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Du Rivage-en Pot à l’Île aux Corsaires

samedi 24 septembre 2005

Ce samedi 24 septembre de l’an de grâce 2005, neuf courageux et valeureux bipèdes et un quadrupède guidé par un autre bipède de la même race que les premiers se sont retrouvés sous un soleil d’un bleu parfait et quelques cumulus de beau temps qui jouaient dans le ciel comme pour leur faire des clins d’œils.

Ce groupe s’était donné rendez-vous au quai Glosner à coté du début du canal de l’Ourthe, juste à l’entrée qui se nomme Rivage-en-Pot, nom à l’origine des temps incertain.

Après avoir emprunté le lé, nous faisions déjà nos premières rencontres botaniques : des arbres étranges comme le poirier saule et d’autres arbres venu de l’Est, de l’Asie, de régions très lointaines, arbres que les aventuriers et autres prêtres ont rapporté de leurs évangélisations.

Notre guide et ses paroles à remonter le temps, nous a appris que le canal s’intégrait dans un projet vaste mais surtout utopique de relier la Meuse et le Rhin via les différents cours d’eaux tels l’Ourthe, la Wiltz, la Sûre et la Moselle. A l’époque et pour ce qui nous concerne directement, c’est à Comblain-au-Pont que cette partie du canal s’est arrêtée. C’est un travail titanesque digne d’un plan Marchal d’un autre âge, mais après celui des Pyramides et des Cathédrales.

Rivage-en-Pot se traduit par "débouché dans la Meuse" ; il représente un travail gigantesque qui a véritablement commencé en 1847 et qui s’est poursuivi jusqu’en 1857. Nos bipèdes allaient de découvertes en découvertes, ils ont même rêvé qu’ils étaient à bord d’une "bètchète" (petite embarcation) et qu’ils avaient passé les deux écluses entre Rivage-en-Pot et Chênée.

Mais c’était bien à pied que nos bipèdes longeaient le canal où d’autres bipèdes avec des cannes et des hameçons taquinaient les poissons, et où d’autres "pénichards" se tenaient au soleil avec une boisson à la main.

Mais revenons à notre canal : le tronçon entre Chênée et Comblain-au-Pont présentait onze barrages et quinze écluses. A cette époque il servait surtout au transport de la pierre de taille, à paver, des moellons et du bois pour les mines. Sur la partie de Chênée à Tilff, c’était le zinc en lingots et en feuilles qui était transporté depuis l’usine Vieille-Montagne qui s’était déjà installée à Angleur en 1838.

En passant nos amis ont découvert deux petits ponts de chemin de fer construits par la Société du Nord belge en 1849 et 1850. Un peu plus loin nous découvrons un petit pont-levis dit pont Marcotty, nom d’un moulin qui utilisait la force motrice de l’eau du biez des Aguesses. Construit en 1852, il est classé depuis 1983.

En étant derrière le parc d’affaires Zénobe Gramme et le complexe commercial "Belle-Île", le lit du canal fut déplacé fin des années nonante pour réaliser la liaison autoroutière E25-E40. Pendant la réalisation de ces travaux, on a découvert la bouvière, un poisson de petite taille, très rare. Protégé en Europe (Natura 2000), il a la particularité de pondre ses œufs dans les moules d’eau douce.

Enfin voici l’île aux corsaires ; l’origine de cette terre liégeoise remonte au début du 19ème siècle. En effet la production de zinc date de cette période. En 1806 un décret impérial de Napoléon 1er concédait l’exploitation du gisement calaminaire hydraté de zinc de la "Vieille-Montagne" à la Calamine (calamine : mot désignant un silicate hydraté de zinc) à Jean-Jacques Dony. Il y aurait beaucoup et encore beaucoup à dire sur cet endroit d’un point de vue industriel.

Mais nos bipèdes ont également appris que ce site est très pollué par le dioxyde de soufre et par des poussières de zinc et de plomb. Cette pollution a contribué à la création sur la rive droite d’une pelouse rase dite calaminaire à Chênée-Thiers et sur la rive gauche, de la lande de Streupas. Des quantités importantes de résidus, de scories sur cette Île aux Corsaires, font que maintenant sur ces anciens crassiers (ou terris ou "haldes") en bordure du canal s’est développée une flore riche en zinc, notamment la pensée calaminaire qui fleurit en abondance de mai à octobre. Cette plante superbe sert de nourrice à une chenille d’un papillon diurne : le petit Nacré. D’autres plantes poussent encore comme le Tabouret calaminaire, le gazon d’Olympe calaminaire et enfin le silène enflé calaminaire. Bien d’autres sont encore présentes mais la liste serait très longue.

Il y aurait beaucoup a dire aussi sur l’évolution de tout ce qui a fait et fait encore la vie du canal mais rien ne vaut un après-midi comme viennent de la réaliser nos bipèdes pour en découvrir toutes les saveurs. Tout y était : histoire, flore, faune, industrie, économie, un Ravel, une réserve naturelle RNOB et une expérience d’une turbine hydroélectrique d’une puissance de 485 kilowatts sur un caisson flottant sur l’Ourthe juste à côté des oiseaux d’eau : hérons, cormorans, grèbes huppés, ….

Un bipède bien présent ce jour-là