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Thierry Jacques, président du MOC, à propos des communales 2006

mercredi 11 octobre 2006

Thierry Jacques, président du Mouvement ouvrier chrétien (MOC), analyse les résultats des élections communales et provinciales. Il estime qu’il faudra juger les majorités sur leurs réalisations. Et se dit préoccupé par le nombre des votes blancs.

Durant toute la campagne électorale, le MOC a largement informé et sensibilisé les citoyens sur les enjeux fondamentaux de ces élections. Des débats ont été organisés dans de nombreuses communes en Wallonie et à Bruxelles. Au lendemain du scrutin, Thierry Jacques analyse les premiers résultats électoraux.

Au regard du programme et des enjeux portés par le MOC, quel regard portez-vous sur les résultats de ces élections communales et provinciales ?

Il est difficile de porter une appréciation générale. Lors des élections communales, le vote se porte davantage sur des personnes et il concerne des enjeux locaux. C’est donc une situation fort différente de celle des autres scrutins.

Le vote provincial permet sans doute de se faire une idée plus précise de l’état des partis. Cette analyse est possible en Wallonie, mais pas à Bruxelles où il n’existe plus de province.

Actuellement, dans les communes, on est encore à ce que l’on pourrait appeler un "second tour" : les négociations pour la constitution des majorités. Il faudra donc juger sur les faits. Dès le mois de décembre, le MOC se penchera sur les déclarations de politique générale prises par les majorités en place et les analysera à l’aune de ses objectifs propres. En attendant, il est difficile de dire si les nouvelles majorités rencontreront les objectifs que nous jugeons prioritaires, même si nous l’espérons. Surtout de la part des majorités de progrès.

L’extrême droite semble avoir arrêté sa progression en Flandre même si elle prend pied dans des communes où elle était absente. Est-ce le début d’un reflux et cela peut-il influencer la Wallonie et Bruxelles où elle enregistre à certains endroits des scores non négligeables ?

On doit évidemment se réjouir que les électeurs d’Anvers aient arrêté une progression de l’extrême droite qui paraissait inexorable. Reste maintenant à en analyser les raisons : il y a d’une part la personnalité du bourgmestre lui-même, mais il y a aussi l’investissement que sa majorité a réalisé dans les quartiers, à la rencontre des citoyens, en termes d’enjeux collectifs.

Au MOC, nous avons toujours dit que c’est la manière dont les partis politiques démocratiques doivent travailler. Le Blok/Belang s’installe dans une série d’endroits où il n’était pas présent jusqu’ici, mais globalement le nombre de ses électeurs est en diminution : 80.000 électeurs en moins.

Ceci nous montre bien que le combat pour la démocratie, contre les extrémismes, n’est jamais terminé. Il doit continuer toujours et partout, y compris en Wallonie et à Bruxelles !

Chez nous, les résultats de l’extrême droite restent assez limités, mais elle présente des listes dispersées. A Charleroi, il y avait trois listes d’extrême droite et deux d’entre elles n’ont pas d’élus. Si elles s’étaient présentées ensemble sur une seule liste, celle-ci totaliserait environ 15% des voix – soit plus que le CDH ou Ecolo – et aurait un nombre significatif d’élus. Il faut donc continuer à informer, à sensibiliser et, surtout, à s’occuper concrètement des enjeux qui touchent les gens.

Un certain nombre de candidats ont dénoncé une campagne électorale dure, avec des attaques personnelles. Comment expliquez-vous cette situation ?

Les affaires qui ont "animé" ces derniers mois sont pour beaucoup dans la tension que l’on a ressentie durant la campagne. Au MOC, nous pensons qu’il fallait que ces affaires soient dénoncées et puis jugées. Les responsables de ces "affaires" en ont généralement fait les frais et c’est bien ainsi.

Toutefois, la médiatisation a été si forte que cela a parfois occulté les enjeux de fond. C’est le cas, par exemple, pour le logement : on a dénoncé les malversations dans les sociétés de logements sociaux et c’est bien ; mais on n’a pas parlé assez du manque récurrent de logements, du coût exorbitant des loyers et des charges qui grèvent l’essentiel des revenus de certains ménages et génèrent la pauvreté…

Au MOC, nous avons introduit ces débats-là dans la campagne, cela a été notre apport. La discussion en profondeur sur les enjeux donne de la sérénité à la campagne ; cela permet de montrer les vrais enjeux et de bien cerner les différences des conceptions politiques : certains veulent promouvoir le progrès, d’autres ne souhaitent pas que les choses changent. A l’inverse, de nombreux candidats, de diverses formations, m’ont dit l’excellent accueil qu’ils ont reçu sur les marchés et, surtout, quand ils sont allés à la rencontre des gens, chez eux. C’est encourageant, car cela peut contribuer à contrer le désintérêt des gens vis-à-vis du politique. En effet, ce désintérêt est préoccupant : il semble qu’il y ait eu, dimanche, de 10 à 20% de votes blancs. Au MOC, cela doit nous interpeller.

Entretien : Anne-Marie Pirard sur le site de la CSC