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Arcelor-Mittal : un signal positif

vendredi 9 mars 2007

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L. Mittal lors de sa visite à ArcelorPour la CSC-Métal de Liège, la visite de Lakshmi Mittal représente un signal positif. Le nouveau patron a pris son temps pour visiter les installations et écouter les hommes. Et il a promis de réexaminer les dossiers.

"Il ne faut pas donner de faux espoirs aux travailleurs. Mais la visite de Lakshmi Mittal est malgré tout un signal positif. Il s’est attardé dans les installations, il a tout visité en discutant chaque fois avec les gens. C’est une approche très différente de celle que l’on a connue auparavant", explique Jordan Atanasov, permanent de la CSC-Métal Liège. "Nous lui avons remis, en front commun syndical, un document qui argumente sur l’intérêt qu’il y a à remettre en selle à Liège une sidérurgie intégrée. Il a promis d’examiner les documents et s’est donné le droit de modifier la décision de fermer le chaud qui avait été prise par Arcelor en 2003."

La CSC-Métal se réjouit donc de la manière dont s’est déroulée cette visite du grand patron dans le bassin sidérurgique liégeois. Accompagné des quatre principaux directeurs du groupe, il a visité notamment des lignes de revêtement du centre de recherches de Ramet, une ligne de galvanisation et des éléments de la phase à chaud (la coulée continue et le train à large bande de Chertal).

Cette visite était impatiemment attendue par les travailleurs. "On avait préparé cela des jours durant, briqué tout ce qui pouvait l’être", souligne un travailleur. "Tout était nickel ! Pour les nouvelles installations, il n’y a rien eu à faire : elles sont impeccables et il l’a bien vu", ajoute-t-il avec une pointe de fierté.

"Il était d’important d’avoir le vrai patron devant nous, sans intermédiaire. Il avait acheté les usines et savait sur le papier ce qu’il possédait, mais là il a pu voir par lui-même l’état de l’outil, son intérêt. Il a posé beaucoup de questions et on a pu répondre, argumenter", souligne Jordan Atanasov. "Lakshmi Mittal a promis d’examiner nos arguments. Bien entendu, il reste un financier avant tout. S’il voit que Liège n’est pas viable, il ne changera pas d’avis. Mais il a promis d’examiner les données. Et cela, en soi, c’est positif, car cela représente un petit espoir de voir changer la condamnation du chaud."

En effet, jusqu’ici, rien de tel n’était à l’ordre du jour : lors du conseil d’entreprise européen du 12 décembre 2006, la fermeture du deuxième haut fourneau en 2009 avait été confirmée et elle l’a encore été lors de la présentation des résultats du groupe.

Contrôler toute la filière

C’est clair, aussi longtemps que Mittal n’a pas dit oui à une prolongation du chaud, c’est toujours non. La CSC ne veut pas susciter d’illusions, mais elle entend explorer toutes les voies possibles pour maintenir l’emploi. Aussi Jordan Atanasov se réjouit-il de la visite de Mittal à la coulée continue et au train à large bande de Chertal : "Depuis la fermeture du premier haut fourneau, l’alimentation des lignes à froid dépend de l’usine de Dunkerque qui devait compenser les volumes perdus. Mais elle n’y arrive pas et la production est donc en stand-by. A la CSC, nous pensons qu’il est possible d’alimenter les trains à large bande avec des slabs importés. C’est faisable sans aucun investissement et cela maintiendrait 300 emplois. C’est donc une voie alternative pour garantir l’approvisionnement du froid si Mittal maintenait la fermeture du haut fourneau".

Pour la CSC-Métal, tout cela est important, car le groupe Arcelor-Mittal fraîchement créé continue son expansion et ses acquisitions. De plus, Mittal investit maintenant dans le secteur du pétrole. "Il a la volonté de contrôler toute la filière, alimentation et production", constate Jordan Atanasov. "Sa politique n’est pas centrée sur le cœur du métier, mais sur l’ensemble du processus. Il est donc bon de montrer tous les atouts du bassin en la matière."

Lors de la visite de Mittal, la CSC-Métal a également eu l’occasion d’insister sur les atouts de Liège en matière de recherche et développement. Le bassin liégeois possède en effet un des quatre centres de recherche du groupe, Arceo, qui vient de mettre au point un nouveau procédé de développement sous vide. "Comme CSC, nous estimons qu’il est normal que ce qui est trouvé ici bénéficie à l’ensemble du groupe, mais soit aussi produit ici", plaide Jordan Atanasov. Il a donc montré à Lakshmi Mittal l’intérêt de garder à Liège le projet industriel concernant la ligne de développement sous vide.

Ancien délégué principal de l’entreprise, le permanent de la CSC-Métal maîtrise ce dossier technique sur le bout des doigts. Il espère avoir été entendu. "En effet, le chaud est extrêmement important, mais ce n’est pas le seul enjeu pour le bassin", explique-t-il. "Il y a aussi des inquiétudes pour l’avenir d’API (Arcelor packaging international) et pour les lignes de peinture. Mittal-Arcelor est un groupe mondial avec des usines partout. Et le marché de l’acier n’arrête pas de bouger, avec des rapprochements constants entre opérateurs et une montée en puissance des pays émergents qui peuvent venir nous concurrencer. La CSC veut anticiper les évolutions et se montre particulièrement vigilante en matière de recherche et développement qui doivent assurer les processus de fabrication du demain."

Plus de 3.500 travailleurs concernés

A Liège, le groupe Arcelor-Mittal compte aujourd’hui environ 3.500 travailleurs sous contrat à durée indéterminée. Il faut y ajouter les ouvriers qui travaillent avec un contrat à durée déterminée puisque l’entreprise n’engage plus mais que le marché de l’acier tourne à plein actuellement. Et il faut également tenir compte des centaines d’emplois indirects générés par l’entreprise.

Le groupe, à Liège, ce sont trois sociétés :

- Cockerill-Sambre SA : c’est le chaud dont une partie est normalement condamnée à disparaître et la cockerie dont la survie est prévue jusqu’au-delà de 2010 ;
- API (Arcelor packaging international) qui fait partie d’une structure spécifique avec 4 autres sites ;
- le "froid" avec Kessales, l’unité de Tilleur, TDM (ex-tôleries Delloye-Mathieu), l’unité de Ramet, Eurogal et celle de Flémalle.

Entretien : Anne-Marie Pirard sur le site internet de la CSC