Tag Archive: Solidarité Mondiale

  1. Urgences au Burkina Faso ! Appel à dons de la Mutualité Chrétienne de Liège et de WSM

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    Depuis 2015, des attaques terroristes croissantes dans le Nord et l’Est du pays ont provoqué le déplacement interne de plus de 300.000 personnes et la fermeture de plus de 130 centres de santé ! Elles ont plongé plus de 700.000 personnes dans une situation d’insécurité alimentaire. De nombreux problèmes sanitaires couplés à une insécurité médicale apparaissent dans ces zones. (voir le compte-rendu de la conférence que nous avions organisée en juin sur cette situation).

    Depuis 20 ans, la Mutualité Chrétienne de Liège est engagée dans un partenariat avec le Burkina Faso. C’est pourquoi celle-ci et le RAMS (Réseau d’Appui aux Mutuelles de Santé) son organisation partenaire sur place, n’entendent pas abandonner les Burkinabés à leur sort. Ainsi, leurs établissements de soins de santé distribuent gratuitement de la nourriture et ont dépêché des cliniques mobiles, installées dans des voitures. Dans cette situation de crise, le RAMS veut que chacun puisse bénéficier de soins médicaux! Des actions de prévention à la santé sont menées et des vivres sont amenées dans ces zones.

    En raison de la gravité de la situation, la Mutualité Chrétienne de Liège et WSM (l’ONG du Mouvement Ouvrier Chrétien – MOC) renforcent leur soutien au Réseau d’Appui aux Mutuelles de Santé (RAMS). Le RAMS pourra t-il aussi compter sur votre aide ?

    Vous pouvez faire la différence en versant un don sur le compte:
    BE96 7995 5000 0005 (WSM – We Social Movements asbl) –
    communication : Don Burkina MC Liège.

  2. Compte-rendu « L’avenir du travail vu du Sud »

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    Compte-rendu d’après l’intervention du 30 janvier de Cédric Leterme du CETRI à la CSC de Liège

    Le discours officiel sur l’avenir du travail : une vision partielle et orientée

    Des études et prospectives sur l’avenir du travail se sont multipliées ces 10 dernières années, particulièrement au niveau de grandes institutions internationales telles que l’OCDE, la Banque Mondiale,  le G20 ou le forum de Davos.  Au-delà de constats se voulant objectifs, tous ces discours traduisent surtout stratégiquement et avec une influence certaine une vision de ce qui est souhaitable pour ces grandes institutions et prennent très peu en compte le point de vue des travailleurs, encore moins de ceux issus des pays les plus pauvres. Parallèlement, les thèmes de l’automatisation et de ce que l’on a commencé à appeler l’« ubérisation » sont devenus de plus en plus présents dans l’actualité mais une nouvelle fois, Il s’agit de débats occidentaux concernant l’avenir de l’emploi et du salariat tels qu’on les connait dans les pays les plus riches et industrialisés du nord plutôt que l’avenir du travail au sens large, ce qui pose problème à plusieurs niveaux :

    • La problématique du travail informel et du travail domestique/agricole qui concerne les ¾ des travailleurs dans le monde et se concentre dans les pays pauvres est exclue de la réflexion, cette masse importante de travailleurs n’étant que difficilement représentée par les syndicats et donc également des grandes institutions comme l’OIT.
    • L’importance accordée aux nouvelles technologies dans le discours occidental sur l’avenir du travail semblent disproportionnée. En effet, ces technologies ne sont qu’un facteur parmi d’autres de changement du travail : les changements climatiques, les inégalités, les migrations ou la démographie en sont d’autres au moins tout au si importants voir bien plus pour de nombreuses régions du monde.

    Une « quatrième révolution industrielle » ?

    De même, la notion de « 4ème révolution industrielle »[1] utilisée dans les discours officiels sur l’avenir du travail semble bien servir avant tout d’importants lobbies en faveur d’intérêts commerciaux et industriels privés en faisant passer pour une nécessité inéluctable et « objective » le besoin de reconfigurer le monde du travail, et bien d’autres domaines de nos sociétés, en fonction des nouvelles opportunités commerciales et industrielles que représenteraient ces nouvelles technologies numériques (acquisition et traitement de données, objets de plus en plus connectés via notamment la 5G, robotisation…). Cette soi-disant 4ème révolution industrielle pose donc également problème :

    • D’abord il est très exagéré de parler de révolution lorsqu’une majorité de la population de la planète travaillant dans les pays les plus pauvres n’est quasiment pas concernée.
    • Ensuite, même dans nos pays industrialisés, l’« ubérisation » du travail par exemple reste tout à fait marginal : l’écrasante majorité des travailleurs, en particulier en Belgique, reste des salariés à durée indéterminée.
    • Quant à l’automatisation/robotisation elle sera privilégiée en fonction de son efficacité économique hors comme le dit Vijai Prachad, journaliste et historien indien cité par Cédric Leterme : « Dans la plupart des pays du Sud, le problème ce n’est pas les machines qui remplacent le travail humain, mais le travail humain qui remplace des machines, parce que ce travail (et les travailleurs qui l’effectuent) ne vaut rien. La question ce n’est donc pas la disparition du travail mais sa dégradation« 
    • Sur la robotisation, il est intéressant de remarquer que le projet du géant Amazon sur ce point s’appelle « Amazon Mechanical Turk», ce terme fait en effet référence au « Turc mécanique » célèbre canular construit à la fin du XVIIIe siècle où il s’agissait d’un prétendu automate doté de la faculté de jouer aux échecs dans lequel se cachait en fait un être humain. La référence nous rappel bien qu’au-delà de quelques prouesses techniques très médiatisées, l’«intelligence artificielle » est souvent…artificielle car elle repose la plupart du temps sur une armée de travailleurs bien réels comme dans ces nouvelles plateformes en Inde ou au Maghreb ou des milliers de travailleurs cliquent devant des ordinateurs afin de nourrir des algorithmes.
    • On peut également remettre en cause le côté inéluctable ou « naturel » que certains prêtent trop rapidement à cette 4ème « révolution » comme pour le discours d’il y a une dizaine d’années sur une mondialisation incontournable et fondamentalement souhaitable pour tout le monde. Il s’agit davantage de choix politiques et commerciaux que du fruit de processus « naturels » et l’enthousiasme consensuel trop fréquent de nos décideurs politiques manque souvent de distance critique[2]. De même, des équations rapides comme « plus de technologie égale moins d’emploi » ou l’idée que la place des états dans le monde dépendra principalement de leur supériorité technologique, paraissent assez simplistes au regard de l’histoire et accordent de nouveau beaucoup trop de place à ce seul facteur technologique.

    Les conséquences des évolutions technologiques ne sont pas uniformes et comparables partout dans le monde

    Le discours global sur l’avenir du travail masque le fait que les conséquences des évolutions technologiques ne sont pas uniformes et comparables partout dans le monde :

    • Il est clair que les pays plus riches du Nord se situent du côté « utilisation, commercialisation » des nouvelles technologies alors que les pays plus pauvres du Sud se situent bien plus du côté « extraction, déchets et recyclage ». Répartition qui est donc inégale en particulier au niveau des dégâts écologiques.
    • Par contre, si l’« ubérisation » peut être vue à juste titre comme une menace sur l’emploi et le salariat dans nos sociétés, du côté des travailleurs informels des pays du Sud le fonctionnement en plateformes permet parfois de sortir de l’informel et de mieux structurer les travailleurs entre eux (des exemples positifs existent en Afrique du Sud ou en Indonésie dans le secteur des vélo-taxis notamment).

    De véritables changements au niveau de l’économie mondiale

    Les grands discours sur l’avenir du travail ont tendance également à détourner l’attention de certains véritables changements au niveau de l’économie mondiale qui sont pourtant d’une importance cruciale :

    • La numérisation a entraîné l’importance économique croissante de la récolte et de l’utilisation massive de données via des algorithmes, à tel point qu’on parle à présent parfois de de ces données en terme de « nouvel or noir ». De fait, les entreprises les plus influentes du monde ne se situent plus dans le domaine de l’extraction pétrolière mais bien dans celle des données numériques (les « GAFA » : Google, Apple, Facebook et Amazon).
    • En parallèle, on est face à une concentration monopolistique sans précédent de ces grandes entreprises numériques due en partie à l’effet de réseau (« tout le monde utilise ce service donc je suis presque obligé d’y être aussi »), Google représente 90% de la recherche sur internet au niveau mondial tandis que Facebook domine largement les « réseau sociaux »…le monopole est également géographique puisque l’écrasante majorité de ces entreprises sont avant tout américaines, ensuite chinoises. De ce point de vue, L’Union Européenne est loin derrière en l’absence de véritable régulation ou de politique industrielle commune en partie due au dogme de la libre concurrence qui règne parmi ses dirigeants.
    • L’économie des données favorise une nouvelle division internationale du travail et de nouveaux rapports de dépendance et d’exploitation Nord-Sud avec des conséquences énormes sur l’avenir du travail. La question de la régulation de cette économie numérique est donc amenée à faire de plus en plus l’objet de choix politiques très importants, malheureusement bien souvent pour le moment sans vrai débat public.[3]

    Il n’y a pas UN avenir du travail inéluctable et la notion même de « travail » est loin d’être universelle.

