Tag Archive: Solidarité Mondiale

  1. Liège | Afric@fonck 3ème édition, c’est le 29 juin !

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    Le 29 juin, la MC, la CSC et Solidarité mondiale organisent la 3ème édition d’Afric@fonck, une journée festive, familiale et multiculturelle ouverte à tous.
    Au programme : concerts gratuits, danses et percussions, village associatif, village gourmand, ateliers de tresses et coiffures africaines, jeux de société, contes, animations pour petits et grands…

    Depuis de nombreuses années, la MC, la CSC et l’ONG Solidarité mondiale développent des partenariats au Burkina Faso. En organisant Afric@fonck, elles souhaitent mettre en avant leurs partenaires mais aussi inviter le public à la découverte d’une autre culture, lui faire connaître les réalités vécues par les partenaires du Sud.
    Le programme complet est sur www.mc.be/africafonck
    ou
    https://www.facebook.com/africafonckfestival/

  2. Liège | Situation au Burkina Faso – Conférence le 27/06

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    Solidarité Mondiale vous invite à une conférence/débat sur la situation au Burkina Faso le jeudi 27 juin à 17h à la Mutualité Chrétienne de Liège Place du XX août, 38, 4ème

    Avec :

    • Claire Kupper (GRIP, Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité)
    • Des représentants de mouvements syndicaux et mutuellistes du Burkina Faso (RAMS et CNTB).

    Pendant longtemps épargné par les conflits armés, connaissant une cohabitation ethnique et religieuse remarquable, le Burkina Faso voit ces dernières années sa situation sécuritaire se dégrader. Ce petit pays d’Afrique de l’Ouest est devenu la cible d’attaques mortelles attribuées en particulier à des djihadistes.

    Attentats ciblant des étrangers, enlèvements et exécutions de ressortissants, multiplication d’attaques contre l’armée … une partie du « pays des hommes intègres » glisse dans une insécurité grandissante. Que se passe-t-il ? Quelle influence du pays voisin, le Mali ? Quel impact sur la population et la coopération au développement ?

    Claire Kupper, spécialiste de l’Afrique au GRIP nous aidera à faire le point. Plusieurs partenaires burkinabés de Solidarité Mondiale, la Mutualité Chrétienne et de la CSC de Liège nous feront également part de leur témoignage.

  3. Sprimont | Ciné/débat : « Burkinabe Bounty » le 23 mai

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    Jeudi 23 mai 20h

    Foyer culturel de Sprimont Rue du Centre, 81

    La résistance agricole et la lutte pour la souveraineté alimentaire est en route au Burkina Faso. Des agriculteurs, étudiants, artistes et dirigeants militants du mouvement Slow Food local mènent un combat quotidien pour récupérer la terre et défendre les traditions contre l’intrusion de l’industrie agroalimentaire grâce à des tactiques créatives… Petit à petit, le peuple reprend le contrôle de sa nourriture, de ses semences et de son avenir.

    Le film (37′) sera suivi d’un débat avec :

    • Un représentant de l’ONG Solidarité Mondiale qui soutient des mouvements sociaux au Burkina Faso
    • Un représentant de la coopérative « les petits producteurs » qui rassemble notamment des producteurs agricoles d’Ourthe Amblève
  4. Bruxelles | Solidarité Mondiale porte haut l’appel pour des vêtements clean !

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    SOURCE : https://www.vetementsclean.be/blog/cleanekleren-klopt-aan-bij-kris-peeters-2
    Une délégation imposante de la campagne #Vêtementsclean a rencontré le Ministre Kris Peeters, ce vendredi 15 février 2019, armée d’un mégaphone géant symbolisant la voix de plus de 46.000 citoyens et consommateurs. Un appel fort lancé aux entreprises et aux responsables politiques à faire mieux en termes de transparence et de respect des droits humains dans la filière !

    En savoir plus & signer la pétition

     

  5. 20 kilomètres de Bruxelles : rejoignez l’équipe Solidarité Mondiale

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    Source : Solidarité Mondiale

    Vous cherchez une équipe dynamique et pleine de sens pour fouler les pistes des 20KM de Bruxelles, le dimanche 19 mai 2019, tout en apportant un brin de solidarité, vous avez frappé à la bonne porte ! Début février : ouverture des inscriptions. N’hésitez plus et rejoignez le groupe « clean » de Solidarité Mondiale-WSM.

    En savoir plus…

  6. Retour d’un voyage au Burkina Faso en 2015

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    Début février 2015, un groupe de 12 militants et professionnels de la CSC, la Mutualité Chrétienne, Vie Féminine, la JOC et le MOC de Liège ont participé durant 15 jours à un voyage d’immersion organisé par Solidarité Mondiale au Burkina Faso.

    La plupart n’étaient encore jamais allés dans ce pays mais un voyage similaire avec d’autres participants a eu lieu il y a 5 ans dont le but était déjà de rencontrer sur place les partenaires de Solidarité Mondiale, la CSC et la Mutualité Chrétienne de Liège, découvrir leur action et en témoigner par la suite.

    Prévu au départ en novembre 2014, ce voyage a bien failli ne jamais avoir lieu. Entre les craintes liées à la propagation du virus Ebola et le soulèvement populaire d’octobre qui a réussi à faire tomber un pouvoir en place depuis 27 ans [1], nous avons finalement reporté le voyage début février 2015. Notre séjour s’est donc déroulé dans « un pays des hommes intègres » au début d’une transition démocratique pleine d’espoirs et d’inconnues qui devrait déboucher sur des élections dans moins d’un an.

    Dans ce contexte, voici quelques impressions qui viennent compléter celles d’un premier voyage en 2009.

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    La CNTB, Confédération Nationale des travailleurs du Burkina

    Principal partenaire à nous accueillir, il s’agit d’une des confédérations syndicales les plus importantes du pays, présente depuis les années soixante et forte de dizaines de milliers d’affiliés, elle essaie de rassembler une multitude de syndicats autonomes structurés par entreprises ou corporations.

