Fédération de Liège Huy Waremme

Naviguer par mots-clés...

Qui sommes-nous ?

Bienvenue sur le site du MOC (Mouvement Ouvrier Chrétien) de Liège-Huy-Waremme en Belgique. Parcourir notre site vous permettra de faire plus ample connaissance avec notre projet, nos actions, nos propositions. Le MOC est l’organe de coordination des organisations sociales du monde ouvrier (...) lire la suite

Les mesures prises par le Gouvernement pour réduire la facture "chauffage" des particuliers

Position du MOC national

lundi 12 septembre 2005

Après deux semaines de tergiversations et d’effets d’annonce médiatiques, le Gouvernement fédéral vient de décider d’une réduction de la TVA sur le mazout de chauffage. Et cela, alors que les libéraux, Premier Ministre et Ministre des Finances–Président du MR en tête, avaient proposé qu’un chèque-énergie soit accordé à tous les ménages.

Il y a fort à parier qu’une fois de plus, le citoyen ne comprenne rien à ce qui vient de se passer, et qu’il s’estime floué par ses responsables politiques.

Le résultat nous paraît mauvais pour trois raisons.

Sur un plan social, d’abord, la mesure envisagée est encore plus inégalitaire que le chèque forfaitaire des libéraux, et a fortiori que le chèque modulé évoqué à un moment par le PS (selon les catégories de revenus, les ménages disposant de plus de 3.500 € nets par mois ne recevant rien). En effet, à moins de fixer un montant maximal, ce qui ne semble pas avoir été fait, l’économie réalisée suite à la réduction de TVA sera proportionnelle à la facture, donc d’autant plus forte que la commande sera importante (même s’il est prévu de limiter la mesure à une seule commande par ménage, ce qui ne sera pas simple à contrôler…). Les gros consommateurs "récupèreront" donc davantage que les petits.

Par ailleurs, l’absence de réponse au surcoût "chauffage" des collectivités (écoles, crèches, maisons de repos, hôpitaux, etc.) risque de les mettre devant un choix douloureux : soit reporter le coût sur les usagers ; soit rogner sur les budgets de fonctionnement, et donc sur la qualité du service. Dans les deux cas, c’est le citoyen qui sera une fois de plus pénalisé.

Sur un plan politique, ensuite, cette mesure, et le lamentable spectacle politico-médiatique qui l’a précédé, ne peut qu’aggraver encore le ressentiment des citoyens vis-à-vis des gouvernants ; ceux-ci porteront en tout cas la lourde responsabilité d’avoir inconsidérément lancé des promesses qu’ils n’ont pas été capables de tenir. D’autant plus qu’ils semblent tout aussi incapables d’obtenir la moindre contribution de ceux qui tirent des hyper-profits du prix du pétrole, alors qu’une timide avancée avait été réalisée à ce sujet lors de la création du fonds social sous la précédente législature.

Sur un plan environnemental enfin, et plus globalement en ce qui concerne la préoccupation du développement durable, cette mesure illustre dramatiquement l’incapacité du Gouvernement à réfléchir et faire des choix politiques qui vont au-delà du court terme : hormis l’augmentation de la réduction fiscale pour les investissements en économie d’énergie (mais qui est donc réservée à ceux qui payent des impôts et qui n’intervient qu’a posteriori), et la création d’un fonds d’économie d’énergie (qui doit permettre aux ménages défavorisés de bénéficier de prêts pour réaliser ce type de travaux, ce qui est une bonne mesure, mais on attend impatiemment l’activation du fonds social « Kyoto » qui devait précisément servir à cela !), l’essentiel de la dépense porte donc sur une mesure qui n’encourage vraiment pas à consommer moins, bien au contraire, et qui en tout cas ne règle strictement rien pour l’avenir. Or, comme il est probable que le pétrole restera cher, le Gouvernement va-t-il devoir régulièrement en diminuer le prix en réduisant la TVA ? C’est évidemment insensé !

Il est donc regrettable de ne pas profiter, au moins en partie, des recettes supplémentaires d’accises et de TVA engrangées par l’Etat pour véritablement mettre en œuvre à l’échelle du pays une politique de développement massif des économies d’énergie et d’investissement dans les énergies alternatives, seule piste sérieuse pour réduire durablement la facture énergétique et qui peut être génératrice de richesse économique et de création d’emplois importante dans notre pays.

Voici donc une importante occasion manquée par le Gouvernement, dommageable pour l’avenir de tous.