    Au final, Il n’y a pas UN avenir du travail inéluctable et la notion même de « travail » est loin d’être universelle. Nous devons y être attentif en tant qu’ONG et mouvements sociaux et sortir parfois de notre vision de l’emploi salarié comme modèle indépassable et forcément le plus souhaitable pour tous. De même nous devons mieux tenir compte des réalités du Sud, comme le fait que l’interlocuteur principal des travailleurs informels de ces pays est bien plus l’État que des employeurs inexistants.  De manière générale, nous ne devons pas nous contenter d’une vision restrictive dans laquelle le « Sud » serait l’anti chambre du « Nord », voué à nous rattraper un jour ou l’autre : dès maintenant, les pays du Sud développent des alternatives dont nous pouvons nous inspirer.

    Pour en savoir plus: « L’avenir du travail vu du Sud – Critique de la « quatrième révolution industrielle  » Editions Syllepse

    [1] L’inventeur, ou en tout cas un des plus fervent défenseur de ce « concept », n’est autre que Klaus Schwab, le fondateur du « forum économique mondial » de Davos dont le financement est assuré par les 1 000 entreprises membres, le profil type de celles-ci étant une multinationale réalisant un chiffre d’affaires supérieur à cinq milliards de dollars (source : Wikipedia)

    [2] Voir par exemple l’absence de débat sur la « 5G » alors que la pertinence du « tout numérique/tout connecté » pause tout de même beaucoup question ne serait-ce qu’au niveau de son côté insoutenable écologiquement vu notamment les minerais et l’énergie nécessaires…

    [3]Des négociations d’une importance cruciale sont actuellement en cours à l’OMC ou par exemple au sujet de l’ALENA (accord de libre-échange entre USA, Canada et Mexique) au sujet de la libre circulation des données ou l’absence de transparence possible sur les algorithmes (alors qu’on voit l’importance que ceux-ci ont pris dans le débat politique, voir leur rôle dans le référendum sur le BREXIT ou l’ élection de Donald Trump…).

  3. |30-01| Conférence/débat « L’avenir du travail vu du Sud »

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    JEUDI 30 janvier 19H45

    CSC de Liège, Boulevard Saucy, 8-10 (grande salle du rez-de-chaussée, bâtiment à l’arrière)

    L’avenir du travail dépend-t-il avant tout, comme le pensent les grandes organisations internationales (OCDE, G20, Banque      Mondiale…), d’une « 4ème révolution industrielle » qui serait en train d’arriver avec ses robots, automates, imprimantes 3D, plateformes numériques et autres « usines à cliks » ? 

    Quelles conséquences réelles cette « révolution » pourrait avoir sur la quantité et la qualité d’emplois disponibles ? Quelles tâches humaines derrière l’automatisation ? Quelle place pour les pays les plus pauvres et les moins industrialisés de la planète dans les périphéries de cette nouvelle économie mondiale ?  Et par rapport à tous ces      changements, quel rôle peuvent encore jouer les syndicats ?

    Pour aborder tous ces sujets nous avons invité Cédric Leterme du CETRI (centre Tricontinental) qui vient de sortir un ouvrage sur la question, « L’avenir du travail vu du Sud », donnant la parole sur ce sujet à de nombreux activistes, syndicalistes et chercheurs.

     

  4. Liège | Conférence/ débat « L’avenir des mouvements sociaux » jeudi 21 novembre

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    Manifestations pour le climat, gilets jaunes, occupations… ces dernières années ont vu l’émergence de nouvelles formes de mobilisation collective et     d’engagement très dynamiques mais ayant parfois du mal à s’inscrire dans la durée et la cohérence. En même temps, les structures plus anciennes nées à une époque de militantisme traditionnel (syndicats, mutuelles,   mouvements d’éducation permanente…) semblent de plus en plus fragilisées et remises en cause notamment par une partie de la classe politique. Quelles différences et quelles convergences peut-on établir entre ces mouvements plus anciens et plus institutionnalisés censés faire le lien entre l’Etat et les   citoyens et de nouvelles formes d’engagement émergeantes ?

    Au regard de l’actualité internationale (mouvements à Hong Kong, en Algérie, protestations « contre la vie chère »…) de tels changements s’observent-ils également dans les pays du Sud ? Cela doit-il modifier notre manière de faire de la coopération au développement entre des    sociétés civiles du nord et du sud toutes deux en pleine mutation ?

    Gautier Pirotte, professeur à l’ULg qui travaille depuis plusieurs années sur l’analyse et l’observation de la société civile et de la coopération internationale, nous aidera à y voir plus clair dans ces changements en cours.

    JEUDI 21 NOVEMBRE 19H45

    Cité Miroir (salon des Lumières)
    Place Xavier Neujean 22

    Invitation débat Avenir des mouvements sociaux 21 novembre Solidarité Mondiale

     

     

  5. Liège | Afric@fonck 3ème édition, samedi 29 juin 2019

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    Le 29 juin, la MC, la CSC et Solidarité mondiale organisent la 3ème édition d’Afric@fonck, une journée festive, familiale et multiculturelle ouverte à tous.
    Au programme : concerts gratuits, danses et percussions, village associatif, village gourmand, ateliers de tresses et coiffures africaines, jeux de société, contes, animations pour petits et grands…

    Depuis de nombreuses années, la MC, la CSC et l’ONG Solidarité mondiale développent des partenariats au Burkina Faso. En organisant Afric@fonck, elles souhaitent mettre en avant leurs partenaires mais aussi inviter le public à la découverte d’une autre culture, lui faire connaître les réalités vécues par les partenaires du Sud.
    Le programme complet est sur www.mc.be/africafonck
    ou
    https://www.facebook.com/africafonckfestival/

  6. Liège | Situation au Burkina Faso – Conférence le 27/06

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    Solidarité Mondiale vous invite à une conférence/débat sur la situation au Burkina Faso le jeudi 27 juin à 17h à la Mutualité Chrétienne de Liège Place du XX août, 38, 4ème

    Avec :

    • Claire Kupper (GRIP, Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité)
    • Des représentants de mouvements syndicaux et mutuellistes du Burkina Faso (RAMS et CNTB).

    Pendant longtemps épargné par les conflits armés, connaissant une cohabitation ethnique et religieuse remarquable, le Burkina Faso voit ces dernières années sa situation sécuritaire se dégrader. Ce petit pays d’Afrique de l’Ouest est devenu la cible d’attaques mortelles attribuées en particulier à des djihadistes.

    Attentats ciblant des étrangers, enlèvements et exécutions de ressortissants, multiplication d’attaques contre l’armée … une partie du « pays des hommes intègres » glisse dans une insécurité grandissante. Que se passe-t-il ? Quelle influence du pays voisin, le Mali ? Quel impact sur la population et la coopération au développement ?

    Claire Kupper, spécialiste de l’Afrique au GRIP nous aidera à faire le point. Plusieurs partenaires burkinabés de Solidarité Mondiale, la Mutualité Chrétienne et de la CSC de Liège nous feront également part de leur témoignage.

    Retour sur cette conférence/débat:

    Depuis plusieurs mois, la situation sécuritaire continue de se dégrader au Burkina Faso suite à la multiplication d’attaques terroristes[1] contre les populations civiles dans le Nord et l’Est du pays ayant déjà fait des centaines de victimes. Pour nous aider à faire le point sur cette situation, nous avions invité le 27 juin pour une conférence/débat : Claire Kupper du GRIP (Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité) ainsi que Aicha Belem, Nathalie Noukoubri, Arouna Padiene et Paul Ouedraogo,  quatre représentants burkinabés des partenariats de Solidarité Mondiale, la CSC et la Mutualité Chrétienne dans ce pays, présents à Liège dans le cadre d’une semaine d’accueil et d’échanges.

     

    • Des attaques contre les institutions de l’Etat ou ce qui représente celui-ci (de l’armée, aux écoles en passant par les lieux de culte chrétiens) se sont multipliées ces derniers mois de même que des attaques terroristes contre des civiles provocant règlements de comptes et affrontements communautaires en retour. Situation d’insécurité et de tensions communautaires et religieuses jusque-là inédite dans ce pays. Par rapport à cette situation, nos invités voient une série de raisons possibles au fait que la partie du pays proche du Sahel soit pour les terroristes extérieurs une cible particulière de déstabilisation et d’instrumentalisation : la culture de type nomade des peuples du Nord viendrait accentuer leur marginalisation au sein d’un pays dont les frontières sont issues de l’époque coloniale. Pour des raisons également liées à cette dernière, l’urbanisation et la densité démographique sont très mal réparties dans le pays (les deux principales villes, Ouagadougou et Bobo Dioulasso étant situées au centre et à l’ouest du pays). De plus, la désertification due au réchauffement climatique vient accentuer la pression sur les terres cultivables et crée de nombreux conflits au sein des populations proches du Sahel. Tous ces éléments viendraient alimenter les frustrations, instrumentalisées par les groupes armés extérieurs, d’une partie des populations du nord et de l’est ayant le sentiment d’être délaissée par l’Etat.
    • Face à cette situation, le Burkina Faso n’a pas les moyens techniques nécessaires pour contrôler plus de 3000 km de frontières formées par 6 pays dont plusieurs particulièrement instables comme le Mali. Ce qui pose problème en particulier pour freiner une circulation importante d’armes en provenance notamment de la Lybie post-Kadhafi. De plus, le Burkina doit faire face à cette situation alors que le pays est encore très vulnérable économiquement, instable politiquement et socialement et que la justice et l’armée ne semblent pas encore assez structurées pour répondre à de telles menaces.
    • Face à ces constats, nos partenaires burkinabés tenaient à préciser également plusieurs choses :

