Retour sur le cycle de visites organisé par le CIEP Liège dans nos parlements

Dans le cadre des élections régionales, fédérales et européennes de mai 2019, le CIEP du MOC de Liège a organisé entre février et avril, en plus de nombreuses animations sur les enjeux des élections et le fonctionnement de nos institutions, un cycle de visites des parlements wallon, fédéral, européen en collaboration avec CIEP Culture

Dans une optique d’éducation permanente, cœur de l’action du CIEP de Liège, ces visites se voulaient interactives et multi culturelles : citoyens, stagiaires et militants de différentes organisations liées au MOC se sont vu rassemblés, le temps de trois journées, à la découverte de la vie politique Belge et Européenne. Des parlementaires avaient en outre été invités afin de répondre aux questions des groupes et partager leur expérience de terrain.

Visite du parlement fédéral – Le 4 février

Le 4 février 2019, trois groupes distincts prenaient la route ensemble pour une journée de découverte : des habitués des activités culturelles organisées par le CIEP Culture, des apprenants d’origines étrangères du Centre d’alphabétisation et d’insertion Agora, ainsi que les stagiaires du centre d’insertion socio-professionnelle Alter Form.

Après une courte matinée à la découverte de Bruxelles et son histoire, les participants se sont dirigés vers le parlement fédéral pour une visite du bâtiment ponctuée d’un échange avec deux députées qui avaient répondu favorablement à la demande que nous avions adressée aux principaux partis : Vanessa Matz (CDH) et Sarah Schlitz (ECOLO).

Face à Sarah Schlitz, c’est l’âge de la jeune femme qui interpelle unanimement les participants  : comment devient-on et vit-on le fait d’être députée fédérale à seulement 32 ans ? «  Je remplace Murielle Gerkens depuis octobre 2018 » explique-t-elle ; une députée plus expérimentée mais que le décumul des mandats a poussé à démissionner du parlement. Mademoiselle Schlitz en était la suppléante. « Etre une jeune femme au parlement, c’est un défi ! », enchaîne-t-elle, « je fais partie d’une tranche de la population sous-représentée au pouvoir. »

Rapidement, les apprenants de la filière aide-soignant(e)s d’Alter Form et la députée se sont trouvés des intérêts communs : le changement de statut des aides-soigant(e)s alors envisagé par Maggie De Block. Les apprenants n’ont pas tardé à marquer leur inquiétude face au projet de la ministre de la santé : une liste des actes à poser augmentée, pas d’augmentation salariale, un temps de formation inadapté à cette potentielle nouvelle réalité… « Je travaille actuellement sur le dossier, je vais d’ailleurs bientôt interpeller Maggie De Block à ce sujet » explique Sarah Schlitz qui ne voit pas ce projet d’un bon œil. Les craintes des futures aides-soignantes d’Alter-Form ont été entendues, affaire à suivre

A découvrir aussi : Débat politique du MOC – Qu’ont répondu les candidats à la question des stagiaires de la filière aide-soignant.e.s d’Alter Form ?

Visite du parlement européen – Le 12 mars 2019

Le mardi 12 mars, un groupe composé de 20 personnes, bénévoles, usagers et accompagnants de l’asbl Vivre Solidaire de Seraing (colis alimentaires, seconde main, suivi social…) ainsi que d’une vingtaine de personnes issues de l’asbl CIEP Culture, qui favorise un accès à la culture pour tous, s’est rendu en car à Bruxelles pour une visite du Parlement Européen. A cette date, malheureusement, tous les députés européens se trouvaient à Strasbourg et la visite n’a pu bénéficier d’une rencontre avec l’un de ceux-ci.

Les participants ont donc suivi une visite « classique » du parlement européen : installés dans une salle de projection, le groupe a visionné une vidéo décrivant l’histoire, les bienfaits et le fonctionnement de l’Union Européenne, suivie des explications d’une fonctionnaire européenne détachée pour l’occasion afin de répondre aux questions du groupe. Laissant très peu de place au débat et évacuant trop vite les questions légitimes mais parfois très critiques de certains membres de notre groupe, ce genre d’accueil très cadré ne nous semble pas fait pour rapprocher les citoyens d’une institution déjà souvent perçue avec méfiance.

Le point d’orgue de la visite était la découverte du gigantesque hémicycle où les participants ont eu la chance de pouvoir assister et suivre grâce à la traduction une partie de conférence internationale dont l’objectif était de rassembler différents acteurs associatifs et politiques autour de l’avenir et de la reconstruction de la Syrie. Un aperçu « en direct » d’un aspect moins connu de la vie du parlement européen qui a eu le mérite de compenser l’absence de députés.

Visite du parlement Wallon – Premier avril 2019

Le cycle de visite s’est terminé le 1 avril par une visite du parlement wallon à Namur. C’est sous un beau soleil printanier que le groupe, composé de membres de CIEP Culture ainsi que de stagiaires de l’ASBL Mode d’Emploi, une association d’insertion socio-professionnelle de Vie Féminine réservée aux femmes, s’est rendu en train à Namur.

La matinée, qui avait commencé par le visionnage d’un film sur le rôle et le fonctionnement du Parlement, s’est poursuivie par une visite du bâtiment chargé d’histoire.
Le groupe a ensuite pris place dans « l’hémicycle » afin d’échanger avec la jeune députée Zoé Istaz-Slangen (PS) qui avait répondu favorablement à la demande de rencontre que nous avions envoyée aux principaux partis wallons. Si les premières questions étaient plutôt d’ordre factuel (organisation d’une journée de travail, fonctionnement du parlement, rôle des députés…) le débat a ensuite pris une autre tournure, plusieurs bénéficiaires de l’ASBL Mode d’Emploi ont souhaité exprimer leur ras-le-bol face à leurs conditions de vie : difficultés à boucler les fins de mois, à se déplacer, à trouver du travail… « on a l’impression que personne ne nous entend » lance une participante, « les politiciens ne comprennent pas notre situation, ils sont détachés des réalités ! », ajoute une autre.

Face à ce mécontentement manifeste, la députée a fait valoir que son parti était engagé dans une lutte pour une société plus solidaire et que de nombreux moyens était mis en œuvre pour permettre aux citoyens d’être entendu mais que ces moyens étaient parfois sous-utilisés : « Contrairement à ce que l’on peut croire, nous répondons à la plupart des e-mails venant des citoyens », a-t-elle exprimé en tant que parlementaire et d’ajouter que « les débats et prises de décisions ayant lieu au parlement wallon sont diffusés sur RTC » et qu’elle-même n’a pas le sentiment d’être éloignée des citoyens notamment du fait qu’elle était il y a quelques mois encore, directrice d’un CPAS.
Pas sûr que ces arguments aient convaincu l’ensemble du groupe mais cette rencontre, en plus d’en apprendre davantage sur le travail concret de parlementaire, aura eu le mérite de permettre aux participants dont certains en situation sociale précaire, de venir voir d’un peu plus prêt le fonctionnement de notre système représentatif et de s’y exprimer.