Fédération de Liège Huy Waremme

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Résumé du débat politique sur la sécu du jeudi 31 mai

jeudi 7 juin 2007

A la veille des élections fédérales, le MOC de Liège-Huy-Waremme a organisé un débat autour des grands enjeux de la sécurité sociale.
Animée par le secrétaire général du MOC – Pierre GEORIS – la soirée a rassemblé des candidats ECOLO, CDH et MR, le PS n’ayant pas répondu à l’invitation. Militants et responsables des organisations leur ont posé différentes questions.

Comment financer la sécu ? Cotisation sociale généralisée ? [1]

ECOLO (Philippe HENRY) : Par « une cotisation (ré)équilibrée » entre les différents revenus, afin d’élargir le financement de la sécu à d’autres revenus que ceux du travail. Seule une loi cadre permettra une véritable réforme structurelle (plutôt que de simples ajustements annuels) et une renforcement de la couverture sociale face aux accidents de la vie.(travail à temps partiel, un parent malade à charge, ...). Il faut davantage investir dans les aspects préventifs.

CDH (Benoît DREZE) : Par « une participation sociale collective »avec une exonération des premiers 25,000 euros des revenus du travail. Il faut une liaison au bien-être intégrale afin d’éviter l’augmentation de la pauvreté, en particulier chez les pensionnés. Sur le tiers des fruits de la croissance consacré aux soins de santé, force est de constater que ceux-ci n’ont pas vraiment profité aux patients, pour lesquels il est toujours plus difficile de se soigner.

MR (Pierrette CAHAY) : Pas question d’une cotisation sociale généralisée qui frapperait surtout ceux qui veulent entreprendre. La solution passe par la création d’emplois grâce à la diminution des charges sociales pesant sur les entreprises. Si il faut bien entendu rendre les soins de santé accessibles à tous, c’est par la création d’emplois que l’on créera des richesses à redistribuer (d’où la nécessité de miser sur l’enseignement et la formation).

Pensions ? Egalité homme-femme ? Cotisation de solidarité ?

CDH : Il faut favoriser l’individualisation des droits à la sécu. Les titres services vont dans le sens de cette individualisation (40.000 emplois créés, contrepartie nécessaire de disponibilité à l’emploi par rapport au fait de bénéficier d’allocations, ...). Concernant les femmes, on pourrait valoriser, au niveau du droit à la sécu, deux années consacrées à élever un enfant sans travailler. Actuellement de nombreuse femmes désirent à la fois travailler et avoir un enfant, il faut les encourager et les y aider, par exemple en développant davantage l’accueil de la petite enfance. On pourrait aussi créer un « 1er pilier [2]bis » qui serait obligatoire en ajoutant à ce système une composante de solidarité entres secteurs économiques.

MR : Il faut encourager l’ambition et l’esprit d’entreprendre des femmes. Notamment via l’individualisation des droits à la sécu. Il faut également développer l’accueil de la petite enfance grâce à la création de crèches d’entreprises et la revalorisation du statut des gardiennes. Par rapport aux piliers des pensions il ne faut pas que le deuxième soit uniquement réservé aux secteurs économiques « forts ».

ECOLO : L’individualisation du droit à la sécu passe évidemment par une création d’emplois dont on est loin. Pourtant l’investissement dans l’énergie verte, l’environnement et l’écologie en général constitue un énorme vivier d’emploi à développer. Il faut aussi revenir sur le temps de travail, aménager des possibilités de crédits temps, tant pour les femmes que pour les hommes. ECOLO est pour le renforcement du 1er pilier via les deux autres. Il faut revaloriser ce premier pilier et la pension de base, que celle-ci permette de vivre correctement et pas seulement de survivre. De plus les incitants fiscaux en faveur des deux autres piliers coûtent trop cher à l’État et doivent êtres soumis à condition, notamment dans des investissements durables.

Mutualités – Assurances privées : quelles perspectives ? [3]

ECOLO : Il est important de financer les soins de santé mais il faut réfléchir à la manière de le faire. Il y a toute une série de maladies et de nouveaux besoins en terme de santé liés à la pollution (allergies…), il faudrait davantage investir dans la prévention de ceux-ci et donc dans l’environnement. Il faut également ouvrir le débat sur la marchandisation des soins de santé. On a pas assez parlé de l’Europe lors de cette campagne électorale, alors que son pouvoir de décision est de plus en plus important. Il faut réaffirmer une véritable volonté politique d’aller vers une Europe sociale.

CDH : Il va falloir opérer un arbitrage entre le budget accordé aux soins de santé et celui accordé aux pensions, sans cela on ne pourra préserver le système sans avoir recours au privé et donc aller vers un système à l’américaine. Le CDH est contre la libéralisation des soins de santé ; toutefois la libéralisation de certains services peut tout de même se révéler parfois efficace. Concernant la commercialisation des médicaments, il faut instaurer un système « KIWI » [4] intégral, un « KIWI light » n’a pas de sens. Pour l’Europe, même constat que ECOLO : il faut que l’Europe Sociale fasse partie des priorités politiques.

MR : Le système actuel du MAF (maximum à facturer) doit évoluer vers un maximum à facturer médical. De cette façon, les interventions personnelles seraient limitées en fonction des revenus mais aussi en tenant compte des pathologies.

Enfin, en raison de l’actualité, quelles solutions pour les sans-papiers. ?

CDH : tant la liaison au bien-être que la régularisation des sans-papiers seront deux de nos conditions pour entrer dans un gouvernement.

MR : d’accord pour une régularisation mais au cas par cas.

ECOLO : d’accord pour une régularisation mais sur base de critères clairs. Sans oublier la suppression des centres fermés.

[1il s’agit d’élargir le financement de la sécurité sociale, qui repose aux 3/4 sur les cotisations issues des revenus du travai, notamment aux revenus du capital.

[2Rappelons qu’il existe trois « piliers » soutenant le financement des pensions : le premier est celui de la pension légale faisant partie de la sécurité sociale ; le deuxième est celui des systèmes de pensions complémentaires mis en place dans certaines entreprises (assurances groupes…) le troisième est celui des assurances privées.
Traditionnellement la Gauche défend avant tout le premier pilier, basé sur la solidarité. La Droite privilégie davantage les 2ème et 3ème piliers qui bénéficient à ceux qui peuvent se le permettre.

[3Rappelons la volonté de l’Union Européenne de soumettre les services d’assurances complémentaires proposés par les Mutualités aux lois du marché et aux critères propres aux assurances privées considérant qu’il s’agit d’une concurrence déloyale envers celles-ci. Dans ce dossier le gouvernement belge a soutenu les Mutualités au nom de l’intérêt général et du but exclusivement social poursuivit par celles-ci. La Commission Européenne va peut être poursuivre la Belgique au niveau de la Cour Européenne…

[4Le principe de ce système, inspiré du modèle néo-zélandais, est de sélectionner pour chaque classe de médicaments, pour remboursement via la sécurité sociale, le produit le moins cher après appel d’offre public. La firme pharmaceutique qui propose le prix le moins élevé obtient l’exclusivité du remboursement pour une durée déterminée. En poussant les firmes pharmaceutiques à proposer des médicaments les moins chers possible et en incitant à consommer prioritairement ceux-ci, ce système pourrait faire économiser des millions d’€ à la sécurité sociale et aux citoyens.