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Compte-rendu du Midi du Monde du 7/11/06 sur les migrations

mercredi 22 novembre 2006

Présentation de ce Midi du Monde sur les migrations

Spyros AMORANITIS de l’IRFAM

La pression démographique est un des principaux facteurs de migration internationale. Au 20ème siècle la population a été multipliée par quatre et d’ici 2050, avec entre 8 et 10 milliards d’habitants sur terre, la population mondiale aura presque doublé. Les pays qui contribuent le plus à cette augmentation démographique sont d’abord l’Inde, puis la Chine suivis du Pakistan et du Nigeria. Bien plus qu’une menace, cette pression démographique constitue pour l’Europe une source de richesse notamment en ce qui concerne le besoin de main d’œuvre et le déclin démographique que connaît notre continent.

La pression démographique n’est toutefois pas le seul facteur de mobilité internationale. Les inégalités Nord/Sud sont également à prendre en compte. Celles-ci restent en effet flagrantes à l’heure actuelle malgré la coopération et l’aide bilatérale en matière de développement dont il faut bien constater l’échec.

Les facteurs culturels jouent également un rôle très important. En premier lieu, la fascination des pays du Sud pour l’Occident qui au-delà de l’attrait d’une amélioration matérielle relève souvent davantage du mythe. Ce qui contribue à pousser les migrants vers les pays occidentaux au-delà de tous les obstacles, dangers et désenchantements souvent présents à l’arrivée.

Un autre facteur culturel non négligeable moteur de migration est le fait qu’au-delà des réseaux et circuits de migration, on trouve souvent derrière un migrant toute une communauté ou une famille qui s’est mobilisée pour faire partir celui-ci et lui faire porter le lourd fardeau des espoirs collectifs. C’est pourquoi, nombre de ces migrants sont, d’une certaine façon, condamnés à la réussite et préfèrent parfois mourir plutôt que de revenir porter un aveu d’échec au près des leurs. A tel point qu’il existe, par exemple à Bamako, pour les migrants revenant chez eux sans succès, des camps intermédiaires destinés à les protéger de leurs propres familles ou communautés.

Parallèlement à ces constats, des pistes d’action peuvent être développées chez nous. Valoriser la période de « temps d’attente » des sans-papiers constitue l’une d’entre elles. En effet, souvent ceux-ci disposent de compétences intéressantes liées à leur expérience de deux cultures. En général, ils témoignent également d’un grand intérêt pour tout ce qui touche à la citoyenneté car ils fuient souvent des pays où la non soumission de l’Etat au droit pose problème. Une autre piste très intéressante se situe au niveau de l’utilisation de l’épargne des migrants.

Fred N’GOUNDJO de l’UDEP

En plus des facteurs déjà énoncés par Spyros Amoranitis, deux autres types de facteurs sont à prendre en compte : l’instabilité politique et économique.
L’instabilité politique se traduit souvent concrètement par des situations proprement invivables. Insécurité liée à la guerre évidemment mais également pressions et menaces sérieuses pesant sur soi et sa famille dés lors que l’on est en désaccord avec le régime politique en place. Les causes de ces situations sont multiples mais on peut pointer en particulier le manque de démocratie de nombreux États africains, l’aide internationale qui souvent n’arrive pas où elle devrait ou encore une partie des dirigeants qui sont en fait des pions de pouvoirs occidentaux . Malheureusement il ne semble pas y avoir de solutions à court ni moyen terme et il faudra encore pas mal de temps pour rétablir une stabilité politique en Afrique.

Parmi les facteurs de l’augmentation des migrations ont trouve évidemment la mondialisation avec le fait que de nombreuses barrières soient tombées suite au développement rapide des moyens de communication (Internet, TV, information).Or, la plupart du temps, les populations africaines n’ont pas encore le recul nécessaire pour gérer et résister à la puissance de la communication et du marketing occidental. N’importe quel pêcheur d’une région du fin fond d’un pays africain peut désormais fantasmer sur les produits et le mode de vie que lui font miroiter les programmes de télévision occidentaux. Ce qui n’est pas sans conséquences sur la décision de partir ou d’envoyer une personne de sa famille vers cette corne d’abondance que semble être l’occident à travers son image médiatiquement déformée.

Pour conclure il faut rappeler qu’on ne part jamais de chez soi de gaîté de cœur et que les personnes qui arrivent ici sont donc souvent traumatisées d’avoir quitter leurs racines. De plus, elles le sont également du fait de débarquer dans un monde qui leur est étranger. Reconnaissons que malgré cette double souffrance, la plupart des sans papiers font preuve d’efforts et d’un courage exemplaires.

Réactions

Il faut rappeler qu’au niveau mondial les migrations s’effectuent en majeur partie des pays pauvres du Sud vers d’autre pays pauvres du Sud et donc que les migrations de ces pays vers chez nous ne constituent qu’une infime partie des migrations mondiales. Rappelons également l’absence de vision politique européenne claire sur la question.

Partant du fait que la plupart des richesses de l’Afrique ne profitent pas à celle-ci, il existe un gros potentiel pour ce continent à s’unir politiquement comme l’ont fait les deux grandes Unions que sont les USA et l’UE. Pour ce faire, à l’heure actuelle l’Afrique manque malheureusement de véritables leaders politiques.

Les transferts de fonds des migrants peuvent stimuler considérablement les économies locales. Ces fonds que les migrants rapatrient dans les pays en développement sont d’ailleurs devenus de très loin supérieurs à toutes les formes d’aide internationale conjuguées même si le lien entre ce retour de fonds et le développement n’est ni automatique ni simple à évaluer.

Rappelons finalement le frein au développement que constituent les dettes des pays du Sud envers leurs créanciers occidentaux ainsi que le rôle majeur que peuvent jouer les contre-pouvoirs (société civile, associations, syndicats…)} dans le développement et la stabilité politique de ces pays et donc la nécessité de soutenir ces mouvement sociaux.