Fédération de Liège Huy Waremme

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Et les banlieues liégeoises ?

Editorial de Regards

décembre 2005, par Jouffroy Jean-Jacques, Schreuer Jean-Marie

La France vient d’être secouée par une vague de révoltes dans ses banlieues avec de nombreux incendies de voitures ou de biens, de nombreuses échauffourées avec la police, de nombreuses arrestations. Cette situation qui a crevé le petit écran des chaînes du monde entier ne peut nous laisser sans réaction, sans réflexion.

Il est évident que la situation française est différente de la nôtre : il y a, par exemple, en Belgique nettement moins de barres d’immeubles, de tours HLM accolées les unes aux autres, sortes de ghettos pour immigrés ou exclus sociaux.

Mais les questions sociales, un des ferments les plus forts de ce mouvement, se posent également chez nous : dans certains de nos quartiers, le chômage est très élevé, particulièrement dans les quartiers les plus pauvres, habités par un nombre important de personnes d’origine étrangère. Ce sont également souvent ces quartiers qui cumulent les difficultés sociales.

Nous devons certainement être attentifs àce que la politique menée ne puisse avoir des conséquences comme celles que la France vient de connaître. Nous devons donc crier halte, entre autres, àla suppression (ou àla diminution) des allocations sociales et continuer àdéfendre la liaison des allocations sociales au bien-être. Nous devons aussi continuer ànous battre contre une société qui ne cesse d’être de plus en plus duale avec les riches d’un côté et les pauvres de l’autre ; pour ce faire, il faut notamment que les bas salaires et les bas revenus soient relevés, que la répartition de la richesse produite soit plus égalitaire.

Nous devons refuser les logiques de libéralisation des services publics, de dérégulation des marchés, car cela signifie inévitablement une confrontation au marché mondial avec la « nécessaire  » croissance de la compétitivité et donc la pression sur l’ensemble des emplois moins qualifiés avec les inévitables licenciements qu’ont connus des entreprises comme Belgacom ou que va sans doute connaître la Poste. La logique qui préside àces décisions sont des logiques de profit privé et nullement des logiques citoyennes. Le pouvoir politique doit donc s’opposer àces politiques pour ne pas devoir en gérer leurs conséquences. Nous devons comme citoyens reprendre possession de ce champ pour y faire entendre notre voix, sans nous laisser bercer par les illusions du système capitaliste.

Nous ne devons pas cesser les actions contre les outils de cette libéralisation, de cette dérégulation, entre autres contre l’AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services) qui se discute au sein de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

L’exclusion du monde du travail que subissent les moins qualifiés, en général les plus pauvres, entraîne, pour eux et pour toute la société, une insécurité sociale grandissante avec le rejet de ce modèle social par celles et ceux, de plus en plus nombreux, qui en sont exclus. Défendre notre modèle social c’est d’abord aujourd’hui lutter contre tous ceux qui veulent le détricoter pour en tirer des profits privés, pour faire de l’argent y compris sur le dos des plus pauvres. Les enjeux sont importants si nous ne voulons pas une société de plus inégalitaire.