      • Les observateurs occidentaux ne doivent pas mettre dans le même sac groupes terroristes venus de l’extérieur et certains groupes burkinabés qui ont pris les armes pour se défendre.
      • En dehors des statistiques ou de la propagande, pour nos partenaires dans leur quotidien, le Burkina Faso n’est pas un « pays musulman » : la religion musulmane, chrétienne, et les croyances traditionnelles de type animistes coexistent la plupart du temps au sein même de chaque famille. L’objectif des terroristes est justement de créer des divisions religieuses et communautaires là où il n’y en avait pas et où existe au contraire une cohabitation religieuse et culturelle qui reste remarquable.
      • D’après nos partenaires, certains groupes dangereux issus du Mali auraient bénéficié de tolérance voire de protection de la part de l’ancien président du Burkina, Blaise Compaoré (contraint de quitter le pays après presque 30 ans au pouvoir suite au soulèvement populaire de 2014) et ces groupes s’en prennent à présent à la population civile et au nouveau pouvoir en place en guise de représailles. De plus, pour nos partenaires d’autres zones d’ombres importantes restent présentes et propices à alimenter les rumeurs et augmenter la tension au sein de la population : l’absence de revendications de ces groupes terroristes, les appuis et protections dont ils bénéficieraient peut-être de l’extérieur…en tout cas pour nos partenaires au Burkina Faso, le pays souffre d’une nouvelle crise importante et multifactorielle qui nécessite plus que des réponses de type uniquement militaires.

    [1] « Selon les observateurs, l’est du Burkina Faso constitue une zone de repli pour les djihadistes de l’État islamique dans le Grand Sahara qui cherchent à étendre les zones d’insécurité vers d’autres pays de la sous-région en cassant «le verrou burkinabé». » https://www.grip.org/sites/grip.org/files/NOTES_ANALYSE/2019/NA_2019-01-15_FR_J-NSIMBA.pdf

     

     

     

  7. Sprimont | Ciné/débat : « Burkinabe Bounty » le 23 mai

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    Jeudi 23 mai 20h

    Foyer culturel de Sprimont Rue du Centre, 81

    La résistance agricole et la lutte pour la souveraineté alimentaire est en route au Burkina Faso. Des agriculteurs, étudiants, artistes et dirigeants militants du mouvement Slow Food local mènent un combat quotidien pour récupérer la terre et défendre les traditions contre l’intrusion de l’industrie agroalimentaire grâce à des tactiques créatives… Petit à petit, le peuple reprend le contrôle de sa nourriture, de ses semences et de son avenir.

    Le film (37′) sera suivi d’un débat avec :

    • Un représentant de l’ONG Solidarité Mondiale qui soutient des mouvements sociaux au Burkina Faso
    • Un représentant de la coopérative « les petits producteurs » qui rassemble notamment des producteurs agricoles d’Ourthe Amblève
  8. Retour sur un voyage d’immersion Solidarité Mondiale en République Dominicaine du 8 au 23 novembre 2018

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    https://dev.petithanb.be/moc-old/IMG/jpg/batey.jpgLe 8 novembre dernier, un groupe de 12 personnes provenant d’organisations MOC sur Liège mais également de nos partenaires au Burkina Faso (CNTB, RAMS, MUFEDE) s’est rendu en République Dominicaine dans le cadre d’un voyage d’immersion organisé par Solidarité Mondiale à la rencontre des organisations sociales partenaires de l’ONG sur place.

    Au programme, quatorze jours de visites de terrain et de témoignages liés au travail d’AMUSSOL, CASC, CONAMUCA, FEI, MOSCTHA et TURISSOL[1]. De nombreuses rencontres effectuées d’est en ouest et du nord au sud du pays à la découverte de ces mouvements sociaux qui agissent dans le but d’améliorer l’accès à la protection sociale et aux soins de santé, le dialogue social et les droits des travailleurs, le développement d’un tourisme durable, les droits des femmes ou encore permettre aux communautés rurales de développer des activités complémentaires de revenus.

    Plutôt de que d’énumérer tout ce que nous avons découvert durant ce séjour, deux aspects du travail des partenaires de Solidarité Mondiale dans ce pays rendent particulièrement bien compte dans leur contraste de l’impression générale laissée par ce voyage.  

    Situation des migrants haïtiens dans les Batey

    Une partie de notre voyage aurait dû se dérouler à Haïti mais une situation très tendue liée à des manifestations contre le président en place et son gouvernement nous a contraint à annuler pour des raisons de sécurité.https://dev.petithanb.be/moc-old/IMG/jpg/clinique_mobile.jpg

    Formant une même île, Haïti et la République Dominicaine ont pourtant des situations et une histoire très différentes sur certains points (en termes géographiques et environnementaux, de passé coloniale, de langue et de culture…). Ces différences ont entraîné au final de grands écarts socio-économiques, nettement en défaveur d’Haïti, qui font que les situations de ces deux pays restent fortement liées avec notamment près de 700.000 migrants haïtiens présents en République Dominicaine, venus dans l’espoir de trouver du travail.  Nos rencontres, parmi les plus marquantes de notre voyage, avec les habitants des « Batey » Manolo et LaLouisia dans la province de Monte Plata et le Batey n°6 de Barahona, nous ont permis de nous rendre compte de cette réalité.  

    Les «Batey » sont à la base des campements mis en place par l’état dominicain dans les zones agricoles pour abriter les travailleurs des champs de cannes à sucre pour la plupart d’origines haïtiennes. L’exploitation de la canne à sucre a été une des principales ressources du pays pendant de nombreuses années mais la conjecture mondiale l’ayant rendue beaucoup moins rentable, cette culture a commencé à être privatisée à partir des années 90 puis laissée progressivement à l’abandon. Tout comme les habitants de ces Batey, qui y sont restés malgré tout faute de travail et de moyens de se déplacer, moins mobiles que les investisseurs.

    Présents depuis des dizaines d’années ou même nés dans ces Batey, ils restent pourtant officiellement haïtiens avec très peu de perspectives d’obtenir des papiers dominicains et sans plus d’attaches avec Haïti. Ils sont ainsi plusieurs centaines de milliers à vivre dans des conditions très précaires (en termes d’accès à l’eau potable, aux sanitaires, aux soins médicaux…) sans véritable statut, sans protection sociale, oubliés… en témoigne un homme de plus de 80 ans habitant depuis qu’il est jeune le Batey Manolo : « un pays qui vous accueil devrait pouvoir vous offrir un avenir mais moi j’ai juste coupé de la canne, coupé de la canne, coupé de la canne… ».  Des campagnes de régularisation ont tout de même été mises en place récemment par l’Etat Dominicain, mais comme nous l’a expliqué un autre habitant du Batey  Manolo, pour espérer être régularisé, et encore…provisoirement, ils doivent retourner en Haïti pour se procurer leurs actes de naissance, voyage qui coûte plus de 100$ alors qu’ils vivent avec à peine 1$ par jour…

    Face à cette situation, le MOSCHTA (Mouvement Socio-Culturel pour les Travailleurs Haïtiens), association partenaire de Solidarité Mondiale en République Dominicaine, soutient les habitants de ces Batey sous forme d’aide juridique pour l’obtention de papiers, d’accès à l’eau potable, de cliniques ambulantes, d’installation de latrines ou encore de services funéraires… la reconnaissance des droits des migrants haïtiens fait également partie des revendications politiques les plus importantes portées ensemble par les 5 associations partenaires de Solidarité Mondiale en République Dominicaine dont fait partie le MOSCHTA[2].

    Tourisme de masse, un aspect important de la République Dominicaine

    https://dev.petithanb.be/moc-old/IMG/jpg/casc.jpgCocotiers et plages de sable fin sont souvent les premières images qu’évoquent la République Dominicaine. De fait, depuis déjà pas mal d’années, le pays a fortement misé sur le tourisme de masse à tel point que ce secteur représente à l’heure actuelle presqu’un quart de son PIB et qu’il serait devenu, proportionnellement à sa taille, le pays qui génère le plus de bénéfices touristiques dans toute l’Amérique latine. Ainsi, les chiffres de croissance et de richesse du pays sont poussés à la hausse artificiellement car étant très mal répartis. Comme nous l’a dit un enseignant militant de la CASC de Santiago « De l’argent il y en a en République Dominicaine mais c’est de plus d’égalité dont le pays a besoin ».   

    Ce développement du tourisme de masse et des emplois qui vont avec, concerne principalement une petite partie du pays située sur la pointe occidentale de l’île, là où se trouve « Punta Cana », célèbre destination touristique emblématique de cette situation à tel point qu’elle possède son propre aéroport. Les principaux investisseurs propriétaires, actionnaires et exploitants des hôtels et des plages (pour la plupart privatisées) semblent être principalement des Italiens et des Espagnols (NH Group Hôtel…). Il faut dire que le pays ne manque pas d’attraits : avantages fiscaux, salaires mensuels autour de 250$, personnel souriant… L’offre touristique est donc très importante, c’est le moins que l’on puisse dire, avec de véritable villages hôteliers proposant des formules « All inclusive » et des milliers de chambres avec en coulisses de véritables armées au service du touriste : certains des plus gros complexes hôteliers comptent jusqu’à 3000 travailleurs ! L’équivalent d’importants hôpitaux en Belgique… Nous avons pu rencontrer des délégations syndicales de ces travailleurs du secteur touristique (hôtellerie, transports, boutiques d’artisanat, responsables des commerces de plages…) afin qu’ils puissent nous expliquer comment les travailleurs s’organisent pour essayer d’obtenir de meilleures conditions de travail.