    Plus que jamais, de nombreuses difficultés et enjeux concernent actuellement l’action syndicale de la CNTB :

    • Plus encore que lors de notre voyage de 2009, le pays continue de subir des fermetures d’entreprises nationales ou privées ainsi qu’une ouverture à la mondialisation qui ne laisse aucune chance à d’éventuelles productions locales face à ce qui peut arriver moins cher de Chine ou d’ailleurs.
    • Délégués entrprise SN Sitec {JPEG}De plus, l’extrême dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur ne facilite pas le travail syndical : suite à 27 ans de pouvoir particulièrement ouvert aux investissements étrangers, pas une entreprise ou une mine derrière laquelle ne se trouvent des investisseurs français, libanais, canadiens, chinois ou qataris ; des routes, des projets d’approvisionnement en eau potable, des cultures financés par les américains, les japonais ou Taïwan sans parler des myriades d’ONG et de partenariats de Belgique ou d’ailleurs…Face à cette situation, quel sera la position du pouvoir qui devrait prendre place en novembre prochain avec un déficit budgétaire de l’état très important ? Certains délégués d’entreprises nous ont par exemple parlé de la nécessité urgente de modifier l’actuel code du travail entièrement tourné selon eux vers l’intérêt des investisseurs étrangers en dépit de celui des travailleurs.
    • Vu les conditions de pauvreté et la place minoritaire du travail salarié « formel » dans le pays [2], il est très difficile pour un syndicat comme la CNTB d’être financièrement autonome via des cotisations. Pour compléter ces dernières le syndicat reste dépendant des appuis extérieurs comme celui de Solidarité Mondiale et la CSC de Liège ou du soutien de l’Etat burkinabè. Dans ces conditions, le syndicat n’a par exemple pas les moyens de fournir des indemnités de grève et reste donc très limité dans ses moyens de pression. Cela explique en partie la priorité que la CNTB donne à la négociation et au dialogue avec les patrons même si cela va parfois à l’encontre d’une vision plus combative de l’action syndicale que nous pouvons avoir en tant que partenaires belges…
    • Atelier couture centre de formation de Dapelogo {JPEG}Autre moyen d’action privilégié par la CNTB : la formation, que ce soit au niveau des délégués d’entreprises mais également de centres de formations qualifiantes. Concernant ces derniers, nous avons pu visiter deux centres soutenus par la CSC de Liège , l’un à Dapelogo dans la périphérie de Ouagadougou qui propose des formations d’une année en couture ou construction de même qu’un restaurant entreprise de formation fraîchement inauguré situé dans les bâtiments de la CNTB.

    Un enjeu actuel important pour la CNTB est également de trouver sa place dans les changements politiques et sociaux que connait le Burkina Faso suite aux événements d’octobre :

    • Même si la CNTB se veut un contre-pouvoir apolitique, elle est consciente du poids plus important qu’elle devrait prendre dans la transformation sociale du pays. Ceci dans un contexte où les principaux déclencheurs du changement, la jeunesse et les plus démunis, semblent se reconnaitre de moins en moins dans le fonctionnement et les valeurs des syndicats qui en sont bien conscients.
    • Entreprise SN Sitec {JPEG}Toutefois la CNTB, observant quotidiennement l’aggravation de la corruption politique et du manque d’emploi, prétend qu’elle interpelle depuis longtemps les dirigeants politiques sur les révoltes que cette situation ne pouvait qu’entraîner en alimentant la montée en puissance du mécontentement populaire en particulier des jeunes.
    • D’autre part, le vent de liberté qui souffle actuellement au Burkina doit être une opportunité pour la CNTB de se faire entendre au niveau du gouvernement de transition. Par exemple, en ce qui concerne deux revendications actuelles du syndicat : les militaires, une fois la transition achevée, doivent retourner à la caserne et l’État doit diminuer les taxes qui empêchent le prix du pétrole de suivre l’évolution internationale à la baisse.

    Réseau d’Appui aux Mutuelles de Santé

    RAMS Bobodioulasso {JPEG}L’autre partenaire à nous accueillir était le RAMS, Réseau d’Appui aux Mutuelles de Santé, principalement soutenu par la Mutualité Chrétienne de Liège et Solidarité Mondiale. Ce réseau encadre et structure en antennes locales de nombreuses mutuelles qui représentent près de 37.000 bénéficiaires.

    Nous avons pu relever une nouvelle fois à quel point les mutuelles locales, appuyées et structurées par le RAMS au niveau communal, sont portées par la mobilisation de groupes de militants. Qu’il s’agisse de groupes de femmes ou de cultivateurs de contons avec des représentants par village ou encore de travailleurs d’une même entreprise. Dans ce dernier cas, un exemple intéressant nous a été donné lors de la visite d’une entreprise de transformation industrielle de métaux dont le patron a pris en charge l’affiliation de ses travailleurs à la mutuelle locale, les membres de celle-ci gèrent même l’infirmerie au sein de l’entreprise. Visiblement les différentes formes d’adhésion possibles à ces mutuelles (individuelle, par chef de famille ou par personnes groupées en association) permettent de s’adapter efficacement au contexte culturel, urbain ou rural du Burkina.

    Pharmacie centre de santé {JPEG}Toutefois les difficultés restent nombreuses pour le développement des mutuelles de santé au Burkina Faso :

    • Un taux de recouvrement qui reste faible tant le système de cotisation se heurte à des problèmes de pauvreté et de culture : la tendance à considérer que « cotiser c’est appeler la maladie », à ne payer que pour obtenir directement des soins en cas de nécessité sans parler de l’accessibilité parfois très limitée de ceux-ci même en ayant cotisé… face à cette situation le RAMS investit énormément dans la sensibilisation au niveau local que ce soit dans les écoles, sous forme de pièces de théâtre ou encore d’émissions radio. Le RAMS négocie et collabore également avec de nombreuses mairies et centres de santé locaux afin d’essayer d’y améliorer l’offre de soins.
    • Vu le manque de moyens, d’autres difficultés très concrètes sont également rencontrées sur le terrain : le manque d’outils informatiques pour réaliser les collectes de cotisations fait que celles-ci sont compliquées et prennent du temps ce qui empêche de les fractionner davantage pour les rendre plus accessibles financièrement. Le manque de moyens pour réaliser des cartes d’adhésion avec photos afin de limiter la fraude est un autre exemple de difficulté…

    Cohabitation religieuse et ethnique

    Pour finir, on souhaite mettre en avant l’admirable cohabitation religieuse et ethnique que l’on a pu une nouvelle fois apprécier au Burkina Faso surtout vu l’actualité internationale liée au fanatisme religieux et la proximité de ce pays avec le Mali.

    Durant nos rencontres nous avons pu observer à quel point chrétiens et musulmans vivent, prient, travaillent ou se marient entre eux sans que cela ne semble poser de problème.

