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Quand le cynisme est une politique, quand l’argent est devenu la seule "valeur"

Editorial de Regards

avril 2006, par Jouffroy Jean-Jacques, Schreuer Jean-Marie

Chacun a pu l’entendre : INBEV vient, pour son exercice 2005, d’engranger 1,4 milliards d’Euros de bénéfice annuel (contre 898 pour l’année précédente) tout en voyant son taux d’impôt diminuer !

Et, quasi le même jour, la multinationale annonce la suppression de 360 postes de travail en Europe dont près de 150 dans les services administratif àJupille. Ceux-ci seront transférés en Europe de l’est (Hongrie et République tchèque).

Et nous lisons dans le rapport annuel que l’entreprise veut « Ã©voluer du plus grand au meilleur  » qui « se mesure àl’aune de nombreux critères, et pas seulement celui de la rentabilité  ». Ce même rapport explique aussi que « cette ambition sur le long terme se traduit par [...] un personnel hors pair  » !!!

Sans doute pour remercier les administrateurs de leur bon travail, on apprend aussi ce que chacun d’entre eux a gagné. On voit ainsi que Jean-Luc Dehaene, qui se tait dans toutes les langues àpropos des décisions prises, a gagné 79.000 € pour 18 réunions sans oublier près de 10.000 options sur actions.

Ce comportement incivique de INBEV montre bien que, dans ce type d’entreprise, les discours sur la gouvernance d’entreprise dont INBEV se gargarise et sur la responsabilité sociale de l’entreprise ne sont que des couches de peinture et des arguments publicitaires.

Quand le profit des actionnaires se construit sur le chômage des travailleurs (mais aussi sur la capacité de ceux-ci àêtre consommateurs), les responsables politiques doivent prendre des mesures pour lutter contre les délocalisations et pour assurer une égalité entre chaque citoyen, notamment en ce qui concerne l’impôt. Il n’est pas acceptable que les revenus du capital soient beaucoup moins taxés que les revenus du travail, que les entreprises puissent sans vergogne et sans conséquence déplacer dans le monde et, même, au sein de l’Europe des emplois en ne considérant plus les travailleurs que comme une marchandise. La part des profits dans l’ensemble des revenus augmente et leur taux d’impôt baisse. De plus en plus les fonctions collectives de notre société ne sont plus payées que par les revenus du travail.

Nous avons entendu avec plaisir la position de plusieurs responsables politiques PS, CdH et Ecolo ; nous avons lu avec plaisir la position du Ministre de l’économie de la Région Wallonne ; nous attendons maintenons la mise en oeuvre de propositions concrètes, qu’elles soient au niveau wallon, belge ou européen. Il faut d’urgence réimposer des règles au champ économique, rappeler que tout n’est pas permis au nom de l’argent, que l’essentiel est l’Homme. Pour cela il faut faire reculer la libéralisation, la dérégulation. Surtout quand on sait que INBEV n’est malheureusement pas qu’un exemple isolé et que, par exemple, les bénéfices des multinationales pétrolières comme ceux des grands groupes financiers flambent.

Terminons en citant un extrait de la position de notre Evêque avec laquelle nous sommes en plain accord : "si la logique financière cause tant de souffrances, si les lois économiques font fi de l’homme, elles sont inhumaines et il faut les changer".