présenté sur la liste PS pour le Sénat lors des élections de juin 2007.

Il était né le 4 avril 1943 àBruges. Il fut bachelier en philosophie et en droit et licencié en sciences économiques de l’Université Catholique de Louvain (1976), avant de faire un passage àHarvard, aux Etats-Unis, de devenir assistant et puis professeur ordinaire (1993) àl’UCL.

Parallèlement àson activité académique, M. Martou s’engagea dans le MOC. Il devint président du MOC Bruxelles en 1974 et président national du MOC en 1988. Il quitta ce poste en 2006 pour laisser la place au président actuel, Thierry Jacques.

S’il participa au Mouvement wallon dans les années 70, il prit ses distances dans les années ’80. Fervent défenseur du "social", il s’engagea en faveur d’un rassemblement des forces de gauche en Belgique et plaida régulièrement pour un "Olivier", coalition rassemblant les socialistes, les sociaux-chrétiens et les écologistes.

M. Martou était coutumier des diatribes contre le libéralisme économique et s’en prit notamment àla politique fiscale du ministre des Finances, Didier Reynders (MR). Un temps séduit par Ecolo, il oeuvra finalement au rapprochement du MOC avec le PS qui se concrétisa en 2004 par la désignation de Christiane Vienne, secrétaire du MOC en Hainaut occidental, au poste de ministre des Affaires sociales du gouvernement wallon et par sa place sur les listes PS pour le Sénat en 2007. L’expérience ne fut pourtant pas très concluante. M. Martou ne récolta que peu de voix et Mme Vienne fut remplacée dans l’exécutif wallon.

François Martou avait aussi été àla base de la FOPES, la Faculté Ouverte de Politique Économique et sociale de l’UCL, qui permettait àde nombreux militants et délégués syndicaux, ou d’autres adultes qui n’avaient pu faire des études supérieures dans leur jeunesse, d’acquérir une formation économique et sociale de type universitaire en cours du soir et du samedi.

François Martou fut aussi un des principaux animateurs de la Revue Nouvelle dans les années 70 et 80. Quoique son franc parler lui valut aussi quelques solides inimitiés, François Martou était un militant et un intellectuel curieux de tout, il avait un caractère généreux et beaucoup d’amis.

L’influence de François Martou

Bien que n’ayant jamais, sauf récemment, été candidat sur une liste politique, l’ancien président du MOC était un personnage marquant de la vie politique belge.

Économiste et philosophe de formation, déja animateur dans le mouvement estudiantin MUBEF dans les années soixante , professeur d’Université, catholique de gauche, fédéraliste, pourfendeur de ce qu’il qualifiait la pensée unique du libéralisme économique contemporain, François Martou était tout le contraire de la langue de bois. Dans ses dernières déclarations publiques, il s’en était pris vivement aux banquiers avec son ironie coutumière.

Il aura probablement eu plus d’influence dans ses fonctions de président du MOC, le Mouvement Ouvrier chrétien ou ses autres engagements, comme au conseil de régence de la banque nationale ou au conseil d’administration de la RTBF, ou encore dans la lutte pour le droit de vote pour les immigrés, que comme élu politique qui aurait sans doute plus contraint sa liberté de parole.

Les réactions au décès de François Martou

Thierry Jacques, président du MOC : "Il a ouvert le MOC aux autres forces de gauche"

Le président du Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC), Thierry Jacques, a salué dimanche la mémoire de son prédécesseur, François Martou. Sous sa présidence, a-t-il rappelé, le MOC s’est ouvert aux autres forces de gauche. "Il a véritablement engagé le MOC dans l’ouverture aux forces de gauche, aux forces progressistes. Il a sorti le mouvement du cloisonnement traditionnel de la société belge et lui a permis de se tourner vers les socialistes et les écologistes. Il a en quelque sorte incarné le pluralisme àgauche du MOC", a expliqué M. Jacques.