    JPEGUne des raisons en est peut-être que la religion n’est qu’une composante de l’identité des burkinabés parmi bien d’autres (traditionnelles, ethniques ou géographiques…) et que, malgré toutes les difficultés qu’ils connaissent, les Burkinabès réussissent à maintenir vivantes certaines de leurs valeurs et traditions (notamment via les réseaux de chefs coutumiers) qui paraissent d’efficaces remparts au radicalisme et à la violence.

    Espérons que cela puisse durer face à une mondialisation subie, inégale et destructrice de lien social de par la misère et le manque d’emploi qu’elle engendre. Tenant compte également du mécontentement exprimé dans la rue en octobre dernier d’une partie de plus en plus pauvre et jeune de la population pour qui les élections prévues fin 2015 devront répondre à beaucoup d’attentes et d’espoir de changement…

    [1« L’histoire du Burkina Faso a connu une brusque accélération depuis l’automne 2014. Le 31 octobre de cette année fatidique, après 27 ans de règne, Blaise Compaoré tombait comme une poire trop mûre face à une insurrection populaire qui n’aura duré que 3 jours, provoquant néanmoins la mort de 24 manifestants. L’ancien président burkinabé n’aura donc pas réussi à modifier l’article 37 de la Constitution du Faso, afin de briguer un énième mandat aux prochaines élections présidentielles : la rue lui aura barré le chemin… » extrait de « Défi électoral au Burkina,
    L’UE face aux énigmes d’une transition »
    analyse du GRIP (GROUPE DE RECHERCHE ET D’INFORMATION SUR LA PAIX ET LA SÉCURITÉ). A lire également « Burkina Faso,
    une révolution portée par la jeunesse »

    [2« L’économie informelle procure du travail à près de 80% de la population active et représente 27% du PIB. Derrière l’agriculture et l’élevage, c’est le 3ème secteur le plus puissant de l’économie nationale. Dans certaines villes du pays, à Bobo Dioulasso par exemple, il contribue à 50% du produit local brut » « Vision syndicale » n°3, mars 2007, « Burkina Faso : l’informel au coeur d’une nouvelle solidarité ». Périodique de la CSI (Confédération Syndicale Internationale)} disponible ICI.
    En plus de ne permettre aucune protection sociale, le travail informel s’effectue en marge de toute législation du travail tant au niveau des conditions de sécurité, du temps de travail que de la rémunération qui n’atteint bien souvent qu’à peine l’équivalent de 30€ par mois/1€ par jour.

  7. Retour d’un voyage d’immersion Solidarité Mondiale en République Dominicaine

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    JPEG - 318 koLe 8 novembre dernier, un groupe de 12 personnes provenant d’organisations MOC sur Liège mais également de nos partenaires au Burkina Faso (CNTB, RAMS, MUFEDE) s’est rendu en République Dominicaine dans le cadre d’un voyage d’immersion organisé par Solidarité Mondiale à la rencontre des organisations sociales partenaires de l’ONG sur place.

    Au programme, quatorze jours de visites de terrain et de témoignages liés au travail d’AMUSSOL, CASC, CONAMUCA, FEI, MOSCTHA et TURISSOL . De nombreuses rencontres effectuées d’est en ouest et du nord au sud du pays à la découverte de ces mouvements sociaux qui agissent dans le but d’améliorer l’accès à la protection sociale et aux soins de santé, le dialogue social et les droits des travailleurs, le développement d’un tourisme durable, les droits des femmes ou encore permettre aux communautés rurales de développer des activités complémentaires de revenus.

    Plutôt de que d’énumérer tout ce que nous avons découvert durant ce séjour, deux aspects du travail des partenaires de Solidarité Mondiale dans ce pays rendent particulièrement bien compte dans leur contraste de l’impression générale laissée par ce voyage :

     

    Situation des migrants haïtiens dans les « Batey »

    JPEG - 103.2 koUne partie de notre voyage aurait dû se dérouler à Haïti mais une situation très tendue liée à des manifestations contre le président en place et son gouvernement nous a contraint à annuler pour des raisons de sécurité.

    Formant une même île, Haïti et la République Dominicaine ont pourtant des situations et une histoire très différentes sur certains points (en termes géographiques et environnementaux, de passé coloniale, de langue et de culture…). Ces différences ont entraîné au final de grandes différences socio-économiques, nettement en défaveur d’Haïti, qui font que les situations de ces deux pays restent fortement liées avec notamment près de 700.000 migrants haïtiens présents en République Dominicaine, venus dans l’espoir de trouver du travail. Nos rencontres, parmi les plus marquantes de notre voyage, avec les habitants des « Batey » Manolo et LaLouisia dans la province de Monte Plata et le Batey n°6 de Barahona, nous ont permis de nous rendre compte de cette réalité.

    Les « Batey » sont à la base des campements mis en place par l’état dominicain dans les zones agricoles pour abriter les travailleurs des champs de cannes à sucre pour la plupart d’origines haïtiennes. L’exploitation de la canne à sucre a été une des principales ressources du pays pendant de nombreuses années mais la conjecture mondiale l’ayant rendue beaucoup moins rentable, cette culture a commencé à être privatisée à partir des années 90 puis laissée progressivement à l’abandon. Tout comme les habitants de ces Batey qui y sont restés malgré tout faute de travail et de moyens de se déplacer, moins mobiles que les investisseurs.

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    Présents depuis des dizaines d’années ou même nés dans ces Batey, ils restent pourtant officiellement haïtiens avec très peu de perspectives d’obtenir des papiers dominicains et sans plus d’attaches avec Haïti. Ils sont ainsi plusieurs centaines de milliers à vivre dans des conditions très précaires (en termes d’accès à l’eau potable, aux sanitaires, aux soins médicaux…) sans véritable statut, sans protection sociale, oubliés… en témoigne un homme de plus de 80 ans habitant depuis qu’il est jeune le Batey Manolo : « un pays qui vous accueil devrait pouvoir vous offrir un avenir mais moi j’ai juste coupé de la canne, coupé de la canne, coupé de la canne… ». Des campagnes de régularisation ont tout de même été mises en place récemment par l’Etat Dominicain, mais comme nous l’a expliqué un autre habitant du Batey Manolo, pour espérer être régularisé, et encore…provisoirement, ils doivent retourner en Haïti pour se procurer leurs actes de naissance, voyage qui coûte plus de 100$ alors qu’ils vivent avec à peine 1$ par jour…

    Face à cette situation, le MOSCHTA (Mouvement Socio-Culturel pour les Travailleurs Haïtiens), association partenaire de Solidarité Mondiale en République Dominicaine, soutient les habitants de ces Batey sous forme d’aide juridique pour l’obtention de papiers, d’accès à l’eau potable, de cliniques ambulantes, d’installation de latrines ou encore de services funéraires… la reconnaissance des droits des migrants haïtiens fait également partie des revendications politiques les plus importantes portées ensemble par les 5 associations partenaires de Solidarité Mondiale en République Dominicaine dont fait partie le MOSCHTA .

