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Delfosse Antoine (1895-1980)

mercredi 20 mai 2009

Notice biographique publiée dans "DELFORGE Paul, DESTATTE Philippe, LIBON Madeleine (direction), Encyclopédie du Mouvement wallon. Tome I. Lettres A-E, Charleroi, Institut Jules Destrée, mars 2000, 583 p."

Né à Opprebais (Sart-Risbart) le 25 juin 1895, décédé à Liège le 5 juin 1980.

Après ses études secondaires au Collège Notre-Dame de la Paix à Namur, Antoine Delfosse entame un cursus universitaire à l’Université de Liège qui le mènera au doctorat en droit (1920) et au doctorat en philosophie et lettres (philologie classique). Inscrit au Barreau de Liège (1920), il plaidera à la Cour d’Appel de cette ville.

Président de la Fédération des Mutualités chrétiennes de la province de Liège pendant de longues années, Antoine Delfosse siège au Conseil provincial de Liège (1929-1939) puis à la Chambre en tant que député démocrate-chrétien de l’arrondissement de Liège, de 1939 à juin 1945.

Président de la Ligue des Travailleurs chrétiens liégeoise (LTC) peu avant 1940, il a été ministre du Travail et de la Prévoyance sociale d’avril à septembre 1939 et assume le portefeuille du Ravitaillement et de la Résorption du chômage jusqu’au 5 janvier 1940 puis celui des Communications, PTT et INR, jusqu’au 10 mai.

Dans le débat des années trente, en Belgique, sur la réforme de l’État, le corporatisme voire l’Etat autoritaire sont à l’honneur dans certains milieux, catholiques en particulier. C’est dans ce contexte qu’il convient de situer l’article publié par Antoine Delfosse dans La Terre wallonne de novembre 1934. Il y présente l’expérience portugaise en tant que contribution à la réforme de l’Etat. L’appréciation qu’il donne de la nouvelle Constitution votée en 1933 est globalement positive. Relevant que le pouvoir exécutif est dans les mains du Président de la République et que le régime de Salazar est nettement antiparlementaire, il ne signale qu’un seul point sombre dans ce corporatisme : c’est le syndicat unique. Comme l’indique une note infrapaginale, si, de tradition à La Terre wallonne, la liberté est laissée aux collaborateurs, la rédaction de la revue tient néanmoins à rappeler sa position à l’égard de la dictature, c’est-à-dire l’opposition.

Malgré ses flottements politiques d’avant juin 1940, Antoine Delfosse joue un rôle certain dans la Résistance : rédacteur du journal clandestin L’Espoir, organisateur de l’Armée de libération (fin 1940) et participation à Clarence, le réseau de renseignements. En juin 1942, après l’arrestation de certains de ses amis, dont l’avocat Nicolas Monami, Antoine Delfosse se sent brûlé. Aussi, rejoint-il l’Angleterre, qu’il atteint le 20 août, et réintègre le gouvernement belge qui lui confie le ministère de la Justice (octobre 1942-1944) où il prépare la répression et l’épuration de l’après-guerre. De 1944 à 1948, il préside la Commission des Crimes de Guerre instituée par le gouvernement.

Le pays à peine libéré, certains projets élaborés à Londres pendant les années de guerre sortent de l’ombre. Ainsi l’idée de constituer une force politique travailliste : l’Union démocratique belge (UDB), née officiellement le 24 septembre 1944. Antoine Delfosse assure la présidence de son comité provisoire avant de présider le parti, constitué comme tel le 17 juin 1945. Quelques jours plus tard, il démissionne du groupe catholique à la Chambre. Tout comme l’UDB, Antoine Delfosse s’oppose au retour du roi Léopold III il le fait savoir, le 25 juillet, devant les députés.

La courte expérience gouvernementale de l’UDB n’est guère valorisée par les électeurs, lors des législatives de février 1946. Dès lors, le parti entame une dissolution progressive. En juin, Antoine Delfosse démissionne de son mandat présidentiel tout en restant membre coopté du bureau national. Cette première expérience travailliste avait vécu.

Membre du comité provincial liégeois de Rénovation wallonne (octobre 1945) et de son comité consultatif central (1945), Antoine Delfosse fait partie du comité organisateur du Congrès national wallon des 20 et 21 octobre 1945. Il y représente Rénovation wallonne et est chargé de défendre la thèse d’un "régionalisme fédéral assurant à la Wallonie une part égale d’influence au niveau central et un large champ d’autonomie au niveau régional". A l’issue du Congrès national wallon de 1945, il est désigné comme membre de la Commission des questions constitutionnelles chargée de mettre en forme le fédéralisme adopté par les congressistes. Néanmoins, au Congrès wallon de mai 1946, Antoine Delfosse, avec d’autres membres de Rénovation wallonne, s’abstient lors du vote sur le projet formel de fédéralisme proposé. Un communiqué à la presse fait connaître les motifs de cette abstention, à savoir, en particulier, le principe de la confédération d’Etats et le droit de sécession.

Membre du bureau de Rénovation wallonne en 1962, Antoine Delfosse préside le deuxième congrès du mouvement qui se tient à Namur le 13 janvier. Cette même année, il est membre du Comité de Défense des Libertés démocratiques qui organise, le 17 mars, une manifestation pour le retour des Fourons à la province de Liège. Deux ans plus tard, il fait partie du Comité d’Action travailliste créé à l’initiative d’André Genot (Mouvement populaire wallon) et de Robert Royer (Rénovation wallonne). Une première réunion se tient à Namur, le 23 mars ce sera la seule. Le projet renaîtra dix ans plus tard.

Bibliographie :

- Beerten W., Le rêve travailliste en Belgique. Histoire de l’Union démocratique belge. 1944-1947, Editions Vie Ouvrière, Bruxelles, 1990, passim
- Huyse L. et Dhondt S., La répression des collaborations. 1942-1952. Un passé toujours présent, CRISP, Bruxelles, 1993, passim
- Royer R., Histoire de Rénovation wallonne, Bruxelles, 1973, passim