M. Martou était connu pour son franc-parler et son opposition àun libéralisme débridé. "Il fut un analyste remarquable du fonctionnement économique et du capitalisme. Tout le monde reconnaissait la qualité de son analyse. Il jouissait d’une grande considération, même chez ses adversaires et malgré son franc-parler. Il n’hésitait pourtant jamais àdire ce qu’il pensait, quand bien même il était en face de personnalités aux responsabilités importantes", a souligné M. Jacques.

Une fois retraité, M. Martou avait figuré sur la liste PS pour le Sénat en juin 2007. "Il a fait un choix personnel. Dans le Mouvement, il y a eu ceux qui ont apprécié le geste et d’autres pas mais cela n’a provoqué aucune amertume. Même s’il n’a pas été élu, lui aussi ne s’est pas montré amer, ce n’était pas son genre. Au contraire, je l’ai toujours trouvé motivé et volontaire", a encore dit le président actuel du MOC.

Joë lle Milquet, présidente du CdH : l’homme de tous les combats sociaux

La présidente du cdH Joë lle Milquet a elle aussi salué la mémoire de l’ancien président du Mouvement ouvrier chrétien (MOC) François Martou, décédé ce dimanche.

François Martou a incarné avec intelligence et générosité tous les combats sociaux de l’après-guerre, relève-t-elle. "Homme d’analyse, homme d’actions, fin débatteur animé en outre d’une grande convivialité et d’un réel sens de l’humour, Francois Martou a marqué la politique belge, ses débats et combats", souligne la présidente des humanistes.

Joë lle Milquet met en avant l’une de ses créations : la Fopes, "l’université ouverte de la seconde chance pour ceux qui n’avaient pu la fréquenter plus tôt". "Ses discours, ses projets, ses interviews, ses coups de gueule et surtout de coeur vont nous manquer", note-t-elle.

Elio Di Rupo, président du Parti Socialiste : un engagement sans faille contre les inégalités

Le président du PS, Elio Di Rupo, a rendu hommage dimanche àl’ancien président du Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC), François Martou. "Toute la carrière de François Martou fut marquée par un engagement sans faille contre les inégalités, pour le progrès partagé et pour l’écologie sociale", a souligné M. Di Rupo dans un communiqué.

Le président du PS a également rappelé le rôle joué par M. Martou en faveur des convergences de gauche et sa place sur la liste PS pour le Sénat lors des élections de juin 2007. "Candidat en 2007 sur la liste PS au Sénat, François Martou voulait poursuivre son combat pour le rassemblement des progressistes, contre le libéralisme économique et le capitalisme débridé. Dans son livre ’Demain il fera jour’ publié en 2006, il souhaitait aux nouvelles générations un monde plus fraternel et moins matérialiste.

Son combat reste plus que jamais d’actualité. Il laissera au PS le souvenir d’un homme investi et sincère, dont les valeurs et l’engagement continueront d’inspirer l’ensemble des progressistes", a dit M. Di Rupo.

Rudy Demotte, Ministre-Président salue le défenseur de la gauche unie

Le ministre-président wallon et de la Communauté française Rudy Demotte (PS) a salué la mémoire de François Martou, ancien président du Mouvement ouvrier chrétien (MOC) décédé ce dimanche, voyant en lui un précurseur qui a toujours oeuvré au rassemblement des forces progressistes.

Rudy Demotte a salué un homme qui "considérait que la gauche unie était la meilleure des réponses face au libéralisme économique qu’il a toujours combattu". "Il serait vain de tenter d’énumérer les avancées sociales auxquelles François Martou, par sa capacité d’indignation restée jusqu’au bout intacte et sa soif d’une justice sociale toujours plus grande, a contribué", affirme Rudy Demotte.

- Télécharger l’hommage de Thierry Jacques, président du MOC
- Télécharger le communiqué de Elio Di Rupo, président du PS
- Télécharger le communiqué de Rudy Demotte, Ministre-Président wallon et de la Communauté Française

[1Article rédigé àpartir des dépêches de Belga et des informations sur les sites RTBF, Soir et Libre

[2Il habitait àson décès rue du Vieux Puits 9 à5364 Schaltin - Frisée (Hamois)