    Tourisme de masse, un aspect important de la République Dominicaine

    JPEG - 129.6 koCocotiers et plages de sable fin sont souvent les premières images qu’évoquent la République Dominicaine. De fait, depuis déjà pas mal d’années, le pays a fortement misé sur le tourisme de masse à tel point que ce secteur représente à l’heure actuelle presqu’un quart de son PIB et qu’il serait devenu, proportionnellement à sa taille, le pays qui génère le plus de bénéfices touristiques dans toute l’Amérique latine. Ainsi, les chiffres de croissance et de richesse du pays sont poussés à la hausse artificiellement car étant très mal répartis. Comme nous l’a dit un enseignant militant de la CASC de Santiago « De l’argent il y en a en République Dominicaine mais c’est de plus d’égalité dont le pays a besoin ».

    Ce développement du tourisme de masse et des emplois qui vont avec, concerne principalement une petite partie du pays située sur la pointe occidentale de l’île, là où se trouve « Punta Cana », célèbre destination touristique emblématique de cette situation à tel point qu’elle possède son propre aéroport. Les principaux investisseurs propriétaires, actionnaires et exploitants des hôtels et des plages (pour la plupart privatisées) semblent être principalement des Italiens et des Espagnols (NH Group Hôtel…). Il faut dire que le pays ne manque pas d’attraits : avantages fiscaux, salaires mensuels autour de 250$, personnel souriant… L’offre touristique est donc très importante, c’est le moins que l’on puisse dire, avec de véritable villages hôteliers proposant des formules « All inclusive » et des milliers de chambres avec en coulisses de véritables armées au service du touriste : certains des plus gros complexes hôteliers comptent jusqu’à 3000 travailleurs ! L’équivalent d’importants hôpitaux en Belgique…. Nous avons pu rencontrer des délégations syndicales de ces travailleurs du secteur touristique (hôtellerie, transports, boutiques d’artisanat, responsables des commerces de plages…) afin qu’ils puissent nous expliquer comment les travailleurs s’organisent pour essayer d’obtenir de meilleures conditions de travail.

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    On s’en doute, les abords de ces villages hôteliers où vivent ces travailleurs font moins rêver les touristes. À 5 minutes à peine de ceux-ci, ce sont les mêmes quartiers populaires qu’on retrouve également dans l’arrière-pays : rues sales et bruyantes à peine goudronnées, sans trottoirs, bordées d’échoppes et d’habitations bricolées au travers desquels les fils électriques et la circulation anarchique essaient de se frayer un chemin…Pays de contrastes, comme nous le montre les brochures touristiques, et pas que paysagés…

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    Un autre aspect lié au tourisme est que les Dominicains, faute de temps mais surtout de moyens, le pratique très peu au sein même de leur propre pays. Partant de ce constat, TURISSOL, une organisation partenaire de Solidarité Mondiale sur place, essaie de développer une offre touristique durable et accessible aux familles dominicaines. A l’ombre des grands « tours opérateurs », TURISSOL vise et défend un tourisme à taille humaine pouvant bénéficier plus largement aux communautés locales du pays qui possède bien d’autres richesses naturelles et culturelles que la seule zone de Punta Cana.

     

     

     

    Plus d’infos sur les activités de Solidarité Mondiale en République Dominicaine

     

  8. Des entreprises trop peu régulées et des personnes affectées par milliers : mettre fin à l’impunité!

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    Un consortium composé d’ONG et de syndicats belges lance ce mercredi 3 octobre 2018 un appel à mobilisation pour que la Belgique s’engage activement en faveur de l’adoption d’un traité international qui vise à mettre fin à l’impunité des entreprises qui se rendent coupables d’abus des droits humains.

    Mettre fin à l’impunité

    Le collectif d’organisation propose aux citoyens d’interpeller le Ministre des Affaires Étrangères, Didier Reynders, par l’entremise d’un site internet spécialement dédié à la question. Il entend pousser la Belgique à jouer un rôle de premier plan lors de la prochaine session de négociations entre les États qui aura lieu à Genève du 15 au 19 octobre 2018, au sein du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies.

    « Les citoyens pourront se rendre sur le site www.reclaimhumanrights.net/bindingtreaty afin de demander explicitement à la Belgique de s’engager activement dans le processus », précise Hélène Capocci, d’Entraide & Fraternité.

    Dans le cadre de cet appel, les organisations organisent des projections-débat en Flandres, Bruxelles et Wallonie, avec à l’appui le film documentaire « Le Souffle volé ». « Cette production raconte une histoire émouvante sur les injustices que subissent des populations, en Belgique et en Inde, au nom des intérêts commerciaux et du profit. Ces personnes traversent de nombreuses épreuves tandis que l’entreprise concernée poursuit ses activités nuisibles à l’autre bout du monde , sans être dérangée », précise Wies Willems, de Broederlijk Delen.

    Mais cet exemple n’est pas isolé ! Marées noires, effondrements de bâtiments, accaparement de terres, limitations de la liberté syndicale, conditions de travail non décentes, pollution, maladies : voilà quelques-unes des atteintes avérées aux droits fondamentaux des populations et des travailleurs. De nombreux cas d’abus des droits humains impliquant des entreprises belges et étrangères ont été répertoriés, dans des secteurs sensibles et socialement à risque tels que les industries extractives, la construction, le textile, l’alimentation, le bois, le dragage ou encore les forêts.

    Les législations nationales et internationales visant à réguler les activités des entreprises multinationales sont nombreuses mais peinent à démontrer leur efficacité. Les abus commis par certaines de ces entités sont légions, sans que des voies de recours et des réparations justes pour les victimes soient pour autant assurées.

    Ces dernières années, le débat sur le respect des droits humains, environnementaux et sociaux ont été pris à bras le corps par la communauté internationale. Mais jusqu’à présent, seules des initiatives à caractère purement volontaires ont été adoptées.

