Fédération de Liège Huy Waremme

Naviguer par mots-clés...

Qui sommes-nous ?

Bienvenue sur le site du MOC (Mouvement Ouvrier Chrétien) de Liège-Huy-Waremme en Belgique. Parcourir notre site vous permettra de faire plus ample connaissance avec notre projet, nos actions, nos propositions. Le MOC est l’organe de coordination des organisations sociales du monde ouvrier (...) lire la suite

Les salaires sont trop élevés ? Vraiment ?

Editorial de Regards

novembre 2008

Dans les discussions qui commencent pour un nouvel accord interprofessionnel, les patrons sont montés au créneau, affirmant que les salaires évoluent trop vite, qu’aucune marge d’augmentation n’était possible, alors que le rapport technique du Conseil Central de l’Economie affirme que l’évolution des coûts salariaux en Belgique est responsable.

Limiter le débat aux coûts salariaux est pour le moins réducteur. La compétitivité s’explique en effet également par d’autres facteurs importants pour lesquels l’économie belge est moins bien placée que ses voisins : un déficit d’activités dans des secteurs à haut contenu de connaissances, une formation des travailleurs plus faible, un coût de l’énergie plus important et une inflation plus forte. Et le monde patronal oublie aussi le coût de la rémunération du capital, trop heureux de voir centrer l’attention sur le coût salarial et donc sur les travailleurs.

Quand on examine l’évolution des coûts salariaux, on voit que, là aussi, les inégalités se creusent : les salaires les plus élevés augmentent plus de deux fois plus vite que les salaires les plus faibles. Dans les négociations interprofessionnelles, rattraper, au moins un peu, cet écart est possible en prenant des mesures en faveur des plus bas revenus.

Enfin, on ne peut mener un débat correct sans parler de la répartition globale des richesses au travers de l’évolution de la part des salaires dans l’ensemble du PIB. La part salariale de l’économie marchande (intégrant la rémunération du travail des indépendants) se situe en 2006 à 58,4% du PIB, perdant depuis 1980 près de 10% et se situant à un niveau bas. Et le monde patronal voudrait diminuer plus encore les salaires des travailleurs sans poser la question fondamentale de la répartition de la richesse entre les acteurs sociaux.

L’Etat doit donc jouer son rôle de régulateur, entre autres à partir de politiques fiscales qui sont aujourd’hui tellement perverties que les plus riches contribuent moins que tous les autres aux besoins collectifs. Une fiscalité globale et progressive est une revendication juste et équitable qui permettrait d’ailleurs de diminuer la fiscalité sur les plus bas des revenus ! Il faut augmenter, en Belgique comme chez nos voisins, les revenus des travailleurs mais pas seulement au travers du salaire.

Développer l’emploi, augmenter la cohésion sociale, diminuer les inégalités, augmenter le pouvoir d’achat sont certainement quatre objectifs qu’une société juste se doit d’atteindre.

Jean-Jacques Jouffroy et Jean-Marie Schreuer