Fédération de Liège Huy Waremme

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Bienvenue sur le site du MOC (Mouvement Ouvrier Chrétien) de Liège-Huy-Waremme en Belgique. Parcourir notre site vous permettra de faire plus ample connaissance avec notre projet, nos actions, nos propositions. Le MOC est l’organe de coordination des organisations sociales du monde ouvrier (...) lire la suite

9 pistes pour lutter contre l’exclusion en Basse Meuse

mardi 11 septembre 2001

Le comité de secteur du MOC de la Basse Meuse a réalisé, dans le cadre de son travail sur le terrain, un dossier visant à proposer des pistes de lutte contre l’exclusion.

Les pistes reprises sont les suivantes :

  1. Le logement
  2. Sens de l’organisation de la vie
  3. Médecine et soins de santé.
  4. L’endettement
  5. La famille et les jeunes
  6. L’extrême droite
  7. La communication
  8. Ceux qui naissent exclus
  9. L’école et le décrochage scolaire

Piste 1 – Le logement

La Constitution belge inscrit dans son article 23 le droit au logement pour tous.

On constate cependant que de plus en plus d’expulsions de logements font suite à la perte des revenus du travail ou des revenus de remplacement.

Ce constat couvre non seulement les habitations privées mais également les logements sociaux.

D’autre part, peu de communes ou de CPAS possèdent des maisons d’accueil pour prendre en charge les familles expulsées. Il s’avère en plus que la loi Onkelinx concernant la réquisition des maisons inoccupées n’est quasiment jamais appliquée.

A quelques exceptions près, il apparaît même que certaines sociétés de logements sociaux laissent des logements inoccupés pendant plusieurs mois.

Remarque : nous avons été surpris d’apprendre lors de notre enquête que peu de gens à faibles revenus s’adressent aux sociétés de logements sociaux ; les raisons généralement invoquées sont des délais d’attente incroyablement longs et le chemin administratif particulièrement ardu que les personnes doivent parcourir.

Il existe sans doute un certain nombre d’alternatives qui pourraient contribuer à amener des personnes exclues à devenir directement les acteurs de leur propre réinsertion tout en accédant à un logement décent.

En cette matière, comme en d’autres, nous sollicitions la créativité des militants du M.O.C. de Liège-Huy-Waremme.

Piste 2 – Sens de l’organisation de la vie

Comme sans doute dans biens d’autres secteurs, la Basse-Meuse était riche de ses secteurs industriel et agricole.

En fonction de ces deux secteurs, la vie particulière de nos concitoyens était organisée en différents temps de travail, de loisirs et de repos.

La diversité de ces activités, la diversité des choix possibles entraînaient les hommes et les femmes, à quelque niveau qu’ils soient, à s’investir dans une carrière, à améliorer leurs connaissances, à diversifier leur savoir personnel et leurs activités propres.

Le secteur agricole, par exemple, nous avait appris à tirer le meilleur parti de chaque saison et de notre milieu naturel.

On constate aujourd’hui que ces deux secteurs d’activités ont terriblement régressés et sont réduits à quelques peaux de chagrin. Cela a profondément affecté l’organisation familiale, étouffant généralement le sens de l’espoir, de l’étude, voire de l’effort.

Même l’idée de subvenir à des besoins vitaux tels que se nourrir, se soigner, se former semble ne plus susciter l’engouement nécessaire à la revitalisation de la société.

Ceci nous apparaît comme une profonde cicatrice génératrice d’exclusion.

Nous, militants du secteur M.O.C. de la Basse-Meuse, désirons susciter de notre force collective les idées créatives, originales, nécessaires à la relance du sens de l’organisation de la vie dans le cadre du Mouvement Ouvrier Chrétien Liège-Huy-Waremme.

Piste 3 – Médecine et soins de santé

L’Office Mondial de la Santé a rappelé une fois de plus quelles sont les conditions préalables au développement de la santé dans une communauté :

« Sans la paix et la justice sociale, sans approvisionnement suffisant en aliments et en eau, sans éducation et logement convenable et si l’on ne donne pas à chacun et à tous un rôle utile et un revenu adéquat, il ne peut y avoir de santé pour la population, non plus que de croissance réelle ni de développement ».

Nous constatons que ces multiples facteurs n’étant pas rencontrés, nous connaissons chez nous comme en d’autres endroits de la planète, une régression importante de l’accès à la santé pour une marge de plus en plus élevée de personnes exclues.

Dans notre secteur, nous constatons que des familles entières hésitent, voire décident de ne pas consulter de médecin étant donné le coût important qui ponctionne les revenus les plus maigres. Ce n’est pas la seule raison.