    En juin 2014, le Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies a adopté une résolution historique qui a ouvert la voie à l’élaboration d’un traité international contraignant visant à protéger les populations des abus commis par des entreprises. Le traité engagerait les États à assurer la primauté des droits humains sur les intérêts économiques ; contraindre les entreprises transnationales (mais aussi leurs fournisseurs, leurs sous-traitants et leurs filiales) à respecter les droits humains partout où elles opèrent et les tenir juridiquement responsables en cas d’abus ; et enfin, à garantir l’accès à la justice pour les personnes affectées.

     

  9. Retour d’un voyage en Bolivie en 2011

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    Du 18 novembre au 2 décembre, dix permanents et bénévoles du Mouvement Ouvrier Chrétien sont partis à la rencontre des partenaires de Solidarité Mondiale en Bolivie [1]. Un voyage qui a permis de mieux connaître l’engagement, les actions et les projets menés par les mouvements sociaux soutenus par notre ONG, mais aussi d’avoir un aperçu de la complexité du processus de changement politique en cours dans ce pays.

    Contexte politique

    JPEG - 441.7 koÉlu président en 2005 puis réélu confortablement (64%) pour un deuxième mandat en 2009, l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales et, aux élections législatives, de son parti le MAS (Mouvement vers le socialisme) a marqué un tournant dans l’histoire de la Bolivie. Premier président d’origine indienne (60% de la population) et paysanne, il incarne un changement socialiste qui succède à l’alternance de périodes de conflits, de dictatures et plus récemment d’application de recettes néo libérales basées notamment sur la privatisation et les investissements étrangers.

    L’arrivée au pouvoir d’Evo Morales qui a suscité l’enthousiasme d’une bonne partie de la population jusque-là marginalisée, s’est concrétisée par un vaste chantier participatif de modification de la constitution ainsi que des mesures ambitieuses et inédites : des avancées en termes de protection sociale, autonomie de communautés indigènes et territoriales, nationalisation partielle de l’exploitation du gaz et du pétrole… En outre, durant cette période, les finances de l’État ont bénéficié de l’augmentation du prix des matières premières.

    Toutefois, au bout de 6 ans de mandat, nous avons pu nous rendre compte à travers de nombreuses rencontres que les déceptions et critiques envers le pouvoir en place ne manquent pas à l’heure actuelle en Bolivie. Qu’il s’agisse de reprocher au final la lenteur et la « tiédeur » des réformes socio-économiques dont les effets concrets tardent à se faire JPEG - 377.8 kosentir, certaines dérives autoritaires du pouvoir en place ou encore le changement d’attitude du gouvernement face aux mouvements sociaux.

    Mouvements sociaux

    Ce dernier point est particulièrement sensible actuellement depuis l’épisode du « TIPNIS » [2] qui a vu, le 27 septembre 2011 à Yucumo, les forces de police gouvernementales réprimer violemment une marche indigène contre le projet de construction d’une route qui devait traverser leur territoire. Un paradoxe pour un gouvernement présenté comme celui des « mouvements sociaux » ; et pour un président qui n’hésite pas à jouer la carte de son origine ethnique, et qui est arrivé au pouvoir en partie grâce au soutien des ONG.

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    « Notre court séjour nous a permis de voir à quel point la contestation sociale est vivace en Bolivie : pas une journée sans une manifestation à La Paz [3]« 

    … sans qu’une rue soit bloquée par des pneus en feu, des pierres ou une marche de protestation.

    Moyens supplémentaires pour l’université de El Alto [4] et gratuité du BAC, augmentation des pensions du secteur de la santé, prolongation de mesures de régularisation de véhicules arrivants aux frontières destinés à la vente, augmentation du prix de l’essence…les motifs sont aussi nombreux et variés que les moyens utilisés pour se faire entendre.

    « C’est que la politique est omniprésente en Bolivie et de manière beaucoup plus directe que chez nous. »

    Au-delà de participer aux élections, des tas de mobilisations se mettent en place au nom des étudiants, femmes, paysans, « grémiales » (vendeur de rue de l’informel), habitants des quartiers pauvres… le tout organisé en un dédale de fédérations, confédérations, coopératives et sections locales qui chacune présentera ses recommandations aux gouvernement, fera jouer ses représentants au sein du parlement, revendiquera une place dans la constitution puis sa concrétisation en lois et finalement l’application réelle, parfois fort lointaine, de celles-ci.

    JPEG - 414 koEn effet, si la politique en Bolivie apparaît très vivante, on a en même temps l’impression qu’elle dépasse rarement la sphère idéologique ou symbolique et que lorsque c’est le cas (nationalisation du pétrole par exemple), elle peut s’avérer plus riche en compromis qu’annoncer au départ.

    « Evidemment tout ceci ne se passe pas sans divisions d’intérêts et différences idéologiques comme nous avons pu nous rendre compte »

    … notamment lors d’une rencontre avec les représentants d’une confédération de la jeunesse proches du MAS. En effet, ceux-ci nous ont exprimé leur désaccord avec certaines des organisations partenaires de Solidarité Mondiale en Bolivie. Jusqu’à avoir voulu leur faire fermer boutique, ils leur reprochent de ne pas être des ONG « natural », c’est-à-dire d’être dépendantes d’ONG internationales, pas assez gérées par la base (dans ce cas-ci le public jeune issu des quartiers pauvres) voir pas assez indigène et surtout n’ayant pas une vision du changement suffisamment politique pour être efficace.

    Ce genre de critiques liées au contexte politique bolivien a en tout cas le mérite de nous poser la question, souvent trop vite contournée, de l’influence des forces politiques et idéologiques nationales sur l’action des partenaires soutenus par les ONG et le type de développement promu par celles-ci. De même, la question de la manière dont on se positionne vis-à-vis de revendications identitaires ou « nationalistes » que nous sommes habitués à rejeter quand elles concernent le replis d’une communauté privilégiée sur ses acquis. Ce qui n’est pas le cas en Bolivie puisqu’il s’agit d’avantage de de la reconnaissance et de l’accès au pouvoir politique de communautés économiquement faibles qui pendant longtemps n’ont pas eu droit au chapitre dans leur pays et l’ont encore moins dans la mondialisation. Si cette recherche d’identité est au cœur du processus de changement bolivien, comme l’atteste la nouvelle constitution qui reconnaît le caractère multiethnique de la nation bolivienne, elle demeure visiblement un point de tension important dans le pays.

