Fédération de Liège Huy Waremme

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Bienvenue sur le site du MOC (Mouvement Ouvrier Chrétien) de Liège-Huy-Waremme en Belgique. Parcourir notre site vous permettra de faire plus ample connaissance avec notre projet, nos actions, nos propositions. Le MOC est l’organe de coordination des organisations sociales du monde ouvrier (...) lire la suite

Le Carhop

Une expérience au service de la mémoire ouvrière

dimanche 1er mai 2005

Recueillir la mémoire ouvrière sous quelque forme que ce soit (écrite, iconographique, sonore, filmée), la sauvegarder et la faire connaître, tel est l’objectif principal du CARHOP, Centre d’Animation et de Recherche en Histoire Ouvrière et Populaire. Crée en 1977 àla suite du succès de l’exposition « L’histoire ouvrière, c’est notre affaire », le CARHOP s’est constitué en asbl en 1980 et est reconnu depuis comme centre d’archives privées et service d’éducation permanente.

Une dimension historique aux questions débattues

Tout d’abord le CARHOP veut donner une dimension historique aux questions débattues aujourd’hui au sein du mouvement ouvrier. Le CARHOP aide également les groupes de travailleurs qui se préoccupent de leur passé àse réapproprier leur histoire. Outil de conscientisation, de sensibilisation et de formation, l’histoire permet aux travailleurs de mieux maîtriser la situation actuelle grâce àune meilleure connaissance du passé et de leur faire découvrir qu’ils sont les acteurs des changements sociétaux dont ils n’ont cependant ni l’initiative ni la maîtrise.

La conservation du patrimoine

Une des premières difficultés àlaquelle se heurte l’historien est la minceur et la fragilité de ses sources.
Cette vérité douloureuse et inhérente àtoute démarche historique l’est encore plus quand elle concerne l’histoire du monde ouvrier qui semble ne pas (ou très peu) conserver les traces de son histoire.
En effet, peu nombreux sont les travailleurs qui sont conscients de l’importance de leur histoire et qui disposent des outils intellectuels pour en conserver les traces (faible alphabétisation, tradition orale plutôt qu’écrite, etc.).

En outre, l’époque contemporaine est autant destructrice de sources que productrice d’une abondante information qui tend parfois ànous submerger. La rareté devient vite le corollaire de l’abondance. Par exemple, il est symptomatique de constater que des collections de journaux ont parfois entièrement disparu. A fortiori des correspondances, des rapports de police, des documents familiaux, des archives d’entreprise, des carnets de militants,… L’histoire apparaît alors comme une formidable entreprise de destruction ou un gigantesque avaleur de déchets que l’historien aimerait tant pouvoir enrayer.

La problématique de la conservation du patrimoine archivistique est terriblement préoccupante. Quotidiennement nous sommes confrontés àce problème car lorsque l’on fait appel au passé qu’il soit plus ou moins proche ou lointain, les sources lorsqu’elles existent encore se trouvent le plus souvent éparpillés et de ce fait sont peu accessibles.

Un important travail de sensibilisation et de formation au problème de conservation des archives est donc réalisé dans les institutions et autres organisations afin de les conscientiser àl’importance de leur patrimoine archivistique. Lorsque les sources écrites traditionnelles ne suffissent pas, il est nécessaire de faire appel àla mémoire et au bagage culturel de chacun ! C’est pourquoi il est extrêmement important de collecter les témoignages oraux qui peuvent compléter les informations provenant des sources écrites ou carrément pallier l’absence totale de documents écrits concernant des pans entiers de l’histoire ouvrière.

Dans le cadre de ce projet nous avons développé des « Cellules de mémoire ouvrières » constituées de travailleurs (travailleuses) et d’anciens travailleurs (travailleuses) afin de les aider àprendre conscience qu’ils sont riches d’un savoir culturel lié àleur région et àleur groupe social et les persuader de se le réapproprier.

Des publications pour garder trace

En collaboration avec eux, nous avons publié plusieurs recueils de témoignages de travailleurs. Citons « Des travailleurs témoignent » sur la vie de travail et la vie quotidienne dans la région industrielle de Seraing, « Travailleur, d’où viens-tu ? » sur l’immigration, « Des industries au passé » de la région de Verviers, …

Le pire reste toutefois que la mémoire collective s’efface lentement mais inexorablement alors que déjàles témoins directs se font rares et que les traces des industries s’effacent après avoir longtemps modifié le paysage. Ainsi, par exemple, il ne reste de la grande épopée du charbon que quelques terrils rabotés et mutilés et quelques belles-fleurs qui ont été classées pour échapper aux assauts des démolisseurs. Tous les signes de l’intense activité charbonnière qui régna dans nos régions disparaissent les uns après les autres un peu comme s’ils étaient réabsorbés par cette terre où des centaines de milliers de mineurs ont laissé leur espérance de vie et leurs espoirs.

L’échange entre générations

Dans la mesure où on assiste aujourd’hui àune multiplication de générations ayant connu ou connaissant des histoires personnelles extraordinairement diversifiées, il est de plus en plus nécessaire d’instaurer l’échange des savoirs et des expériences entre les générations. C’est pourquoi, il nous paraît important de recueillir des récits de vie qui sont des façons de réinsérer l’histoire passée dans l’histoire présente et de mettre àla disposition des générations les plus récentes des informations nécessaires àla compréhension des trajectoires suivies par nos sociétés.

Une de nos missions, et non des moindres, est de transmettre cette histoire par le biais d’animations et de formations mais également par la réalisation d’expositions et d’ouvrages pédagogiques sur des thèmes variés.

Citons àtitre d’exemple, l’histoire du travail des enfants, l’histoire du syndicalisme, du chômage, des femmes, de l’immigration, du droit de vote, …

Somme toute, le riche et intéressant patrimoine que représente l’histoire ouvrière a trouvé dans le CARHOP son défenseur mais la tâche reste importante pour rassembler et conserver cette mémoire ouvrière dont déjàdes pans entiers ont disparu àjamais.

Le CARHOP, reconnu comme service général d’éducation permanente et de promotion socioculturelle des travailleurs, édite des ouvrages d’histoire, des outils de formation, réalise des expositions, des dossiers pédagogiques et met àla disposition du public un centre de documentation ainsi qu’une médiathèque spécialisée en histoire ouvrière.
Actuellement le CARHOP emploie une douzaine de personnes et fonctionne d’une part grâce aux subsides accordés par la Communauté française dans le cadre du décret des archives privées mais principalement grâce aux apports financiers extérieurs obtenus au cours de nos travaux.

Pour plus d’informations, il suffit de se connecter au site du Carhop.