Fédération de Liège Huy Waremme

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Bienvenue sur le site du MOC (Mouvement Ouvrier Chrétien) de Liège-Huy-Waremme en Belgique. Parcourir notre site vous permettra de faire plus ample connaissance avec notre projet, nos actions, nos propositions. Le MOC est l’organe de coordination des organisations sociales du monde ouvrier (...) lire la suite

« Nous défendons aussi un projet de société »

lundi 25 février 2008

Depuis plus d’un an, Rudolphe Bastin dirige la Mutualité Chrétienne de Liège. Entre l’installation d’un nouveau système informatique, la rénovation du bâtiment place du XX août à Liège, et un contexte de plus en plus concurrentiel dans le domaine de la santé, l’année 2007 aura été pour lui une année riche en changements !

La Mutualité chrétienne est la seule des organisations constitutives du MOC à devoir évoluer dans un contexte concurrentiel de type commercial, comment se positionne-t-elle par rapport à cette situation ?

La dualité de la Mutualité Chrétienne fait partie de son identité. Nous sommes un mouvement social, c’est notre histoire, notre légitimité, mais nous sommes aussi une entreprise d’assurance. Cette dualité rend la gestion au quotidien certainement plus difficile mais nous voulons transformer cette spécificité en richesse car elle nous permet aussi d’être en lien direct avec nos affiliés. Dans ce contexte, il est important d’expliquer cette recherche permanente d’équilibre à nos affiliés. Rappeler que bien sûr nous sommes une entreprise de services qui nous oblige à proposer le meilleur service mais que nous n’avons pas que cette optique-là. Nous sommes là, aussi, pour défendre un projet de société qui vise à garantir l’accès à des soins de qualité pour tous.

As-tu des craintes concernant les prochaines négociations communautaires face à un risque de régionalisation des soins de santé ?

Je pense que l’on peut être rassuré à court terme sur le risque de détricotage de la solidarité interpersonnelle en matière de soins de santé. La CSC-ACW adopte, d’ailleurs, un discours très clair pour le maintien d’une sécurité sociale forte et solidaire. Maintenant cela dépend du monde politique qui a la main dans ce dossier et des formules qu’ils vont trouver pour calmer les tensions communautaires. Car si la situation actuelle d’une surenchère permanente continue, cela aura, à moyen ou long terme, des conséquences sur le mécanisme de couverture des soins de santé.

Quel est le risque principal d’une régionalisation des soins de santé ?

Le maintien de la solidarité nationale est le meilleur argument contre le risque de marchandisation du domaine des soins de santé. Plus le système a une base large en le préservant du profit, plus on garantit des soins de qualité à la plus grande partie de la population.

Même si le système de sécurité sociale belge est considéré comme étant un des plus performants au monde, il demeure quand même de grandes inégalités en matière de santé. Quelles mesures propose la Mutualité Chrétienne pour lutter contre cet état de fait ?

Notre première revendication est la revalorisation des indemnités de maladie qui s’inscrit plus largement dans celle de la liaison au bien-être. Il y a un décalage entre le coût de la vie et les revenus de remplacement qu’il faut rattraper. Certaines catégories de personnes, en particulier les personnes âgées, sont aujourd’hui obligées de reporter des soins ou ne savent plus payer leurs médicaments car leur pension ne suffit plus à répondre à l’augmentation du coût de la vie. La liaison au bien-être est une mesure essentielle pour nous et dont le coût budgétaire est totalement supportable. A l’heure du débat sur les intérêts notionels, il est important de rappeler qu’il s’agit d’un choix politique d’affectation de moyens.
La deuxième revendication, par rapport à laquelle des avancées ont déjà été obtenues, concerne l’accès aux soins en milieu hospitalier. Grâce à de nouvelles mesures prises par l’ancien ministre de la santé, Rudy Demotte, une part de financement public des hôpitaux est aujourd’hui liée au respect par l’hôpital d’une tarification plus juste en chambre commune et à deux lits. Si bien qu’avant de décider de réclamer ou pas des suppléments d’honoraires en chambre commune ou à deux lits, les hôpitaux y réfléchissent maintenant à deux fois. La pratique hospitalière évolue donc dans le bon sens.

Quelle utopie as-tu envie de défendre pour les années à venir ?

Je parlais de l’importance de garder une sécurité sociale fédérale comme meilleur moyen pour garantir un accès à des soins de qualité à tous ; idéalement, il faudrait créer une sécurité sociale supranationale, c’est-à-dire à l’échelle européenne. Créer une Europe sociale qui mettrait au cœur de ses priorités le bien-être des citoyens et non plus les seuls intérêts des marchands, voilà un combat essentiel à mener aujourd’hui pour un mouvement social comme le nôtre.