Fédération de Liège Huy Waremme

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Après son élection comme président de la CSC Liège-Huy-Waremme

Discours de Jean-Marc Namotte

jeudi 16 juin 2005

Ce jeudi 16 juin, Jean-Marc Namotte a été très brillamment réélu président de la CSC Liège-Huy-Waremme. Après son élection, il a pronconcé un discours.

Le rôle de la CSC dans une région en déclin

Notre rôle ne sera pas négligeable, en tant que syndicaliste CSC dans une région actuellement en déclin socio-économique mais qui manifestement a sans doute le potentiel pour rebondir.

La vérité aujourd’hui, c’est qu’il y a parmi notre population au moins deux réalités de plus en plus éloignées l’une de l’autre.

  1. Celle de ceux qui se sentent bien, une réalité ouverte, diplômée, urbaine, celle de ceux qui ont une situation, un logement, qui vivent le temps comme une chance, le monde comme une opportunité nouvelle …
  2. … et puis celle de ceux qui se sentent mal, celle des bas salaire, du chômage (de 23 à 27 % selon les communes de notre Fédération), de l’exclusion, de l’aide sociale, celle des banlieues, celle des liégeois qui ont le sentiment que leur temps s’achève et que le monde est dressé contre eux, celle des jeunes qui ont aussi de plus en plus de difficultés à trouver du travail et qui ont besoin d’éclaircies dans leur avenir.

Aussi, au nom des plus faibles, de la partie du pays la plus inquiète, de notre région, la région liégeoise qui perçoit trop souvent l’indifférence des puissants. Je crains que la crise ne soit plus rapide et plus profonde que nous ne pouvions l’imaginer.

Proposer un nouveau chemin de redéploiement économique et éviter le détricotage de ce qui existe

Il faut, aujourd’hui, à la fois proposer un nouveau chemin de redéploiement économique pour la région et éviter le détricotage de ce qui existe. C’est le défi de nos organisations. Défi important puisque aujourd’hui il y a plus d’emplois qui disparaissent que d’emplois créés dans notre région. Nous n’arrivons pas à combler le manque.

C’est presque une crise de régime parce qu’en plus nous n’avons pas la confiance de certains décideurs de la région et du gouvernement wallon. Il faudra, sans doute, que dans les prochaines semaines, en tant qu’organisation syndicale, nous nous positionnions sur des individus et que nous soyons ceux, et nous avons déjà commencé lors de la manifestation du 14 mai dernier, qui disent tout haut ce que la plupart pensent tout bas et que personne n’ose dire.

Même si les outils de reconversion de notre région sont bons, nous nous posons beaucoup de questions sur ceux qui devraient jouer le rôle de moteur et qui sont dépourvus du carburant approprié.
En football, quand un entraîneur est mauvais, on le change souvent trop vite. En politique, quand un politicien est mauvais, on le garde souvent trop longtemps.

C’est malheureusement le produit de trop d’années de promesses et de reniement.

La concomitance de cette crise politique et de la crise sociale peut à tout instant dégénérer. Je crains que dès la rentrée sociale, notre organisation ne soit amenée à donner de nouveaux coups de pieds dans la fourmilière pour mettre plus fort et plus vite, la région, notre région en mouvement et relancer plus vite encore l’ascenseur social.

Pour la fédération CSC, un congrès déterminant

Du point de vue de notre organisation en interne, nous allons, dans les prochaines semaines, vivre des moments importants et au sein de la Fédération de Liège-Huy/Waremme les semaines et les mois qui viennent, dans le cadre de la préparation de notre congrès, seront également déterminants.

En effet, les quatre thèmes retenus pour le Congrès, qu’il s’agisse des conditions de travail, du tissu économique, du dialogue social ou et peut-être aussi surtout de l’évolution de notre organisation, seront déterminants pour les années à venir.

La CSC ne doit pas ignorer le fonctionnement qu’elle a eu durant les 25 dernières années. Fonctionnement qui lui a permis, aujourd’hui, de faire des résultats toujours en augmentation, des résultats toujours meilleurs lors des différentes élections sociales.

Et nous réclamons aussi, dans les Services Publics, des élections car nous savons qu’avec notre fonctionnement responsable, cohérent et notre sens de la vérité et de la solidarité, nous y avons un espace de progression important.

Ce congrès doit être une réussite. Il ne sera une réussite que si comme vous l’avez fait pendant le fonctionnement des différents groupes de travail, pendant la phase à venir, les différents secteurs spécifiques, les centrales, se réunissent, amendent, structurent et enrichissent les différents textes qui vous seront soumis dès la rentrée de septembre.