    On s’en doute, les abords de ces villages hôteliers où vivent ces travailleurs font moins rêver les touristes. À 5 minutes à peine de ceux-ci, ce sont les mêmes quartiers populaires qu’on retrouve également dans l’arrière-pays : rues sales et bruyantes à peine goudronnées, sans trottoirs, bordées d’échoppes et d’habitations bricolées au travers desquels les fils électriques et la circulation anarchique essaient de se frayer un chemin…Pays de contrastes, comme nous le montre les brochures touristiques, et pas que paysagés…

    Un autre aspect lié au tourisme est que les Dominicains, faute de temps mais surtout de moyens, le pratique très peu au sein même de leur propre pays. Partant de ce constat, TURISSOL, une organisation partenaire de Solidarité Mondiale sur place, essaie de développer une offre touristique durable et accessible aux familles dominicaines. A l’ombre des grands « tours opérateurs », TURISSOL vise et défend un tourisme à taille humaine pouvant bénéficier plus largement aux communautés locales du pays qui possède bien d’autres richesses naturelles et culturelles que la seule zone de Punta Cana.

    [1] https://solidaritemondiale.be/Nos-partenaires-en-Republique.html

    [2] https://solidaritemondiale.be/Rendre-leur-dignite-aux-travailleurs-migrants-en-Republique-Dominicaine.html

  9. Retour d’un voyage en Bolivie en 2011

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    Du 18 novembre au 2 décembre, dix permanents et bénévoles du Mouvement Ouvrier Chrétien sont partis à la rencontre des partenaires de Solidarité Mondiale en Bolivie [1]. Un voyage qui a permis de mieux connaître l’engagement, les actions et les projets menés par les mouvements sociaux soutenus par notre ONG, mais aussi d’avoir un aperçu de la complexité du processus de changement politique en cours dans ce pays.

    Contexte politique

    Élu président en 2005 puis réélu confortablement (64%) pour un deuxième mandat en 2009, l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales et, aux élections législatives, de son parti le MAS (Mouvement vers le socialisme) a marqué un tournant dans l’histoire de la Bolivie. Premier président d’origine indienne (60% de la population) et paysanne, il incarne un changement socialiste qui succède à l’alternance de périodes de conflits, de dictatures et plus récemment d’application de recettes néo libérales basées notamment sur la privatisation et les investissements étrangers.

    L’arrivée au pouvoir d’Evo Morales qui a suscité l’enthousiasme d’une bonne partie de la population jusque-là marginalisée, s’est concrétisée par un vaste chantier participatif de modification de la constitution ainsi que des mesures ambitieuses et inédites : des avancées en termes de protection sociale, autonomie de communautés indigènes et territoriales, nationalisation partielle de l’exploitation du gaz et du pétrole… En outre, durant cette période, les finances de l’État ont bénéficié de l’augmentation du prix des matières premières.

    Toutefois, au bout de 6 ans de mandat, nous avons pu nous rendre compte à travers de nombreuses rencontres que les déceptions et critiques envers le pouvoir en place ne manquent pas à l’heure actuelle en Bolivie. Qu’il s’agisse de reprocher au final la lenteur et la « tiédeur » des réformes socio-économiques dont les effets concrets tardent à se faire sentir, certaines dérives autoritaires du pouvoir en place ou encore le changement d’attitude du gouvernement face aux mouvements sociaux.

    Mouvements sociaux

    Ce dernier point est particulièrement sensible actuellement depuis l’épisode du « TIPNIS » [2] qui a vu, le 27 septembre 2011 à Yucumo, les forces de police gouvernementales réprimer violemment une marche indigène contre le projet de construction d’une route qui devait traverser leur territoire. Un paradoxe pour un gouvernement présenté comme celui des « mouvements sociaux » ; et pour un président qui n’hésite pas à jouer la carte de son origine ethnique, et qui est arrivé au pouvoir en partie grâce au soutien des ONG.

    « Notre court séjour nous a permis de voir à quel point la contestation sociale est vivace en Bolivie : pas une journée sans une manifestation à La Paz [3]« 

    … sans qu’une rue soit bloquée par des pneus en feu, des pierres ou une marche de protestation.

    Moyens supplémentaires pour l’université de El Alto [4] et gratuité du BAC, augmentation des pensions du secteur de la santé, prolongation de mesures de régularisation de véhicules arrivants aux frontières destinés à la vente, augmentation du prix de l’essence…les motifs sont aussi nombreux et variés que les moyens utilisés pour se faire entendre.

    « C’est que la politique est omniprésente en Bolivie et de manière beaucoup plus directe que chez nous. »

    Au-delà de participer aux élections, des tas de mobilisations se mettent en place au nom des étudiants, femmes, paysans, « grémiales » (vendeur de rue de l’informel), habitants des quartiers pauvres… le tout organisé en un dédale de fédérations, confédérations, coopératives et sections locales qui chacune présentera ses recommandations aux gouvernement, fera jouer ses représentants au sein du parlement, revendiquera une place dans la constitution puis sa concrétisation en lois et finalement l’application réelle, parfois fort lointaine, de celles-ci.

    En effet, si la politique en Bolivie apparaît très vivante, on a en même temps l’impression qu’elle dépasse rarement la sphère idéologique ou symbolique et que lorsque c’est le cas (nationalisation du pétrole par exemple), elle peut s’avérer plus riche en compromis qu’annoncer au départ.

    « Evidemment tout ceci ne se passe pas sans divisions d’intérêts et différences idéologiques comme nous avons pu nous rendre compte »

    … notamment lors d’une rencontre avec les représentants d’une confédération de la jeunesse proches du MAS. En effet, ceux-ci nous ont exprimé leur désaccord avec certaines des organisations partenaires de Solidarité Mondiale en Bolivie. Jusqu’à avoir voulu leur faire fermer boutique, ils leur reprochent de ne pas être des ONG « natural », c’est-à-dire d’être dépendantes d’ONG internationales, pas assez gérées par la base (dans ce cas-ci le public jeune issu des quartiers pauvres) voir pas assez indigène et surtout n’ayant pas une vision du changement suffisamment politique pour être efficace.

    Ce genre de critiques liées au contexte politique bolivien a en tout cas le mérite de nous poser la question, souvent trop vite contournée, de l’influence des forces politiques et idéologiques nationales sur l’action des partenaires soutenus par les ONG et le type de développement promu par celles-ci. De même, la question de la manière dont on se positionne vis-à-vis de revendications identitaires ou « nationalistes » que nous sommes habitués à rejeter quand elles concernent le replis d’une communauté privilégiée sur ses acquis. Ce qui n’est pas le cas en Bolivie puisqu’il s’agit d’avantage de de la reconnaissance et de l’accès au pouvoir politique de communautés économiquement faibles qui pendant longtemps n’ont pas eu droit au chapitre dans leur pays et l’ont encore moins dans la mondialisation. Si cette recherche d’identité est au cœur du processus de changement bolivien, comme l’atteste la nouvelle constitution qui reconnaît le caractère multiethnique de la nation bolivienne, elle demeure visiblement un point de tension important dans le pays.

    TRAVAIL INFORMEL

    Le fait que les ¾ des travailleurs se situent dans le secteur informel (économie parallèle) est une autre réalité importante en Bolivie, partagée par de nombreux pays pauvres. L’activité informelle s’y développe sur le peu d’appareil productif générateur d’emplois et sur fond d’exode rural croissant vers les grandes villes.

    Une forme de pension a été mise en place pour ces travailleurs qui n’ont jamais cotisé, certains soins de santé de base sont en principe accessibles et certains droits sont reconnus aux travailleurs. Malgré tout, on renonce facilement à ces droits par crainte de perdre son revenu ou de formalités qui risquent d’être longues et le secteur pour l’instant reste exclu du système embryonnaire de sécurité sociale. De plus…

    « les conditions de travail sont souvent dures dans la rue : de nombreux problèmes de santé en témoignent, la journée de travail s’étale de « soleil à soleil », comme ils disent, et de nombreux enfants partagent celles-ci avec leurs parents au lieu d’aller à l’école. »

    Malgré cela, nous avons pu nous rendre compte à quel point ces travailleurs restent collectivement bien organisés pour défendre leurs intérêts alors qu’ils restent marginalisés, malgré leur importance considérable, dans le paysage syndical institutionnel du pays. Celui-ci restant dominé par quelques grands secteurs formels, notamment minier.

    Bien que le rapport à l’État soit par définition assez réduit, celui-ci tente par exemple à La Paz d’améliorer la situation des marchés quasi autogérés, que nous avons pu visiter, en terme d’hygiène, d’infrastructures ou encore d’installation électrique. Toutefois, cette a priori louable intervention des pouvoirs publics locaux dans l’informel ne va pas sans se heurter à des oppositions, dont la moindre n’est pas le fait de devoir payer une taxe, liées notamment à la crainte pour certains commerçants de voir mis à mal tout un système acquis de privilèges et hiérarchies bien établis.

