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A qui profite la libéralisation de l’énergie ?

Editorial Regards

mai 2008

Le 1er janvier 2007 le secteur de l’énergie, gaz et électricité, était complètement libéralisé en Belgique suivant en ce sens une directive de l’Union Européenne. Comme àchaque fois, les mêmes arguments ont été avancés pour nous « vendre  » les bienfaits de la libéralisation, àsavoir : une baisse des prix de l’énergie et des services offerts aux consommateurs plus performants. Plus d’un an après la mise en place de la libéralisation des secteurs de l’énergie, un premier bilan s’impose.

Aujourd’hui, on peut affirmer clairement que les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous, loin de-làmême. C’est d’ailleurs la première fois que les arguments de base du credo libéral sont àce point en décalage avec la réalité des faits.

Concernant le prix de l’énergie, si la libéralisation a eu un impact positif pour une petite minorité de consommateurs, l’introduction de la concurrence n’a pas apporté àtous les diminutions de prix attendues, loin s’en faut. Une fois encore, ce sont les publics les plus fragilisés et les moins informés qui ont payé le prix fort de la libéralisation de l’énergie. La complexité du marché rend difficile le choix d’un fournisseur. De plus pour pouvoir comparer correctement les offres de ceux-ci il est nécessaire d’avoir accès àinternet dont on sait qu’une partie importante de la population en est encore privé. La libéralisation a désavantagé aussi ceux qui consomment peu d’énergie en raison d’un mode de tarification qui leur est défavorable. Enfin, l’ouverture àla concurrence a aussi signifié la suppression de la péréquation au niveau des frais de distribution qui faisait que chacun payait son énergie àun prix identique.

Au niveau des services, des techniques de vente agressives, des services àla clientèle déficients ou encore de nombreux problèmes de facturation que ce soit en raison d’un déménagement ou d’un changement de fournisseurs ont été largement dénoncés. Tous ces problèmes entraînent aussi une série de coà»ts supplémentaires pour le consommateur mais aussi pour la collectivité, par exemple au niveau des CPAS qui doivent gérer ces situations. C’est d’ailleurs làtout le paradoxe de la situation actuelle : les autorités publiques ne se sont jamais autant préoccupées de ces questions de fourniture d’énergie que depuis que cela a été libéralisé et cela leur coà»te nettement plus cher.

Les arguments rationnels en faveur de la libéralisation du secteur de l’énergie pour les consommateurs résidentiels sont très faibles. Aujourd’hui la libéralisation profite essentiellement aux producteurs dont les bénéfices sont plantureux. La situation leur est tellement favorable qu’elle permet àElectrabel de pratiquer des prix plus chers que certains de ses concurrents alors que son appareil productif, les centrales nucléaires, est largement amorti. Cela est inacceptable et demande une juste réaction de la part du Gouvernement pour un contrôle renforcé du marché libéralisé de l’énergie.

L’énergie, par son caractère vital pour mener une vie digne, n’est pas une marchandise comme les autres et son accès pour tous constitue pour notre mouvement une priorité pour aujourd’hui et demain.

Jean-Jacques Jouffroy et Jean-Marie Schreuer.