Ce congrès, nous l’avons voulu comme étant un congrès des militants avec l’espace de parole aussi pour les militants.

Il nous faudra aussi toiletter un peu nos structures, et je prends pour exemple, le fonctionnement du bureau journalier auquel on donnera, je l’espère, un aspect statutaire précis puisque, suite à la volonté des différents membres du comité fédéral nous avons, durant ces premières années de présidence pu mettre en place un bureau journalier qui se réunit, maintenant, mensuellement, sur les orientations fondamentales urgentes à prendre en Fédération. Et manifestement, cette volonté d’associer les uns et les autres me semble aller dans la direction dictée par l’ensemble des militants de notre organisation.

Il nous faudra également réussir les prochaines élections sociales et donc, dès la rentrée, nous aurons aussi comme mission principale de nous attaquer à une analyse fine de ces résultats et à accepter, sans animosité aucune, quelques défis pour nous permettre de conforter la place de première organisation à Liège en 2008.

Des défis pour les comités de secteur

Au niveau de l’interprofessionnelle, je voudrais encore ajouter un mot quant au fonctionnement des secteurs et des groupes spécifiques de notre organisation. Je souhaiterais encourager les comités de secteur à faire preuve de plus d’audace dans le fonctionnement et à gérer d’une manière peut-être plus dynamique, ce que j’appellerai le train-train quotidien.

En effet, des comités de secteur, très au fait de la réalité du terrain, plus en adéquation avec leur réalité locale, doivent être peut-être plus souvent des acteurs locaux de leur région. Il faut sans doute pour cela s’ouvrir plus encore vers les réalités locales, inviter des personnalités locales, donner son avis, s’exprimer, prendre des initiatives, qu’ils soient du monde économique ou politique, ils seront nécessairement amenés à plus prendre l’initiative, la parole à brasser plus d’idées et à avoir peut-être une place plus déterminante sur l’actualité locale pour que localement, la CSC soit plus présente dans la réalité quotidienne locale.

Peut-être faudrait-il aussi, organiser des mini forums locaux, inviter des délégués, des affiliés, voire de temps en temps des personnes qui ne sont peut-être pas encore affiliées à notre organisation syndicale mais qui pourraient le devenir, à des informations, à des réflexions à développer par ces secteurs. Sans doute, l’équipe de permanents s’occupant de la formation a-t-elle aussi des kits d’animation à construire qui pourraient être utilisés par ces comités de secteurs ou causes spécifiques.

Merci

Je m’en voudrais, avant de clôturer ce petit mot, de ne pas remercier l’ensemble des collègues, pour la confiance qui m’est aujourd’hui donnée et parmi ceux-ci je voudrais mettre en avant une équipe que j’ai découverte au cours de ces quatre années avec une autre paire de lunettes, comme on dit, c’est l’équipe des permanents interprofessionnels.
Avec, il est vrai, des ressources humaines qu’on aurait espérer plus conséquentes, mais tout le monde sait la réalité que l’on a, des missions qui se sont élargies, je pense qu’au quotidien, l’équipe interprofessionnelle de la fédération de Liège-Huy-Waremme fait un travail formidable.

Pour avoir participé durant ces quatre ans à plusieurs réunions de permanents inter, je voudrais, ici, devant l’ensemble des militants du conseil fédéral, dire combien la confrontation de ces collègues permanents inter aura été prépondérante dans mon cheminement par rapport à mon investissement de l’interprofessionnelle, l’utilité, l’efficacité de celle-ci. Les centrales ont sans doute parfois beaucoup à apprendre et à s’inspirer du fonctionnement du groupe des interprofessionnels.
Manifestement, nous gagnons tous les uns et les autres, à investir dans l’interprofessionnelle et à sortir de nos problèmes, parfois très importants – je le concède, de nos centrales et s’ouvrir sur les véritables enjeux de société.

Enfin, j’aurai un mot pour Roger [Parthoens], qui avec Georges Sels et Louis Smal, m’ont convaincu, il y a quatre ans d’être candidat et qui m’ont piégé, parce que ce n’était que quelques réunions de plus alors que je dois bien concéder qu’aujourd’hui le poste de la fonction de président me prend un temps très important, mais ô combien intéressant et motivant.
Alors, à ma vieille fripouille, Roger, qui est ici dans la salle, je voudrais quand même le remercier de m’avoir tendu ce piège-là.

[Le président termine par des remerciements plus personnels à son épouse et aux responsables de la CSC Enseignement sur Liège sans qui il ne pourrait assumer la lourde tâche de président]