    « En fait, vu son ampleur,le travail informel constitue une réalité bien plus complexe qu’un simple retard ou stade inférieur à notre modèle de salariat occidental : »

    avoir plusieurs boulots dans l’informel peut être considéré comme plus sûr que n’avoir qu’un seul emploi salarié que l’on peut risquer de perdre, de même informel ne rime pas nécessairement avec pauvreté : de grosses différences de revenus existent en fonction du fait d’être propriétaire de son commerce, en fonction de son secteur d’activités, de sa position sociale

    L’économie informelle, ainsi que les autres éléments de tension abordés brièvement dans ce témoignage, constituent plus que jamais des défis majeurs du processus de changement qui est cours en Bolivie. Un processus dont le plus grand mérite est sans doute d’avoir donné légitimité et fierté à une population mise en marge de la société pendant de nombreuses années.

    [1LES PARTENAIRES DE SOLIDARITE MONDIALE EN BOLIVIE :

     

    CRISOL

    (Corriente de Renovaciõn Independante y Solidaridad Laboral)
    Crée à la fin des années 70 sous la dictature du général Hugo Banzer pour organiser la résistance aux persécutions de syndicalistes, il s’agit actuellement d’une coupole d’organisations affiliées, pour la plupart syndicales (artisans, chauffeurs, mineurs, services…), dont l’action se base principalement sur la formation.
    CRISOL constitue également un courant idéologique au sein de la COB (centrale ouvrière bolivienne unique) et à ce titre adopte au cours de congrès des stratégies et positions politiques comme par exemple récemment concernant la nouvelle loi nationale de sécurité sociale.
    L’action de formation de CRISOL est particulièrement reconnue en matière de « capacitation » syndicale et politique avec des centaines de personnes formées chaque année dont certaines deviennent responsables syndicaux ou politiques, constituant autant de relais possibles pour CRISOL au sein de la COB, des mairies, du sénat ou encore du parlement national.
    Notons également qu’en allant à l’encontre du caractère actuellement assez figé du paysage syndical bolivien, dans lequel certaines centrales historiquement importantes continuent de garder une position dominante, CRISOL défend une meilleure prise en compte de la réalité économique et sociale actuelle du pays à travers notamment la reconnaissance de l’importance du secteur informel.

     CASA WAKI

    Développe à la fois une action proche de ce qui se fait chez nous sous forme d’écoles de devoirs pour les enfants et d’insertion/formation pour les jeunes.
    La CASA WAKI est ancrée dans la ville d’El Alto (voir encadré) et son action prend son sens dans la réalité que vivent les habitants de celle-ci : pauvreté, manque d’emploi pour les jeunes, travail informel des parents, enfants des rues…
    C’est ainsi que CASA WAKI propose des formations en tissage, travail du bois ou encore culture de plantes à des jeunes qui peuvent suivre ces programmes après l’école. Via du microcrédit, formations en commerce et soutien à la création d’entreprises certains jeunes peuvent également reprendre l’activité de leur parents ou lancer la leur afin de soulager financièrement ces derniers. Enfin cette organisation très dynamique propose également divers « cafés jeunes », festivals de danse ou de théâtre et sensibilise sur les droits des jeunes travailleurs.

     Gregoria APAZA

    Situé également à El Alto, à partir d’un objectif général de promotion des droits des femmes, ce véritable centre de formation propose, aux femmes mais aussi aux jeunes, différents programmes de formations techniques : couture, informatique, commerce…, ou encore des formations de « capacitation » politique et citoyenne de même que par exemple une radio et un magasin d’artisanat « équitable ». Gregoria APAZA est une célèbre leader indienne Aymara en révolte contre les espagnoles, qui finirent par l’exécuter fin du 18ème siècle.

     SENTEC

    Dans la région minière d’Oruro, l’organisation développe différents programmes d’actions autour de la médecine traditionnelle (production et vente de médicaments à base de plantes, services de massage pour bébés et réflexologie…) et de la formation technique sous forme notamment de cours du soir (soudure, tournage/fraisage, fours solaires ou encore production de serres en bouteilles plastiques réutilisées). SENTEC, en collaboration avec un service public de santé, développe aussi dans une commune rurale une action, peu courante dans le pays, d’accompagnement des personnes du troisième âge dans leur vie quotidienne (massages, gymnastique, alimentation…).

    [2Territoire Indigène Parc National Isiboro Sécure

    [3capital administrative et siège du gouvernement

    [4] El Alto « la ville haute »

    Située à 4150 mètres d’altitude juste au-dessus de La Paz, capitale administrative du pays, El Alto est une immense banlieue pauvre alimentée par les migrants issus des campagnes environnantes. Officiellement depuis 1984, cette agglomération est considérée comme une ville à part entière, elle dispose d’ailleurs de son propre aéroport, son université et sa cathédrale.

    Simple annexe agricole de La Paz regroupant 10 000 personnes dans les années 50 et actuellement forte de plus d’1 millions d’habitants, elle concentre une série de problèmes liés à et son accroissement rapide, la pauvreté de sa population et des conditions climatiques et géographiques difficiles : accès aux services de base (santé, écoles, eau, égouts…), peu d’emplois, règne de l’informel, expansion incontrôlable ….

    Ce qui la reproche sans doute de ce qu’on peut entendre par « bidonville » même si sa configuration de même que son apparence à priori s’en éloignent : en effet, la ville s’étale sur une immense étendue de plaines qu’encadrent des chaînes de montagnes, à travers un vaste quadrillage monotone d’habitations modestes « construites en dur » permettant la circulation de nombreux taxis et bus. Le caractère apparemment organisé de la ville tranche donc avec les amas chaotiques d’habitations de fortune que l’on peut voir aux abords de nombreuses grandes villes pauvres du monde. Malgré tout, la marginalisation géographique et économique de la population d’El Alto est évidemment source de tensions avec sa voisine La Paz, qu’elle dépasse désormais en termes de population, de même qu’un enjeu considérable pour l’ensemble du pays.

    Pour ces raisons, plusieurs partenaires soutenus par Solidarité Mondiale en Bolivie sont particulièrement actifs dans les quartiers d’El Alto, en particulier avec les femmes et les très nombreux jeunes et enfants qui y vivent.

  10. Changements climatiques : impacts sur les migrations et les inégalités mondiales

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    Désormais, en plus des facteurs économiques et politiques, l’impact du climat sur les mouvements de population à travers le monde est devenu une réalité : températures et sécheresses records, ouragans, inondations…ces phénomènes font de plus en plus partie de l’actualité tandis que les réfugiés climatiques semblent bien incarnés les premières victimes du réchauffement global. Actuellement les déplacements dus à des catastrophes naturelles sont déjà une réalité pour des millions de gens et à l’avenir, plusieurs zones importantes du monde pourraient même devenir totalement inhabitables.

    L’impact de l’activité humaine sur le climat et tous les effets que cela entraîne sont de plus en plus difficile à nier. En même temps, notre société au niveau politique, économique et citoyen semble loin d’anticiper suffisamment l’ampleur de ces changements alors que, de moins en moins exceptionnelles, ces migrations climatiques ont désormais acquis un véritable caractère structurel.

    C’est pourquoi Il est grand temps d’en faire un véritable sujet politique et social et plus seulement une question d’« environnement » : qu’est ce qui peut encore être fait pour éviter cette situation ? Quel statut reconnaître à ces personnes déplacées ? pour quelle type d’aide nationale ou internationale ? Et dans le cadre d’une responsabilité environnementale globale, comment intégrer la responsabilité des états qui émettent le plus de gaz à effet de serre ?

    Avec François Gemenne : originaire de Liège, spécialiste de l’immigration et du changement climatique, enseignant et chercheur entre autres à l’Université de Liège et à Science-Po Paris, auteur de « Géopolitique du climat » (Armand Colin, 2015), régulièrement sur le devant de la scène médiatique en France, en Belgique et au-delà avec de nombreuses interventions percutantes sur le sujet.

    Climat brûlant pour nos petits-enfants

    compte-rendu réalisé par par Philippe Lamotte pour le journal de la Mutualité Chrétienne « En Marche »

    Un monde plus chaud de 2 à 4 degrés exacerbera vraisemblablement les tensions à la surface de la planète. Dès lors, la question de la solidarité s’invite – plus que jamais – à la table des décideurs, notamment politiques, comme des simples citoyens.


    À Liège, l’autre soir, une assemblée de militants syndicaux et d’acteurs du développement Nord/ Sud a tressailli, quelque peu hébétée, à l’analyse de François Gemenne, enseignant en sciences politiques dans plusieurs universités belges et françaises (1). Pour ce spécialiste de géopolitique, nous commettons l' »erreur tragique » de considérer la question climatique comme une pure affaire météorologique. « Toutes les grandes questions du 20e siècle – migrations, sécurité, santé publique, rapports Nord/Sud et même terrorisme – seront chamboulées par le climat au cours du 21e siècle ».

