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La hausse des prix, source d’inégalités

Editorial de Regards

avril 2008

Depuis quelques mois, nous prenons conscience que la hausse des prix est revenue, que le risque d’inflation est aujourd’hui bien réel. Mais nous savons aussi que l’augmentation des prix touche différemment les produits. Ainsi, sur une année, l’indice des prix àla consommation a augmenté en moyenne de 4,39 % alors que les produits alimentaires augmentaient de 5,90 % et les produits non alimentaires de 6,07 %.

Si nous scrutons plus précisément les statistiques, nous voyons que certains produits ont augmenté nettement plus sur une année : il en est ainsi du lait, du fromage et des oeufs dont le prix a augmenté de 16,5 % en un an ; du pain (et autres produits àbase de céréales) dont le prix a augmenté de 11,1 % en un an ; du logement en ce compris de l’eau, du gaz et de l’électricité dont le prix a augmenté de 7,3 % sur cette même période. Et l’indice des prix minimise la hausse des loyers.

Nous savons que ceux dont le revenu est le moins important consomment relativement plus ces produits de base. Ces ménages ont perdu et continuent àperdre du pouvoir d’achat ; ainsi l’Institut pour un Développement Durable estimait fin 2007 que ces ménages avaient perdu, depuis 2004, jusqu’à400 € de pouvoir d’achat sur base annuelle. Cette perte de pouvoir d’achat s’ajoutait àdes pertes antérieures. L’inégalité est en marche, également par le biais des hausses de prix.

Les évolutions macroéconomiques montrent la même tendance : une augmentation du poids des revenus du capital au détriment du poids des revenus du travail ; une augmentation globale des profits et une diminution des allocations sociales.

Le système d’indexation des salaires permet de limiter les impacts négatifs des hausses de prix que nous connaissons mais il montre ses limites en ce qui concerne les impacts sur les plus pauvres. Le discours politique sur la nécessité d’augmenter les plus bas des revenus n’est que peu concrétisé. Les augmentations des abattements fiscaux et l’importance des réformes fiscales augmentent, sous prétexte de justice, les écarts entre le bas et le haut de l’échelle des revenus.

Il est donc essentiel d’augmenter les bas salaires. Il est tout aussi indispensable de lier les allocations sociales àl’évolution de la richesse de notre pays, pour qu’elle soit un peu plus correctement distribuée, pour que ceux qui vivent d’une allocation sociale comme les pensionnés ou les chômeurs puissent faire face àla croissance du coà»t de la vie. Nous ne souhaitons pas une société où les plus riches continuent àvoir croître leur richesse plus rapidement que les autres. Nous gardons la volonté de partager équitablement les fruits de la croissance. Une société aussi riche que la nôtre ne peut, sans s’en émouvoir et agir concrètement, laisser les ménages les plus précaires s’enfoncer davantage dans la pauvreté.

Jean-Jacques Jouffroy et Jean-Marie Schreuer