D’autres facteurs tels que le faible niveau d’instruction, le manque de connaissances relatives à l’équilibre corporel, à la santé, à la mauvaise maîtrise de la langue, les conditions de vie et le poids d’autres problèmes quotidiens, le sentiment de dépendance ou d’infériorité par rapport au corps médical sont autant d’obstacles supplémentaires et non financiers à l’accès aux soins.

Une politique de santé ne peut que s’intégrer dans un ensemble qui garantisse à chacun les moyens de vivre dans la dignité.

Nous voulons agir en ce sens. Partageons nos idées, faisons concourir notre force collective.

Piste 4 – L’endettement

L’endettement et le surendettement des particuliers constituent un phénomène dramatique.

De plus en plus de citoyens sont confrontés à la difficulté de rembourser leurs dettes.
Le crédit à la consommation reste une source importante d’endettement mais on s’aperçoit également que la diversité des dettes rend compte des multiples difficultés auxquelles les ménages doivent faire face : loyer, factures d’énergies, factures d’hospitalisation, …

Des organismes bancaires ou de sociétés de crédit peu regardantes accordent des prêts sans connaissance du déficit existant déjà dans les ménages.

On constate également que de plus en plus de ménages n’ont pas le recul nécessaire pour résister aux appels de la consommation et effectuent de ce fait bon nombre d’achats à tempérament.

Aujourd’hui, beaucoup de travailleurs sociaux sont appelés à jouer un rôle médiateur entre ces familles endettées et les créanciers et doivent proposer des plans d’apurement en plus d’aider les familles à établir de nouveaux schémas de remboursement tout en établissant un budget minimal qui permette de mener une existence décente.

Quel rôle pouvons-nous jouer, comme militants du M.O.C. pour résorber cette situation dramatique d’exclusion ?

Piste 5 – La famille et les jeunes

Pour les familles, la vie devient de plus en plus complexe.

La situation économique oblige bien souvent des enfants à rester plus longtemps au domicile de parents, des jeunes couples divorcent et rejoignent leur famille, des parents vieillissants demandent plus d’attention, de soins et de présence ?
Cette pression se fait ressentir sur la solidarité familiale.

Particulièrement touchées par ces situations douloureuses, les femmes se retrouvent souvent seules, essayent de concilier des relations familiales conflictuelles.

D’autre part, bien des jeunes se retrouvent souvent seuls à la maison soit parce que les parents n’ont pas le temps de s’en occuper, soit parce que leur passe-temps favori les isolent de la vie familiale.

L’éducation, dans ce cas, rencontre un déficit important en l’absence de repères.

Nous remarquons que nous vivons un phénomène de dégradation du noyau familial dû, la plupart du temps au contexte socio-économique dans lequel évoluent ces familles.

Il y a, en cette matière, un effort considérable à réaliser en termes d’éducation, de formation, de communication.

Partageons nos idées !

Piste 6 – L’extrême droite

Le message de l’extrême droite comporte généralement 3 composantes bien souvent peu habilement dissimulées derrière un discours simpliste :

- la haine envers les syndicats et toutes les composantes sociales associatives
- un message raciste et xénophobe tentant d’expliquer qu’il existe une race noble et travailleuse et une sous-humanité qui pille la richesse et fomente la chute de la civilisation
- un sexisme forcené cantonnant les femmes (en bonne santé) dans la fonction de transmission de l’héritage biologique et culturel.

Refusant avec la dernière énergie toute idée d’harmonie multiculturelle, les militants d’extrême droite excluent purement et simplement et par la violence toutes les personnes qui n’entrent pas dans les critères qu’ils ont prédéfinis.

Leur discours est incapable d’atteindre aujourd’hui les plus hautes sphères de l’état et de nos institutions.

Nous citerons pour mémoire, le dramatique incident survenu à Zaventem le 22 septembre 1998 où l’expulsion perpétrée dans une forme « légale » a abouti à la mort d’une jeune femme de 20 ans.

L’extrême droite est, par un mécanisme larvaire, rampant, un facteur de la pire des exclusions.

Elle banalise l’ensemble des autres facteurs d’exclusion en leur donnant une légitimité liée à un concept pour eux fondamental : « c’est normal, notre peuple d’abord ».

Par notre action, par notre créativité, par notre force de communication, il nous faut trouver les moyens d’éradiquer l’horreur qui se précise chaque élection.

Piste 7 – La communication

Notre région est riche de la diversité des hommes et des femmes qui l’habitent, elle est un bain réjouissant de multiculture, de multicouleurs, …
Elle est une image du monde.

