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La misère n’est pas inéluctable

Editorial de Regards

octobre 2007, par Jouffroy Jean-Jacques, Schreuer Jean-Marie

Dans ce numéro, vous trouverez un dossier sur la précarité des femmes et un article sur la journée contre la misère qui doivent nous inciter à réfléchir aux causes pour agir comme mouvement social dans le débat politique.

La misère et la précarité n’existent pas par hasard. Elles proviennent d’abord des inégalités de notre société, d’une répartition des richesses qui fait la part de plus en plus belle aux nantis qui disposent d’une part de plus en plus grande du patrimoine du pays. C’est une des conséquences du libéralisme triomphant pour qui la valeur suprême n’est plus l’homme mais l’argent.

Pour agir, pour lutter contre les exclusions et les inégalités, nous avons construit au fil des siècles deux outils principaux : la fiscalité et la sécurité sociale.

La fiscalité, par son caractère obligatoire et sa progressivité, oblige chaque citoyen à contribuer d’une manière juste aux besoins de la société : plus on est riche, plus on a des capacités de payer. Nous voyons aujourd’hui que les thuriféraires du libéralisme veulent saper ces fondements en diminuant, par des réformes fiscales, l’impôt global à payer, en permettant, par des mesures spécifiques, aux riches de payer moins. Nous sommes ainsi entrés dans la course infernale à la diminution de la fiscalité qui aura pour conséquence immédiate de diminuer les services publics offerts, obligeant chacun à se les procurer sur le marché ; ce que les riches pourront obtenir, les pauvres ne le pourront plus.

La sécurité sociale est un outil merveilleux permettant d’assumer collectivement des risques subis par chacun : la maladie, le chômage, l’invalidité, l’âge. Défendre la sécurité sociale mais aussi l’étendre aux nouveaux besoins (comme ce que nous voulons faire par l’assurance autonomie) est fondamental pour garantir à chacun une sécurité d’existence de plus en plus mise à mal par l’organisation économique et sociale d’aujourd’hui.

L’enjeu politique est donc pour nous, dans les prochains mois, de lutter contre les volontés de diminuer la fiscalité et la sécurité sociale. Les enjeux de demain, entre autres ceux liés aux pensions et à la santé, doivent être discutés et négociés collectivement. Nous devons peser de tout notre poids, qui est la force conjuguée de chacun, pour construire un avenir plus serein et plus sécurisé où la justice serait respectée et où la charité ne serait plus nécessaire.

Enfin redisons que la misère du tiers monde aujourd’hui est aussi le fruit des inégalités et de l’exploitation de ces pays. Elle aussi n’est pas inéluctable si nos pays occidentaux (et leurs sociétés multinationales) acceptent un peu plus de justice dans les échanges internationaux et si nous acceptons un partage plus juste des richesses de notre monde.

Jean-Jacques Jouffroy et Jean-Marie Schreuer