    TRAVAIL INFORMEL

    JPEG - 510.2 koLe fait que les ¾ des travailleurs se situent dans le secteur informel (économie parallèle) est une autre réalité importante en Bolivie, partagée par de nombreux pays pauvres. L’activité informelle s’y développe sur le peu d’appareil productif générateur d’emplois et sur fond d’exode rural croissant vers les grandes villes.

    Une forme de pension a été mise en place pour ces travailleurs qui n’ont jamais cotisé, certains soins de santé de base sont en principe accessibles et certains droits sont reconnus aux travailleurs. Malgré tout, on renonce facilement à ces droits par crainte de perdre son revenu ou de formalités qui risquent d’être longues et le secteur pour l’instant reste exclu du système embryonnaire de sécurité sociale. De plus…

    « les conditions de travail sont souvent dures dans la rue : de nombreux problèmes de santé en témoignent, la journée de travail s’étale de « soleil à soleil », comme ils disent, et de nombreux enfants partagent celles-ci avec leurs parents au lieu d’aller à l’école. »

    Malgré cela, nous avons pu nous rendre compte à quel point ces travailleurs restent collectivement bien organisés pour défendre leurs intérêts alors qu’ils restent marginalisés, malgré leur importance considérable, dans le paysage syndical institutionnel du pays. Celui-ci restant dominé par quelques grands secteurs formels, notamment minier.

    Bien que le rapport à l’État soit par définition assez réduit, celui-ci tente par exemple à La Paz d’améliorer la situation des marchés quasi autogérés, que nous avons pu visiter, en terme d’hygiène, d’infrastructures ou encore d’installation électrique. Toutefois, cette a priori louable intervention des pouvoirs publics locaux dans l’informel ne va pas sans se heurter à des oppositions, dont la moindre n’est pas le fait de devoir payer une taxe, liées notamment à la crainte pour certains commerçants de voir mis à mal tout un système acquis de privilèges et hiérarchies bien établis.

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    « En fait, vu son ampleur,le travail informel constitue une réalité bien plus complexe qu’un simple retard ou stade inférieur à notre modèle de salariat occidental : »

    avoir plusieurs boulots dans l’informel peut être considéré comme plus sûr que n’avoir qu’un seul emploi salarié que l’on peut risquer de perdre, de même informel ne rime pas nécessairement avec pauvreté : de grosses différences de revenus existent en fonction du fait d’être propriétaire de son commerce, en fonction de son secteur d’activités, de sa position sociale

    L’économie informelle, ainsi que les autres éléments de tension abordés brièvement dans ce témoignage, constituent plus que jamais des défis majeurs du processus de changement qui est cours en Bolivie. Un processus dont le plus grand mérite est sans doute d’avoir donné légitimité et fierté à une population mise en marge de la société pendant de nombreuses années.

    [1LES PARTENAIRES DE SOLIDARITE MONDIALE EN BOLIVIE :

     

    CRISOL

    (Corriente de Renovaciõn Independante y Solidaridad Laboral)
    Crée à la fin des années 70 sous la dictature du général Hugo Banzer pour organiser la résistance aux persécutions de syndicalistes, il s’agit actuellement d’une coupole d’organisations affiliées, pour la plupart syndicales (artisans, chauffeurs, mineurs, services…), dont l’action se base principalement sur la formation.
    CRISOL constitue également un courant idéologique au sein de la COB (centrale ouvrière bolivienne unique) et à ce titre adopte au cours de congrès des stratégies et positions politiques comme par exemple récemment concernant la nouvelle loi nationale de sécurité sociale.
    L’action de formation de CRISOL est particulièrement reconnue en matière de « capacitation » syndicale et politique avec des centaines de personnes formées chaque année dont certaines deviennent responsables syndicaux ou politiques, constituant autant de relais possibles pour CRISOL au sein de la COB, des mairies, du sénat ou encore du parlement national.
    Notons également qu’en allant à l’encontre du caractère actuellement assez figé du paysage syndical bolivien, dans lequel certaines centrales historiquement importantes continuent de garder une position dominante, CRISOL défend une meilleure prise en compte de la réalité économique et sociale actuelle du pays à travers notamment la reconnaissance de l’importance du secteur informel.

     CASA WAKI

    Développe à la fois une action proche de ce qui se fait chez nous sous forme d’écoles de devoirs pour les enfants et d’insertion/formation pour les jeunes.
    La CASA WAKI est ancrée dans la ville d’El Alto (voir encadré) et son action prend son sens dans la réalité que vivent les habitants de celle-ci : pauvreté, manque d’emploi pour les jeunes, travail informel des parents, enfants des rues…
    C’est ainsi que CASA WAKI propose des formations en tissage, travail du bois ou encore culture de plantes à des jeunes qui peuvent suivre ces programmes après l’école. Via du microcrédit, formations en commerce et soutien à la création d’entreprises certains jeunes peuvent également reprendre l’activité de leur parents ou lancer la leur afin de soulager financièrement ces derniers. Enfin cette organisation très dynamique propose également divers « cafés jeunes », festivals de danse ou de théâtre et sensibilise sur les droits des jeunes travailleurs.

     Gregoria APAZA

    Situé également à El Alto, à partir d’un objectif général de promotion des droits des femmes, ce véritable centre de formation propose, aux femmes mais aussi aux jeunes, différents programmes de formations techniques : couture, informatique, commerce…, ou encore des formations de « capacitation » politique et citoyenne de même que par exemple une radio et un magasin d’artisanat « équitable ». Gregoria APAZA est une célèbre leader indienne Aymara en révolte contre les espagnoles, qui finirent par l’exécuter fin du 18ème siècle.

     SENTEC

    Dans la région minière d’Oruro, l’organisation développe différents programmes d’actions autour de la médecine traditionnelle (production et vente de médicaments à base de plantes, services de massage pour bébés et réflexologie…) et de la formation technique sous forme notamment de cours du soir (soudure, tournage/fraisage, fours solaires ou encore production de serres en bouteilles plastiques réutilisées). SENTEC, en collaboration avec un service public de santé, développe aussi dans une commune rurale une action, peu courante dans le pays, d’accompagnement des personnes du troisième âge dans leur vie quotidienne (massages, gymnastique, alimentation…).

