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Ne pas vivre pour travailler mais travailler tous pour vivre mieux !

| MOC || Position || Emploi |

mercredi 14 juin 2017

Carte blanche du président du MOC, Christian Kunsch, parue dans le journal l’Echo (mai 2017).

« Vous vous trompez Monsieur Bacquelaine : contrairement à ce que vous laissez entendre ces dernières semaines, les organisations sociales du monde du travail accordent toujours une grande valeur au travail ! Au travail dans l’emploi, tout comme aux activités hors emploi d’ailleurs.

Si un emploi permet bien de disposer d’un revenu professionnel, il ouvre aussi des droits en sécurité sociale comme le droit à une pension ou à des indemnités d’invalidité en cas de maladie. En outre, l’emploi peut grandement contribuer à se sentir utile à autrui et à nourrir le lien social.

Mais pour une partie importante des travailleurs (que vous semblez ignorer), l’emploi ne rime pas nécessairement avec épanouissement individuel et social ! Il comporte des tâches pénibles qui ne se limitent pas aux seuls "métiers lourds" et peut s’exercer dans un environnement difficile. De plus, nous ne sommes pas égaux en matière de santé. L’âge auquel il serait préférable de réduire son temps de travail ou de prendre sa retraite pour préserver sa santé diffère d’une personne à l’autre compte tenu de ses tâches et de ses conditions de travail. On ne peut donc raisonner comme vous le faites, Monsieur Bacquelaine, c’est-à-dire sur la seule base d’une moyenne d’espérance de vie en bonne santé.

De manière générale, la pression au travail ne fait qu’augmenter dans un contexte de forte concurrence et d’austérité budgétaire, entraînant une souffrance au travail pour de nombreux travailleurs. Une souffrance qui touche aussi celles et ceux qui sont privés d’emploi. C’est d’ailleurs aussi ce chômage massif qui justifie l’opposition des gens à l’allongement forcé des carrières, voyant bien que nombreux sont les jeunes qui ont de plus en plus de mal à trouver un emploi décent et durable.

Sachez également que les prépensions ne résultent pas de la supposée préférence de la gauche pour se délivrer le plus tôt possible de l’emploi. Elles servent le plus souvent à limiter la casse sociale des restructurations et fermetures qui sont de plus en plus souvent motivées par la maximisation du profit et des dividendes versés aux actionnaires. Vous attribuez à tort le manque de remplacement des prépensionnés par des jeunes à l’inadéquation des qualifications et au décrochage scolaire... alors même que les jeunes sont toujours plus nombreux à être surqualifiés par rapport aux emplois offerts.

Comme vous, nous ne sommes pas d’accord d’"éjecter" les plus de 50 ans, Monsieur Bacquelaine, car ce n’est pas ce qu’ils veulent... Mais nous ne sommes pas non plus d’accord avec la suppression des possibilités de crédit-temps à partir de 55 ans alors que vous retardez la faculté de prendre une pension anticipée et reculez l’âge de la retraite. Nous pensons qu’avec vos mesures, de plus en plus de travailleurs termineront leur carrière en invalidité ou au chômage et subiront une réduction de leur durée de vie restante en bonne santé.

Pour ces différentes raisons, mais aussi parce que l’épanouissement de chacun se trouve aussi hors du cadre de l’emploi, il est nécessaire de remettre sur la table des négociations, la réduction collective du temps de travail sous différentes formes et à différents âges de la vie ! Car nous voulons partager le travail, pour en finir avec ce chômage massif qui précarise tous les travailleurs ! Nous ne voulons pas vivre pour travailler, mais travailler tous, pour vivre mieux.
Votre sublimation du travail ignore tous ceux qui sont exploités dans des "jobs" précaires de plus en plus nombreux, confinés dans des emplois à temps partiel contre leur gré ou soumis à des conditions de travail provoquant des dégâts physiques et des burn-out.

Vos louanges au travail vous servent à justifier la réduction des pensions des chômeurs, des invalides et de ceux qui prennent un crédit-temps en fin de carrière ainsi qu’à faire passer en force un système de pension à points qui rendrait incertain, pour chaque citoyen, le montant de la pension à venir.


Pour vous, le travail rend libre, par le seul revenu qu’il procure, fût-il un travail contraignant et contraint par vos mesures qui visent à prester plus longtemps.
Pour nous, mouvement social, la liberté doit se conquérir dans l’emploi lui-même, mais aussi par la réduction du temps de travail, en faisant en sorte que chacun puisse être respecté et promu comme acteur de son projet professionnel et de vie. »