Le MOC Liège-Verviers se mobilise contre les visites domiciliaires
Le projet de loi sur les visites domiciliaires s’apprête à autoriser la police à entrer dans un domicile privé pour y arrêter une personne en séjour irrégulier, en dehors de toute procédure pénale classique. Moyennant l’autorisation préalable d’un juge d’instruction, le texte permettrait à la police et aux fonctionnaires de l’Office des étrangers de pénétrer dans un logement (même sans le consentement des occupants et au besoin par la contrainte) pour y arrêter une personne visée par une décision de retour, considérée comme ne coopérant pas et jugée « dangereuse pour l’ordre public ».
Porté par le gouvernement depuis l’été 2025 malgré deux avis très critiques du Conseil d’État, le texte a été adopté en première lecture par la commission de l’Intérieur de la Chambre à la mi-juillet 2026, après plusieurs semaines d’auditions où magistrats, avocats, policiers et associations ont largement convergé dans leurs mises en garde. Il doit encore passer en séance plénière pour un vote définitif, attendu dans les prochaines semaines : rien n’est donc joué.
Ce que cela signifierait concrètement, dans les faits
Derrière les termes juridiques, c’est une réalité très concrète que ce texte autoriserait :
- Le projet permettrait des visites domiciliaires « entre 5h du matin et 21h », y compris donc à l’aube.
- Des familles déjà entendues par le Médiateur fédéral pour les migrations (Myria) décrivent une arrestation menée par un nombre important de policiers, des parents menottés devant leurs enfants, sans même le temps de préparer un bagage.
- Le texte ne prévoit aucune garantie spécifique pour les enfants présents : ni sur leur prise en charge immédiate, ni sur ce qu’il advient d’eux une fois leurs parents arrêtés.
- Ce dispositif touche aussi directement les personnes qui hébergent : familles, amis, réseaux de citoyens solidaires. Une visite domiciliaire pourrait avoir lieu chez elles, de nuit comme de jour, sans qu’elles n’aient rien à se reprocher pénalement.
- Plusieurs organisations, dont la Ligue des familles, alertent sur le risque réel de « criminaliser indirectement la solidarité » : des parents qui accueillent une personne exilée chez eux devraient alors expliquer à leurs enfants pourquoi la police peut surgir dans leur propre maison, au milieu de la nuit, pour quelqu’un qui n’a commis aucun crime.
Enfin, sur le plan de l’efficacité même de la mesure, les chiffres interpellent : le taux de visites domiciliaires aboutissant réellement à une arrestation est passé de 22 % en 2022 à seulement 10 % en 2025. Autrement dit, l’atteinte portée aux droits fondamentaux et à la vie de famille serait, dans l’immense majorité des cas, sans résultat concret sur le plan sécuritaire.
Le MOC dit non et se mobilise à Liège et à Verviers
Le MOC Liège-Verviers, au même titre que le Mouvement Ouvrier Chrétien national et l’ensemble des fédérations régionales du MOC, s’oppose à ce projet de loi. De notre côté, dans les régions de Liège et de Verviers, nous mobilisons actuellement nos groupes locaux contre ce texte et organisons des interpellations auprès des communes, afin de les amener à se prononcer publiquement contre. Plusieurs communes ont déjà adopté ce type de motion : un signal politique que nous voulons voir se multiplier dans nos régions !
Des ressources pour agir
Une large coalition d’associations a mis en place le site VisitesDomiciliaires.be, avec plusieurs ressources utiles :
- Une carte blanche à lire et cosigner
- Une carte interactive des initiatives locales en la matière
- Un formulaire pour rejoindre une action sur le terrain
- Trouvez également des modèles d’interpellations communales sur le site du CNCD11.11.11
- Ainsi que des modèles d’interpellations aux députés sur le site du Ciré
Retrouvez aussi la campagne du MOC national contre les visites domiciliaires, avec les déclarations de plusieurs de nos organisations constitutives.
Vous aussi, mobilisez-vous !
Pour rejoindre la mobilisation dans les régions de Liège et Verviers, suivez notre page Facebook et Instagram !
Le vote définitif n’a pas encore eu lieu : chaque interpellation citoyenne et communale compte encore.