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Ce sont les pauvres qui souffrent le plus de la crise !

Editorial de Regards

avril 2009

Les effets dévastateurs de la crise financière et économique se font sentir de plus en plus. L’emploi est durement touché : d’abord les emplois les plus précaires, ceux de l’intérim, les contrats àtemps partiel et àdurée déterminée. Des emplois souvent mal payés et avec des horaires de plus en plus flexibles occupés principalement par des jeunes ou des personnes peu qualifiées. Ceux qui perdent leur emploi ou dont les revenus diminuent subissent d’autant plus les effets de cette crise que leur épargne est faible. Le surendettement augmente comme les difficultés de logement, ainsi que le montre le dossier de ce numéro de Regards. Les ruptures sociales sont de plus en plus nombreuses.

La première cause de tous ces problèmes est le très grand transfert du revenu national (de l’ordre de 10 % en 25 ans) entre le revenu du travail et le revenu du capital.

Pour lutter contre les effets de la crise, la société toute entière va consentir un très grand effort financier ; cet effort financier, nécessaire, va être payé par les deniers publics c’est-à-dire l’impôt alors que les tenants de l’économie libérale, ceux qui nous ont conduit làoù nous sommes, n’avaient pas, il y a encore un an, de mots assez durs pour vilipender l’impôt. Ce sont également ceux-làqui ont engrangé de très grandes plus-values, de revenus très élevés, souvent peu ou pas taxés !

Mais l’impôt est inégalitaire, touchant plus ceux qui travaillent que ceux qui perçoivent des revenus du capital. Et le Ministre des finances du gouvernement fédéral n’a eu de cesse au cours de ses mandats successifs de diminuer l’impôt des plus riches : le Ministre (et le gouvernement) a eu recours de plus en plus aux déductions fiscales plutôt qu’aux primes, a supprimé les deux tranches d’imposition les plus élevées (52,5% et 55%) ; les centres de coordination, sortes de trou noir dans la fiscalité belge, permettent àde grandes entreprises, malgré l’opposition européenne, de payer, sur les revenus qui passent par ces canaux, des taux d’impôt ridicules, de l’ordre de moins de 2% alors que l’impôt normal sur les bénéfices des entreprises est de l’ordre de 40% (et le taux réellement payé de l’ordre de 20%) ! Et tout cela sans donner àl’administration fiscale les moyens d’une lutte efficace contre la fraude fiscale.

Les efforts, nécessaires, pour contrer la crise seront donc proportionnellement payés plus par les travailleurs que par les possesseurs du capital ! Les élections doivent nous inciter àrappeler aux responsables politiques que l’égalité et la démocratie exigent que tous les revenus soient taxés de la même manière, dans un système progressif et universel.

Jean-Jacques Jouffroy et Jean-Marie Schreuer