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A la CSC, il n’y a pas de place pour l’extrême droite

vendredi 22 septembre 2006

Comment faire barrage à l’extrême droite ? A quelques semaines des élections communales, la question est sur les lèvres de nombreux démocrates, y compris à la CSC.

Il y a 15 ans, aux élections de novembre 1991, trois partis d’extrême droite (Front National, Agir et Vlaams Blok) décrochaient ensemble près de 500.000 voix. En juin 2004, le Vlaams Belang obtenait à lui seul
près de 1.000.000 de voix au Parlement flamand (soit près d’un quart des voix) et le Front National engrangeait en Wallonie 160.000 voix
(soit 8%). Enfin, à Bruxelles, ce sont environ 10% des électeurs qui, lors du dernier scrutin, ont voté pour l’extrême droite.

Les idéologies porteuses de racisme, de sexisme, et d’intolérance sont en progression. Insensiblement, elles sont reprises par d’autres
partis pourtant démocratiques et l’idéologie libérale, voire ultra-libérale, du "chacun pour soi" et du "qui veut peut" devient l’évidence.

Ces idées s’infiltrent dans tous les milieux sociaux et se diffusent, y compris dans les rangs syndicaux. Plus qu’avant, on entend de
1a bouche d’affiliés et même de militants syndicaux des "discours de droite", et même des prises de position assez ouvertement racistes, discriminatoires et anti-politiques.

Ces propos, bien sûr, sont en contradiction fondamentale avec les valeurs de la CSC. Mais comment les contrer ? Et comment faire pour éviter de conforter encore davantage les partis d’extrême droite et leurs électeurs dans leur rôle d’"incompris" et de "victimes" ?

Procédure d’exclusion

Depuis les années 90, la CSC a entrepris une série d’actions pour lutter contre la montée des idées d’extrême droite. Tout d’abord, elle considère qu’il y a incompatibilité entre affiliation à la CSC et militantisme actif au sein de partis d’extrême droite. Par conséquent, la CSC radie depuis plusieurs années toute personne qui adopte publiquement un engagement concret tel que la présence sur une liste
électorale rattachée à la mouvance d’extrême droite, la diffusion de tracts, etc.

Lors du précédent scrutin communal en 2000, les listes des candidats d’extrême droite avaient ainsi été comparées avec des listes de membres CSC et des procédures d’exclusion avaient ainsi été enclenchées, principalement au nord du pays. Ce même travail de
"screening" est en cours de réalisation depuis la publication des listes électorales, voici quelques jours. Après avoir été entendus par
une instance collégiale comme le prévoit la procédure, les affiliés ainsi "repérés" seront invités à démissionner de la CSC.

Si le message a le mérite d’être clair "Il n’y a pas de place à la CSC pour les militants d’extrême droite", il n’est bien sûr pas suffisant pour endiguer la montée du racisme et la recherche de boucs émissaires, qu’ils soient jeunes, chômeurs, étrangers... ou francophones.

L’atout principal de la CSC à cet égard est bien sûr la formation syndicale et l’éducation permanente. Pour Pedro Rodriguez, formateur à la CSC-Charleroi-ESEM-Thuin, les formations en groupes sont un lieu privilégié pour faire réfléchir les nouveaux venus dans notre mouvement sur les préjugés, les clichés qu’ils véhiculent : "L’expérience montre qu’il vaut toujours mieux privilégier le dialogue que l’affrontement des idées. On constate aussi que les personnes remettent plus volontiers en question leur raisonnement lorsque c’est un autre militant - quelqu’un de la "base" - qui contre les clichés que lorsque c’est le permanent. Lorsque c’est l’ "institution" qui parle, c’est moins convaincant ...- explique-t-il.

Débats sensibles

Reste que de tels débats ne sont pas faciles à mener. Beaucoup de responsables syndicaux avouent leurs difficultés à éviter de tomber
dans le piège des débats "émotionnels" ou du discours moralisateur.

Certes, ils se doivent de rappeler que les jugements racistes et irrespectueux, les injures et les vociférations n’ont pas de place
dans la démarche de concertation et de dialogue prônée par la CSC. Mais, "fermer la porte" à tout débat sensible n’est pas non plus
la solution. Avec logique, clarté et humour, il est toutefois possible de démonter les mensonges véhiculés par l’extrême droite sans
nier les sentiments de malaise, d’exclusion et désenchantement par rapport à la politique ressentis par une part croissante de la population
.

Dans quelques jours, les Jeunes CSC lanceront une campagne intitulée "En politique aussi, la marée noire est une pollution". Seront ciblées plus particulièrement : les communes où des formations d’extrême droite présentent des listes électorales. Avec un message aux électeurs on ne peut plus clair : ne votez pas pour des partis foncièrement antidémocratiques, antisociaux et antisyndicaux !

Article de DE publié dans L’Info du 22 septembre 2006