    [2Territoire Indigène Parc National Isiboro Sécure

    [3capital administrative et siège du gouvernement

    [4] El Alto « la ville haute »

    Située à 4150 mètres d’altitude juste au-dessus de La Paz, capitale administrative du pays, El Alto est une immense banlieue pauvre alimentée par les migrants issus des campagnes environnantes. Officiellement depuis 1984, cette agglomération est considérée comme une ville à part entière, elle dispose d’ailleurs de son propre aéroport, son université et sa cathédrale.

    Simple annexe agricole de La Paz regroupant 10 000 personnes dans les années 50 et actuellement forte de plus d’1 millions d’habitants, elle concentre une série de problèmes liés à et son accroissement rapide, la pauvreté de sa population et des conditions climatiques et géographiques difficiles : accès aux services de base (santé, écoles, eau, égouts…), peu d’emplois, règne de l’informel, expansion incontrôlable ….

    Ce qui la reproche sans doute de ce qu’on peut entendre par « bidonville » même si sa configuration de même que son apparence à priori s’en éloignent : en effet, la ville s’étale sur une immense étendue de plaines qu’encadrent des chaînes de montagnes, à travers un vaste quadrillage monotone d’habitations modestes « construites en dur » permettant la circulation de nombreux taxis et bus. Le caractère apparemment organisé de la ville tranche donc avec les amas chaotiques d’habitations de fortune que l’on peut voir aux abords de nombreuses grandes villes pauvres du monde. Malgré tout, la marginalisation géographique et économique de la population d’El Alto est évidemment source de tensions avec sa voisine La Paz, qu’elle dépasse désormais en termes de population, de même qu’un enjeu considérable pour l’ensemble du pays.

    Pour ces raisons, plusieurs partenaires soutenus par Solidarité Mondiale en Bolivie sont particulièrement actifs dans les quartiers d’El Alto, en particulier avec les femmes et les très nombreux jeunes et enfants qui y vivent.

  10. Changements climatiques : impacts sur les migrations et les inégalités mondiales

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    Conférence/débat

    Changements climatiques : impacts sur les migrations et les inégalités mondiales

    Jeudi 9 novembre 2017 17H CSC de Liège, Bvd Saucy 8-10,

    Désormais, en plus des facteurs économiques et politiques, l’impact du climat sur les mouvements de population à travers le monde est devenu une réalité : températures et sécheresses records, ouragans, inondations…ces phénomènes font de plus en plus partie de l’actualité tandis que les réfugiés climatiques semblent bien incarnés les premières victimes du réchauffement global. Actuellement les déplacements dus à des catastrophes naturelles sont déjà une réalité pour des millions de gens et à l’avenir, plusieurs zones importantes du monde pourraient même devenir totalement inhabitables.

    L’impact de l’activité humaine sur le climat et tous les effets que cela entraîne sont de plus en plus difficile à nier. En même temps, notre société au niveau politique, économique et citoyen semble loin d’anticiper suffisamment l’ampleur de ces changements alors que, de moins en moins exceptionnelles, ces migrations climatiques ont désormais acquis un véritable caractère structurel.

    C’est pourquoi Il est grand temps d’en faire un véritable sujet politique et social et plus seulement une question d’« environnement » : qu’est ce qui peut encore être fait pour éviter cette situation ? Quel statut reconnaître à ces personnes déplacées ? pour quelle type d’aide nationale ou internationale ? Et dans le cadre d’une responsabilité environnementale globale, comment intégrer la responsabilité des états qui émettent le plus de gaz à effet de serre ?

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    François Gemenne : originaire de Liège, spécialiste de l’immigration et du changement climatique, enseignant et chercheur entre autres à l’Université de Liège et à Science-Po Paris, auteur de « Géopolitique du climat » (Armand Colin, 2015), régulièrement sur le devant de la scène médiatique en France, en Belgique et au-delà avec de nombreuses interventions percutantes sur le sujet.

  11. Retour d’un voyage au Burkina Faso en 2009

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    Cela fait maintenant plus d’un mois que notre groupe de 11 professionnels et militants des organisations du MOC Liège-Huy-Waremme, pour la plupart membres de la commission Solidarité Mondiale de Liège, sont rentrés de leur voyage d’immersion organisé par l’ONG à la rencontre des partenaires de celle-ci et de leur action.

    Une fois la fédération MOC de Liège « sélectionnée » pour ce voyage, c’est dans un but de cohérence que le choix de destination s’est naturellement fixé sur le Burkina Faso. En effet, depuis plusieurs années, la Mutualité chrétienne et la CSC de Liège développent de solides partenariats dans ce « petit » pays d’Afrique de l’Ouest. C’est donc en étroite collaboration avec ces partenaires mutualistes et syndicalistes burkinabés que le contenu du séjour a été élaboré. Ce qui a débouché sur un programme extrêmement riche et varié emmenant du 21 novembre au 5 décembre 2009 le groupe aux quatre coins du pays.

     

     L’action syndicale

    La CNTB (Confédération Nationale des Travailleurs du Burkina) est l’un des 6 principaux syndicats du pays, elle existe depuis les années 60 et elle compte plus ou mois 15.000 affiliés. Grâce à des contacts quotidiens avec ses responsables, militants locaux et délégués ainsi que plusieurs visites de sections locales et d’entreprises, nous avons pu approcher les grands enjeux et difficultés auxquels le syndicat est confronté :

    Importance du travail informel

    C’est l’univers de la débrouille et de la survie dans lequel chacun essaie de gagner un peu d’argent comme il peut, la plupart du temps là où on a le plus de chance d’y arriver : dans la rue. C’est une des choses les plus frappantes lorsque l’on débarque dans la capitale, Ouagadougou, on a l’impression qu’il y plus de petites échoppes que d’habitants (« maquis » où boire et manger, vente de produits très divers, salons de coiffure, bouteilles de « carburant » de fortune pour les mobylettes…) que chaque personne dans la rue a quelque chose à vendre (cartes téléphoniques, fruits, ceintures, prostitution…), chaque immeuble a son gardien tout comme chaque voiture qui se gare sans oublier les porteurs de marchandises, collecteurs de déchets et autres « gens de maison »…

    Loin d’être marginal, ce travail informel constitue l’un des aspects majeurs de la vie économique et sociale du Burkina. En effet, l’informel occuperait 80% de la population active et représente 27% du PIB (le reste se partageant entre exportations et aides extérieures) derrière l’agriculture et l’élevage, c’est le troisième secteur le plus puissant de l’économie nationale [1]]. En plus de ne permettre aucune protection sociale, le travail informel s’effectue en marge de toute législation du travail tant au niveau des conditions de sécurité, du temps de travail que de la rémunération qui n’atteint bien souvent pas le SMIC (plus ou moins 22.000 francs CFA, soit 33€ par mois !).