    Un monde plus chaud… et plus violent

    Pourquoi ? Parce qu’un scénario considéré comme improbable il y a quelques années encore – une augmentation de la température moyenne du globe d’environ 4°C à la fin du siècle – est aujourd’hui devenu probable. Même la Banque mondiale le reconnaît. Oubliez la perspective prometteuse d’étés plus confortables : 4 degrés est une moyenne, ce qui signifie que certaines régions du globe – en Iran, au Koweït, au Pakistan, mais aussi aux États-Unis – vont devenir inhabitables. Un pays comme le Vietnam est quasiment assuré de perdre 10% de son territoire à la suite de la montée des eaux. « Les deux grandes zones de tensions futures sont l’Asie du Sud-est et l’Afrique subsaharienne, là où la démographie est déjà galopante », estime François Gemenne, car « un monde plus chaud sera un monde plus violent, puisque plus compétitif pour les ressources naturelles ».

    L’expert préconise d’éduquer prioritairement les « vieux » – et non les « jeunes » – à la gravité du phénomène en cours. Il est bien conscient, à cet égard, de ramer à contre-courant de l’opinion majoritaire dans l’univers de l’éducation et de la sensibilisation au réchauffement climatique. « Nous n’avons pas le temps d’attendre que la nouvelle génération arrive au pouvoir. Ceux qui sont aux manettes doivent agir dès maintenant ». La raison en est simple : pour des raisons physiques, le réchauffement actuel est l’oeuvre de nos grands-parents – deux générations s’écoulent entre les émissions de gaz à effet de serre et les manifestations de leurs effets. De ce fait, lutter contre le bouleversement du climat est une affaire de solidarité intergénérationnelle : c’est pour nos petits-enfants que nous nous battons aujourd’hui !

    Un paradoxe insupportable

    Solidarité dans le temps, mais aussi dans l’espace, avec cette question éminemment morale : « sommes-nous capables d’altruisme envers des individus qui ne sont pas encore nés ou vivant dans des pays lointains ? Pouvons-nous reconnaître les habitants du Bangladesh ou d’îles du Pacifique (NDLR : menacés par la montée du niveau des mers) comme parties de nous-mêmes, membres d’une même humanité ? » La façon dont l’afflux récent de migrants en Europe a été géré laisse l’expert dubitatif, alors que d’autres régions du mon – de sont soumises à des flux migratoires bien plus importants qu’en Europe. « Nous vivons un paradoxe insupportable et intenable à long terme : la planète est de plus en plus mondialisée mais vit de plus en plus fracturée, rivée sur des frontières nationales. »

    Dans son ouvrage de 2015 (2), passionnant, François Gemenne proposait déjà, dans certains cas, de faciliter et d’encourager les migrations (comme stratégies d’adaptation au changement climatique), soit un « renversement total de perspective ». Mais il prévient (3) : on n’arrivera à relever un tel défi que si on parvient à donner aux opinions publiques une image infiniment plus nuancée de la migration, débarrassée des préjugés et des clichés. Cela suppose de « faire le deuil de la simplicité ». Enfin, à toutes les bonnes volontés individuelles qui veulent « faire quelque chose pour le climat » (dans leur façon de se déplacer, de manger, de se chauffer, de se vêtir, etc.), il invite à la vigilance. « Une victoire majeure de l’idéologie néolibérale a consisté à faire croire que nos choix individuels de consommation pouvaient façonner, à eux seuls, la solution collective au changement climatique. Ce faisant, elle a réussi à nous faire oublier le poids – bien plus considérable – des choix collectifs et des mobilisations sociales. Rouler à vélo ne sert pas à grand-chose si l’on oublie de militer pour des pistes cyclables »…


    (1) François Gemenne était invité par la CSC et Solidarité mondiale à s’exprimer sur les impacts des changements climatiques sur les migrations et les inégalités mondiales.

    (2) Géopolitique du climat. Négociations, stratégies et impacts. Ed.Armand Colin, 2015, 213 p.

    (3) Magazine Symbioses, n°116, www.symbioses.be

  11. Retour sur un voyage d’immersion au Burkina Faso en 2015

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    Début février, un groupe de 12 militants et professionnels de la CSC, la Mutualité Chrétienne, Vie Féminine et la JOC de Liège ont participé durant 15 jours à un voyage d’immersion organisé par Solidarité Mondiale au Burkina Faso. La plupart n’étaient encore jamais allés dans ce pays mais  un voyage similaire avec d’autres participants a eu lieu il y a 5 ans dont le but était déjà de rencontrer sur place les partenaires de Solidarité Mondiale, la CSC et la Mutualité Chrétienne de Liège, découvrir leur action et en témoigner par la suite.

    Prévu au départ en novembre 2014, ce voyage a bien failli ne jamais avoir lieu. Entre les craintes liées à la propagation du virus Ebola et le soulèvement populaire d’octobre qui a réussi à faire tomber un pouvoir en place depuis 27 ans, nous avons finalement reporté le voyage début février 2015. Notre séjour s’est donc déroulé dans « un pays des hommes intègres » au début d’une transition démocratique pleine d’espoirs et d’inconnues qui devrait déboucher sur des élections dans moins d’un an. Dans ce contexte, voici quelques impressions qui viennent compléter celles de notre premier voyage en 2009. 

    La CNTB (Confédération Nationale des Travailleurs du Burkina) 

    Principal partenaire à nous accueillir, il s’agit d’une des confédérations syndicales les plus importantes du pays, présente depuis les années soixante et forte de plus de 120 000 affiliés, elle essaie de rassembler une multitude de syndicats autonomes structurés par entreprises ou corporations. Plus que jamais, de nombreuses difficultés et enjeux concernent actuellement l’action syndicale de la CNTB :

    • Plus encore que lors de notre voyage de 2009, le pays continue de subir des fermetures d’entreprises nationales ou privées ainsi qu’une ouverture à la mondialisation qui ne laisse aucune chance à d’éventuels productions locales face à ce qui peut arriver moins cher de Chine ou d’ailleurs. De plus, l’extrême dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur ne facilite pas le travail syndicale : suite à 27 ans de pouvoir particulièrement ouvert aux investissements étrangers, pas une entreprise ou une mine derrière laquelle ne se trouvent des investisseurs français, libanais, canadiens, chinois ou qataris ; des routes, des projets d’approvisionnement en eau potable, des cultures financés par les américains, les japonais ou Taïwan sans parler des myriades d’ONG et de partenariats de Belgique ou d’ailleurs…Face à cette situation, quel sera la position du pouvoir qui devrait prendre place en novembre prochain avec un déficit budgétaire de l’état très important ? Certains délégués d’entreprises nous ont par exemple parlé de la nécessité urgente de modifier l’actuel code du travail entièrement tourné selon eux vers l’intérêt des investisseurs étrangers en dépit de celui des travailleurs.
    • Vu les conditions de pauvreté et la place minoritaire du travail salarié « formel » dans le pays, il est très difficile pour un syndicat comme la CNTB d’être financièrement autonome via des cotisations. Pour compléter ces dernières le syndicat reste dépendant des appuis extérieurs comme celui de Solidarité Mondiale et la CSC de Liège ou du soutien de l’Etat burkinabè. Dans ces conditions, le syndicat n’a par exemple pas les moyens de fournir des indemnités de grève et reste donc très limité dans ses moyens de pression. Cela explique en partie la priorité que la CNTB donne à la négociation et au dialogue avec les patrons même si cela va parfois à l’encontre d’une vision plus combative de l’action syndicale que nous pouvons avoir en tant que partenaires belges…
    • Autre moyen d’action privilégié par la CNTB : la formation, que ce soit au niveau des délégués d’entreprises mais également de centres de formations qualifiantes. Concernant ces derniers, nous avons pu visiter deux centres soutenus par la CSC de Liège , l’un à Dapelogo dans la périphérie de Ouagadougou qui propose des formations d’une année en couture ou construction de même qu’un restaurant entreprise de formation fraîchement inauguré situé dans les bâtiments de la CNTB.         
    • Un enjeu actuel important pour la CNTB est également de trouver sa place dans les changements politiques et sociaux que connait le Burkina Faso suite aux événements d’octobre :
      • Même si la CNTB se veut un contre-pouvoir apolitique, elle est consciente du poids plus important qu’elle devrait prendre dans la transformation sociale du pays. Ceci dans un contexte où les principaux déclencheurs du changement, la jeunesse et les plus démunis, semblent se reconnaitre de moins en moins dans le fonctionnement et les valeurs des syndicats qui en sont bien conscients.
      • Toutefois la CNTB, observant quotidiennement l’aggravation de la corruption politique et du manque d’emploi, prétend qu’elle interpelle depuis longtemps les dirigeants politiques sur les révoltes que cette situation ne pouvait qu’entraîner en alimentant la montée en puissance du mécontentement populaire en particulier des jeunes.
      • D’autre part, le vent de liberté qui souffle actuellement au Burkina doit être une opportunité pour la CNTB de se faire entendre au niveau du gouvernement de transition. Par exemple, en ce qui concerne deux revendications actuelles du syndicat : les militaires, une fois la transition achevée, doivent retourner à la caserne et l’État doit diminuer les taxes qui empêchent le prix du pétrole de suivre l’évolution internationale à la baisse.

    Réseau d’appui aux mutuelles de santé

    L’autre partenaire à nous accueillir était le RAMS, Réseau d’Appui aux Mutuelles de Santé, principalement soutenu par la Mutualité Chrétienne de Liège et Solidarité Mondiale. Ce réseau  encadre et structure en antennes locales de nombreuses mutuelles qui représentent près de 37.000 bénéficiaires.

