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Libéralisation et régulation

Editorial de Regards

octobre 2006, par Jouffroy Jean-Jacques, Schreuer Jean-Marie

La libéralisation du secteur de l’électricité et du gaz que présente notre dossier est un enjeu essentiel tant dans ses dimensions individuelles que collectives. La commission européenne oblige chaque état membre à procéder à cette libéralisation car pour elle la concurrence est le meilleur moyen de réguler le marché, de lui donner des règles. Et ce quelles qu’en soient les conséquences en termes d’emploi, d’environnement ou de réponse à des défis à long terme pour notre planète. De plus cette politique européenne se fait, selon ces ayatollahs libéraux, sans aucun retour possible à la situation antérieure même si cette politique se révèle néfaste comme cela s’est passé en Californie quand l’électricité a été libéralisée.

Selon les chantres de l’économie libérale, la libéralisation des marchés ne pourrait être que favorable aux consommateurs car ils paieraient un prix réduit ... en oubliant que ces mêmes consommateurs sont également des travailleurs et des citoyens. Il n’est pas démontré, tant dans le court que dans le long terme, que la libéralisation amène automatiquement une baisse des prix. De plus, le marché sera nettement plus complexe et plus incompréhensible pour le citoyen moyen : qu’il suffise de citer les dizaines de tarifs différents, peu comparables, pour les GSM.

Une éventuelle baisse des prix sera aussi plus importante pour les gros consommateurs (entre autres les grandes entreprises) que pour les petits. La libéralisation entraînera inévitablement des fluctuations importantes du prix (et donc une instabilité de celui-ci) car le prix moyen risque d’être guidé par la valeur marché du dernier kilowattheure produit. En faisant le choix de la libéralisation, on fait donc également le choix du risque et de la spéculation.

Nous craignons que la libéralisation soit un moyen pour remplacer des monopoles publics par des monopoles privés, pour que le marché soit contrôlé par quelques sociétés transnationales au lieu de l’être par les sociétés publiques nationales. L’Europe démantèle les monopoles publics mais assiste, sans beaucoup réagir, à l’émergence de monopoles privés assurant un bénéfice privatisé à partir d’activités collectives. La fusion Suez – GDF en discussion aujourd’hui en est-elle un avant-goût ?

Nous ne sommes pas par principe partisans d’une économie étatique avec ses dérives et, parfois, sa faible efficience mais nous croyons que, pour tous les biens collectifs essentiels, une régulation forte est indispensable, quelle qu’en soit sa forme.

Nous exigeons donc des autorités publiques qu’elles garantissent à chaque citoyen un droit d’accès à l’énergie ; qu’elles mettent en place des organismes de régulation forts permettant d’assurer des prix corrects à chaque citoyen ; qu’elles obligent à intégrer dans la politique des sociétés la réponse aux enjeux du futur, qu’ils soient énergétiques ou environnementaux.