Chez nous, énormément de personnes immigrées, de nombreuses nationalités se côtoient et s’organisent pour que nous puissions vivre ensemble.
Comment une telle richesse peut-elle comporter en elle autant de germes d’exclusion ?
L’utilisation sommaire de la langue française parlée mais surtout écrite, représente entre autre, une difficulté majeure pour ces personnes l’insérer harmonieusement dans la communauté.
La complexité des démarches administratives nécessaires pour obtenir, voire préserver ses droits au même titre que tous les autres citoyens devient un objet rebutant qui entraîne bien souvent l’abandon de ces droits fondamentaux.
La difficulté d’expression entraîne bien souvent ces quelques fonctionnaires l’incompréhension, les malentendus, la crainte, parfois même le rejet.

Il apparaît essentiel d’agir sur ces mécanismes en organisant la formation mutuelle et l’aide personnalisée pour permettre à chacun l’accès complet à tous ses droits.
A cela, il faut ajouter les incompréhensions de type culturel. Chacun avec ses valeurs, ses croyances, ses façons de faire, peut nourrir notre culture de la diversité. C’est toutefois malheureusement l’inverses qui se produit bien souvent… Devant la différence, il apparaît clairement que l’on préfère imposer, ignorer, rejeter.

Dans son ensemble, la non-communication (le refus de construire la relation) apparaît de façon stupide, comme un facteur majeur d’exclusion qui entraîne la précarité, la pauvreté, l’exclusion.
Dans ce domaine aussi, il est essentiel que les militants du M.O.C. de Liège-Huy-Waremme fassent preuve de créativité et soutiennent par le poids qu’ils représentent, toutes les actions qui consistent à élever l’harmonie de la vie au rang de valeur fondamentale.

Piste 8 – Ceux qui naissent exclus

- "Jérôme, que feras-tu plus tard ?"
- "Je ferai comme papa, je serai garagiste !"
- "Marie, que feras-tu lorsque tu seras grande ?"
- "Je serai comme maman, je serai maîtresse d’école !"

Si les parents sont fiers de leurs enfants, les enfants, en retour sont fiers de leurs parents.
Ils sont les uns pour les autres, des références incontournables.

Sans toujours discerner ce qui est bon ou moins bon, les enfants trouvent chez leurs parents une image de ce qu’est la vie : enthousiasmante et prometteuse ou moche et sans valeur.

Dans un milieu social défavorisé, l’enfant n’a souvent pas conscience de la réalité sociale de sa famille. Bien souvent, celle-ci lui cache volontairement la situation précaire dans laquelle ils se débattent.

Un bon nombre de ces enfants risquent, lorsqu’ils viendront à quitter l’enceinte familiale, d’être confrontés à des situations dont ils ignorent tout. Ceux-là ne deviennent pas exclus… Ils naissent exclus !

Comme mouvement d’éducation permanente, une de nos missions consiste à aider nos concitoyens à construire et à gérer une société responsable et solidaire.

Comment, dès demain, allons-nous assumer ensemble notre rôle ?

Piste 9 – L’école et le décrochage scolaire

L’enseignement est gratuit !
L’enseignement est accessible à touts !
L’enseignement offre une égalité de chances pour tous …
Cherchez l’erreur !

On dit que l’enseignement fait partie de l’appareil de reproduction sociale d’une société et qu’à ce titre, il doit occuper une place fondamentale.
Comment se fait-il qu’après la définition d’une aussi grande mission certaines écoles en arrivent à maintenir, voire engendrer l’exclusion sociale ?

Force est de constater qu’à niveau intellectuel égal, seul un jeune sur quatre issu d’un milieu défavorisé accède à l’enseignement supérieur alors que huit jeunes sur dix, issus d’un milieu favorisé y parviennent.
Volontairement ou par manque d’information, on oriente de nombreux jeunes vers des types d’enseignement qui ne leur conviennent pas. Trop de jeunes transitent aujourd’hui par des filières professionnelles ou techniques pour des raisons de mise à l’écart ou de facilité.
L’accès à ces études doit être la conséquence d’un choix volontaire et non une pénalité ou une voie sans issue où l’on relègue celui qui « de toute façon, n’est pas capable de suivre ».

L’enseignement doit se mettre au service des jeunes et non l’inverses, il doit créer les conditions de réussite pour tous et plus particulièrement pour ceux qui apparaissent au départ comme moins enclins à les suivre.
Lorsqu’on en arrive à des situations telles que certains professeurs ne travaillent plus qu’avec ceux « qui en veulent », il ne faut pas s’étonner qu’en Wallonie, quelque 300.000 personnes ont de graves problèmes de lecture et d’écriture.
Il faut noter également que là où un établissement cherche à développer réellement sa mission de faire grandir chacun, les rabotages systématiques de moyens, budgets et subventions découragent, brisent les vraies dynamiques, installent la démotivation.

Nous sommes le M.O.C., nous avons des choses à dire à ce sujet, nous devons nous donner les moyens de l’action… Faisons-le !