    • Nous avons pu relever une nouvelle fois à quel point les mutuelles locales, appuyées et structurées par le RAMS au niveau communal, sont portées par la mobilisation de groupes de militants. Qu’il s’agisse de groupes de femmes ou de cultivateurs de contons avec des représentants par village ou encore de travailleurs d’une même entreprise. Dans ce dernier cas, un exemple  intéressant nous a été donné lors de la visite d’une entreprise de transformation industrielle de métaux dont le patron a pris en charge l’affiliation de ses travailleurs à la mutuelle locale, les membres de celle-ci gèrent même l’infirmerie au sein de l’entreprise. Visiblement les différentes formes d’adhésion possibles à ces mutuelles  (individuelle, par chef de famille ou par personnes groupées en association) permettent de s’adapter efficacement au contexte culturel, urbain ou rural du Burkina.
    • Toutefois les difficultés restent nombreuses pour le développement des mutuelles de santé au Burkina Faso :
      • Un taux de recouvrement qui reste faible tant le système de cotisation se heurte à des problèmes de pauvreté et de culture : la tendance à considérer que « cotiser c’est appeler la maladie », à ne payer que pour obtenir directement des soins en cas de nécessité sans parler de l’accessibilité parfois très limitée de ceux-ci même en ayant cotisé… face à cette situation le RAMS investit énormément dans la sensibilisation au niveau local que ce soit dans les écoles, sous forme de pièces de théâtre ou encore d’émissions radio. Le RAMS négocie et collabore également avec de nombreuses mairies et centres de santé locaux afin d’essayer d’y améliorer l’offre de soins.
      • Vu le manque de moyens, d’autres difficultés très concrètes sont également rencontrées sur le terrain : le manque d’outils informatiques pour réaliser les collectes de cotisations fait que celles-ci sont compliquées et prennent du temps ce qui empêche de les fractionner davantage pour les rendre plus accessibles financièrement. Le manque de moyens pour réaliser des cartes d’adhésion avec photos afin de limiter la fraude est un autre exemple de difficulté…

    Cohabitation ethnique et religieuse

    Pour finir, on souhaite mettre en avant l’admirable cohabitation religieuse et ethnique que l’on a pu une nouvelle fois apprécier au Burkina Faso surtout vu l’actualité internationale liée au fanatisme religieux et la proximité de ce pays avec le Mali. Durant nos rencontres nous avons pu observer à quel point chrétiens et musulmans vivent, prient, travaillent ou se marient entre eux sans que cela ne semble poser de problème.

    Une des raisons en est peut-être que la religion n’est qu’une composante de l’identité des burkinabés parmi bien d’autres (traditionnelles, ethniques ou géographiques…) et que, malgré toutes les difficultés qu’ils connaissent, les Burkinabès réussissent à maintenir vivantes certaines de leurs valeurs et traditions, notamment via les réseaux de chefs coutumiers, qui paraissent d’efficaces remparts au radicalisme et à la violence. Espérons que cela puisse durer face à une mondialisation subie, inégale et destructrice de lien social de par la misère et le manque d’emploi qu’elle engendre. Tenant compte également du mécontentement exprimé dans la rue en octobre dernier d’une partie de plus en plus pauvre et jeune de la population pour qui les élections prévues fin 2015  devront répondre à beaucoup d’attentes et d’espoir de changement…

     

     

  12. Retour d’un voyage au Burkina Faso en 2009

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    Cela fait maintenant plus d’un mois que notre groupe de 11 professionnels et militants des organisations du MOC Liège-Huy-Waremme, pour la plupart membres de la commission Solidarité Mondiale de Liège, sont rentrés de leur voyage d’immersion organisé par l’ONG à la rencontre des partenaires de celle-ci et de leur action.

    Une fois la fédération MOC de Liège « sélectionnée » pour ce voyage, c’est dans un but de cohérence que le choix de destination s’est naturellement fixé sur le Burkina Faso. En effet, depuis plusieurs années, la Mutualité chrétienne et la CSC de Liège développent de solides partenariats dans ce « petit » pays d’Afrique de l’Ouest. C’est donc en étroite collaboration avec ces partenaires mutualistes et syndicalistes burkinabés que le contenu du séjour a été élaboré. Ce qui a débouché sur un programme extrêmement riche et varié emmenant du 21 novembre au 5 décembre 2009 le groupe aux quatre coins du pays.

     

     L’action syndicale

    La CNTB (Confédération Nationale des Travailleurs du Burkina) est l’un des 6 principaux syndicats du pays, elle existe depuis les années 60 et elle compte plus ou mois 15.000 affiliés. Grâce à des contacts quotidiens avec ses responsables, militants locaux et délégués ainsi que plusieurs visites de sections locales et d’entreprises, nous avons pu approcher les grands enjeux et difficultés auxquels le syndicat est confronté :

    Importance du travail informel

    C’est l’univers de la débrouille et de la survie dans lequel chacun essaie de gagner un peu d’argent comme il peut, la plupart du temps là où on a le plus de chance d’y arriver : dans la rue. C’est une des choses les plus frappantes lorsque l’on débarque dans la capitale, Ouagadougou, on a l’impression qu’il y plus de petites échoppes que d’habitants (« maquis » où boire et manger, vente de produits très divers, salons de coiffure, bouteilles de « carburant » de fortune pour les mobylettes…) que chaque personne dans la rue a quelque chose à vendre (cartes téléphoniques, fruits, ceintures, prostitution…), chaque immeuble a son gardien tout comme chaque voiture qui se gare sans oublier les porteurs de marchandises, collecteurs de déchets et autres « gens de maison »…

    Loin d’être marginal, ce travail informel constitue l’un des aspects majeurs de la vie économique et sociale du Burkina. En effet, l’informel occuperait 80% de la population active et représente 27% du PIB (le reste se partageant entre exportations et aides extérieures) derrière l’agriculture et l’élevage, c’est le troisième secteur le plus puissant de l’économie nationale [1]]. En plus de ne permettre aucune protection sociale, le travail informel s’effectue en marge de toute législation du travail tant au niveau des conditions de sécurité, du temps de travail que de la rémunération qui n’atteint bien souvent pas le SMIC (plus ou moins 22.000 francs CFA, soit 33€ par mois !).

    Malgré tout, face à cette situation les syndicats, qui comprennent des représentants de l’informel, poussent les travailleurs de ce secteur à s’organiser en corps de métiers ou en groupements professionnels notamment afin de faire valoir leur intérêt au près des pouvoirs publics : de la revendication à une protection sociale au niveau national en passant par des choses très concrètes comme faire pression pour obtenir des reçus de paiements de diverses taxes et redevances réclamées par les autorités locales (emplacement, éclairages…) afin d’éviter des abus de celles-ci.

    Le travail informel en tant que manière de survivre pour les exclus du marché et de la mondialisation témoigne sans doute également, au-delà du seul point de vue économique, d’un mode de fonctionnement plus profond de la société africaine , basé sur les réseaux traditionnels et familiaux qui échappent à nos conceptions occidentales de citoyenneté, d’Etat et de la place du travail dans la société. Toutefois en fonctionnant visiblement par fragmentation du travail existant et donc, par division des revenus, il est probable qu’en même temps l’informel dissolve ces réseaux de solidarité traditionnelle et, en l’absence totale de droits du travail, constitue en fait une multitude de réseaux d’exploitation invisible [2]]. Le problème est de savoir pourquoi le développement de ce secteur informel a pris une telle ampleur. L’autre grande difficulté à laquelle sont confrontés nos partenaires syndicalistes, que nous allons maintenant développer, apporte sans doute un élément de réponse

    Une industrie embryonnaire subissant la crise et la mondialisation

    Après les nombreuses manifestations contre « la vie chère » qui ont eu lieu dans le pays en 2008, dévaluation monétaire et forte hausse du prix des denrées de première nécessité font toujours sentir leurs effets. De plus, dans les entreprises que nous avons visitées, on nous a dit avoir durement ressenti la dernière crise financière mondiale. Comme dans la tannerie Tan-Aliz de Ouagadougou où 90 travailleurs viennent de se retrouver en chômage technique suite à la baisse de demande des clients européens fabricants de sacs et d’autres articles de maroquinerie.

    Comme nous l’a expliqué un responsable local de la CNTB dans la région de Bobodioulasso (2ème ville du pays et anciennement capitale industrielle) où l’industrie est particulièrement en déclin (voir en encadré ci-dessous l’interview d’une militante syndicale sur la délocalisation de l’entreprise Savana) , le Burkina s’est ouvert beaucoup trop vite à la concurrence mondiale poussé par le pouvoir en place suivant la doctrine libérale encouragée par les grands bailleurs de fonds internationaux tels que le FMI et la Banque Mondiale et leurs fameux « Plans d’Ajustements Structurels » [3]] .

    L’économie burkinabé n’était pas prête et l’accompagnement de l’Etat s’est avéré largement insuffisant. Le pays n’a pu faire face à la concurrence de voisins plus importants comme la Côte d’Ivoire ou par exemple, comme on nous l’a expliqué, face à l’arrivée de mobylettes chinoises bon marché qui a précipité la fermeture d’entreprises d’assemblage locales. Au cours d’une visite d’une entreprise de production de sucre à partir de cannes, premier employeur après l’Etat dans la région de Banfora, les délégués nous ont appris que l’usine venait d’être reprise par un investisseur du Qatar entraînant énormément de difficultés syndicales y compris même le droit de se réunir…de nombreux exemples nous ont été ainsi donnés de secteurs entiers de l’économie nationale libéralisés et appartenant désormais à des capitaux étrangers : production de coton, téléphonie, chemin de fer…

    Par rapport à cette situation les syndicats sont face à d’énormes difficultés pour mobiliser et organiser les travailleurs dans la défense de leurs intérêts. Manque de formation et de connaissance de leurs droits (rappelons que le taux d’alphabétisation ne dépasserait pas un quart de la population du pays), mais surtout grosse difficulté à récolter des cotisations, vu le poids du secteur informel notamment, et donc à dégager les moyens nécessaires par exemple au soutien d’une grève. Parfois cette difficulté à s’affilier est doublée d’une crainte d’être mal vu par son patron mais aussi par le pouvoir politique local comme nous l’ont raconté avec humour des responsables syndicaux locaux que certains de leurs militants faisaient semblant de ne pas reconnaître sur la place les jours de marché…

    Libertés syndicales et relations avec le pouvoir public

    Durant nos nombreuses rencontres avec des syndicalistes nous avons entendu plusieurs témoignages concernant des atteintes aux libertés syndicales : impossibilité de se réunir comme cité plus haut, syndicalistes menacés et même « coursés par des 4X4 » !, journaliste de la capitale muté « en brousse » dans une lointaine province, ministre démis de ses fonctions pour avoir pris le parti de travailleurs licenciés, peur d’être « fiché » ou encore impossibilité de faire grève sous peine d’avoir affaire à la police pour les travailleurs d’un secteur sensible comme ceux qui travaillent à l’aéroport de Ouagadougou (le Burkina est un pays « enclavé »)…

    À côté de cela, lors d’une rencontre, avec le Ministre du travail, organisée par nos partenaires, nous avons pu percevoir une certaine volonté du pouvoir public de collaborer avec les syndicats et les mouvements mutuellistes en vue de l’élaboration d’un système d’assurance maladie et du respect des conditions de travail (envoi d’inspecteurs du travail, encore trop peu nombreux , sur le terrain) ou de la construction d’un dialogue social (rencontres annuelles entre syndicats, employeurs et gouvernement, représentation des syndicats dans des tribunaux du travail…). Citons aussi l’organisation d’un colloque international sur le travail décent organisé par le BIT à Ouagadougou le 2 décembre et auquel deux d’entre nous ont eu la chance de participer [4]].

    L’Action Mutuelliste

    Le Réseau d’Appui aux Mutuelles de Santé (RAMS) a pour but de soutenir la création et le développement de celles-ci pour organiser et faciliter l’accessibilité financière de la population aux soins de santé. Le RAMS appuie une soixantaine de Mutuelles au Burkina qui permettent de couvrir des dizaines de milliers d’affiliés. La création de ces mutuelles et leur implantation locale se fait à partir de réseaux associatifs (groupement de corps de métiers, syndicats, groupements de femmes…). Des frais d’adhésion par famille sont demandés en plus d’une cotisation annuelle par personne ce qui permet de couvrir la plupart du temps jusqu’à 80% des frais principalement de prescription de médicaments génériques et de consultation dans divers centres de santé.

    Difficultés d’accès financiers aux soins de santé

    Rappelons quelques éléments qui nous ont été donnés sur la santé au Burkina : grosse partie de la population qui n’a pas accès à l’eau potable surtout en milieu rural, manque énorme de personnel médical (1 médecin pour 10.000 habitants selon l’OMS), 4% de la population atteinte par le SIDA et une espérances de vie dépassant à peine les 50 ans.

    Situation dont nous avons pu très partiellement prendre la mesure en visitant un hôpital de Ouagadougou dont la maternité compte…une vingtaine de lits. Les principales causes de consultations aux urgences sont celles qui réclament le plus de soins dans l’ensemble de la population : paludisme (malaria), infections respiratoires et dysenteries.

    De plus, par définition les travailleurs de l’informel (la majeure partie) ne bénéficient d’aucune protection sociale. Quant à celle dont bénéficie actuellement la minorité du secteur formel, fonctionnaires en particulier, elle ne couvre pas les risques de santé autres que professionnels.

    Les vendeurs de rue de médicaments constituent également un aspect du problème. Ces médicaments vendus dans la rue beaucoup moins chers que dans le commerce et donc beaucoup plus accessibles, présentent de grands risques d’être périmés, inadéquats voir pire. A ce propos, lors d’un festival de films d’animation à Ouagadougou nous avons eu l’occasion de voir un documentaire de prévention sur ce genre de pratique dans lequel un vendeur de médicaments expliquait que ne sachant pas lire il lui suffisait de se fier au dessin sur la boîte de médicaments pour savoir lequel proposer à ses clients : une boîte de « femme qui se tient le ventre » pour les maux de ventre ou encore une pilule de « vieille femme qui court » pour la fatigue…

    Des mutuelles organisées par des femmes en milieu rural

    De nombreuses Mutuelles sont l’initiative de groupements de femmes défavorisées en milieu rural. C’est le cas de celles que nous avons visitées à Tanghin Dassouri, Kongoussi et Tenkodogo. Leur grande solidarité et leur dynamisme associatif et économique nous ont impressionnés au regard des difficultés très concrètes auxquelles les femmes qui font vivre ces mutuelles sont confrontées : besoin d’un coffre, sans lequel la trésorerie peut être risquée, avoir un semblant d’enseigne ou encore du matériel de gestion administrative. De plus l’éloignement parfois très important des centres de santé oblige bien souvent ces femmes à faire des dizaines de kilomètres à pieds en l’absence de moyens pour acheter une mobylette ou même un vélo. Ce problème de déplacement touche également la collecte des cotisations dans les différents villages et oblige bien souvent ces femmes à dormir là où elles se réunissent…quand elles ont la chance de disposer d’un local.

     Micro-crédit et activités génératrices de revenus

    Notons enfin que dans ces régions rurales où la capacité contributive est très faible et dépendante des récoltes agricoles, la mise en place de mutuelles se fait souvent en combinaison avec des activités génératrices de revenus. Ce qui nous amène à un dernier aspect de l’action des partenaires rencontrés au Burkina Faso, l’octroi de microcrédits qui permet aux bénéficiaires d’essayer de développer des activités génératrices de revenus. Ces activités se situent principalement dans le petit commerce de fruits et légumes ou d’eau potable par exemple, dans la transformation et le stockage de denrées alimentaires, dans la culture maraîchère comme dans les villages de Bam et Darigma ou encore dans la collecte et le recyclage de déchets comme expliqué lors d’une visite de la mutuelle de Tenkodogo.

    L’association de femmes « Watinooma » de Kaya est également un bon exemple. A la fois mutuelle et guichet de microcrédit, c’est aussi un lieu où se donnent des cours d’alphabétisation et où, notamment, sont pris en charge les orphelins de membres décédés. Un lieu qui présente aussi un espace et du matériel permettant à plus de 300 femmes de développer des activités génératrices de revenus : élevage d’embouche, préparation du soumbala, exploitation de champs collectifs…

     En conclusion

    Ce genre de voyage permet évidemment de découvrir une réalité autre que la nôtre, en termes de pauvreté et d’inégalités énormes malheureusement mais aussi de richesses culturelles et sociales. Toutefois, au-delà de ces différences et du caractère forcément « déséquilibré » de nos rencontres, ce voyage nous a également permis d’apprécier les nombreux points communs entre nos revendications de mouvements sociaux ici et là-bas. C’est de cet aspect des échanges entre les organisations du MOC et leurs partenaires du Sud, ainsi que de l’intérêt de les soutenir que nous souhaitons particulièrement témoigner au terme de ce voyage.

    Si vous faites partie d’un groupe que cela intéresse, les participants à ce voyage sont disponibles pour témoigner, répondre à vos questions et animer un échange autour de leur expérience à l’aide de photos et extraits filmés de ce voyage. Contact : Nicolas Laermans, 0498/17.18.50 ou par MAIL

    [1« Vision syndicale » n°3, mars 2007, « Burkina Faso : l’informel au coeur d’une nouvelle solidarité ». Périodique de la CSI (Confédération Syndicale Internationale) disponible ICI

    [2[ Lire à ce propos : « Le pire des mondes possibles », Mike Davis, Ed. La Découverte, 2007, p.182-213

    [3[Ces institutions financières internationales recommandent aux États surendettés auprès d’elles des réformes qui comportent presque systématiquement comme solution, pour rembourser leurs dettes et se développer économiquement, une stricte discipline budgétaire avec diminution des dépenses publiques, la promotion des exportations (au détriment parfois du marché intérieur), libéralisation des entreprises nationales et du commerce extérieur.

    [4[Réunissant grâce au BIT (Bureau International du Travail) représentants des travailleurs et des employeurs de 44 pays, en particuliers africains, ce colloque avait pour principal but de mettre en place des stratégies communes de mise en œuvre du « Pacte mondial pour l’emploi » adopté en juin à Genève.

    En effet, la crise mondiale de l’emploi a fait l’objet d’un sommet en juin 2009 à Genève, à l’initiative de l’OIT (Organisation internationale du travail). Le but était d’adopter un Pacte mondial pour l’emploi afin de favoriser une reprise rapide de l’emploi durement frappé par la crise financière internationale.

    Le colloque faisait également suite à un sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine en septembre 2004, encore à Ouagadougou, qui mettait, pour la première fois, la protection sociale et le travail décent à l’agenda du développement du continent.