    Malgré tout, face à cette situation les syndicats, qui comprennent des représentants de l’informel, poussent les travailleurs de ce secteur à s’organiser en corps de métiers ou en groupements professionnels notamment afin de faire valoir leur intérêt au près des pouvoirs publics : de la revendication à une protection sociale au niveau national en passant par des choses très concrètes comme faire pression pour obtenir des reçus de paiements de diverses taxes et redevances réclamées par les autorités locales (emplacement, éclairages…) afin d’éviter des abus de celles-ci.

    Le travail informel en tant que manière de survivre pour les exclus du marché et de la mondialisation témoigne sans doute également, au-delà du seul point de vue économique, d’un mode de fonctionnement plus profond de la société africaine , basé sur les réseaux traditionnels et familiaux qui échappent à nos conceptions occidentales de citoyenneté, d’Etat et de la place du travail dans la société. Toutefois en fonctionnant visiblement par fragmentation du travail existant et donc, par division des revenus, il est probable qu’en même temps l’informel dissolve ces réseaux de solidarité traditionnelle et, en l’absence totale de droits du travail, constitue en fait une multitude de réseaux d’exploitation invisible [2]]. Le problème est de savoir pourquoi le développement de ce secteur informel a pris une telle ampleur. L’autre grande difficulté à laquelle sont confrontés nos partenaires syndicalistes, que nous allons maintenant développer, apporte sans doute un élément de réponse

    Une industrie embryonnaire subissant la crise et la mondialisation

    Après les nombreuses manifestations contre « la vie chère » qui ont eu lieu dans le pays en 2008, dévaluation monétaire et forte hausse du prix des denrées de première nécessité font toujours sentir leurs effets. De plus, dans les entreprises que nous avons visitées, on nous a dit avoir durement ressenti la dernière crise financière mondiale. Comme dans la tannerie Tan-Aliz de Ouagadougou où 90 travailleurs viennent de se retrouver en chômage technique suite à la baisse de demande des clients européens fabricants de sacs et d’autres articles de maroquinerie.

    Comme nous l’a expliqué un responsable local de la CNTB dans la région de Bobodioulasso (2ème ville du pays et anciennement capitale industrielle) où l’industrie est particulièrement en déclin (voir en encadré ci-dessous l’interview d’une militante syndicale sur la délocalisation de l’entreprise Savana) , le Burkina s’est ouvert beaucoup trop vite à la concurrence mondiale poussé par le pouvoir en place suivant la doctrine libérale encouragée par les grands bailleurs de fonds internationaux tels que le FMI et la Banque Mondiale et leurs fameux « Plans d’Ajustements Structurels » [3]] .

    L’économie burkinabé n’était pas prête et l’accompagnement de l’Etat s’est avéré largement insuffisant. Le pays n’a pu faire face à la concurrence de voisins plus importants comme la Côte d’Ivoire ou par exemple, comme on nous l’a expliqué, face à l’arrivée de mobylettes chinoises bon marché qui a précipité la fermeture d’entreprises d’assemblage locales. Au cours d’une visite d’une entreprise de production de sucre à partir de cannes, premier employeur après l’Etat dans la région de Banfora, les délégués nous ont appris que l’usine venait d’être reprise par un investisseur du Qatar entraînant énormément de difficultés syndicales y compris même le droit de se réunir…de nombreux exemples nous ont été ainsi donnés de secteurs entiers de l’économie nationale libéralisés et appartenant désormais à des capitaux étrangers : production de coton, téléphonie, chemin de fer…

    Par rapport à cette situation les syndicats sont face à d’énormes difficultés pour mobiliser et organiser les travailleurs dans la défense de leurs intérêts. Manque de formation et de connaissance de leurs droits (rappelons que le taux d’alphabétisation ne dépasserait pas un quart de la population du pays), mais surtout grosse difficulté à récolter des cotisations, vu le poids du secteur informel notamment, et donc à dégager les moyens nécessaires par exemple au soutien d’une grève. Parfois cette difficulté à s’affilier est doublée d’une crainte d’être mal vu par son patron mais aussi par le pouvoir politique local comme nous l’ont raconté avec humour des responsables syndicaux locaux que certains de leurs militants faisaient semblant de ne pas reconnaître sur la place les jours de marché…

    Libertés syndicales et relations avec le pouvoir public

    Durant nos nombreuses rencontres avec des syndicalistes nous avons entendu plusieurs témoignages concernant des atteintes aux libertés syndicales : impossibilité de se réunir comme cité plus haut, syndicalistes menacés et même « coursés par des 4X4 » !, journaliste de la capitale muté « en brousse » dans une lointaine province, ministre démis de ses fonctions pour avoir pris le parti de travailleurs licenciés, peur d’être « fiché » ou encore impossibilité de faire grève sous peine d’avoir affaire à la police pour les travailleurs d’un secteur sensible comme ceux qui travaillent à l’aéroport de Ouagadougou (le Burkina est un pays « enclavé »)…

    À côté de cela, lors d’une rencontre, avec le Ministre du travail, organisée par nos partenaires, nous avons pu percevoir une certaine volonté du pouvoir public de collaborer avec les syndicats et les mouvements mutuellistes en vue de l’élaboration d’un système d’assurance maladie et du respect des conditions de travail (envoi d’inspecteurs du travail, encore trop peu nombreux , sur le terrain) ou de la construction d’un dialogue social (rencontres annuelles entre syndicats, employeurs et gouvernement, représentation des syndicats dans des tribunaux du travail…). Citons aussi l’organisation d’un colloque international sur le travail décent organisé par le BIT à Ouagadougou le 2 décembre et auquel deux d’entre nous ont eu la chance de participer [4]].

    L’Action Mutuelliste

    Le Réseau d’Appui aux Mutuelles de Santé (RAMS) a pour but de soutenir la création et le développement de celles-ci pour organiser et faciliter l’accessibilité financière de la population aux soins de santé. Le RAMS appuie une soixantaine de Mutuelles au Burkina qui permettent de couvrir des dizaines de milliers d’affiliés. La création de ces mutuelles et leur implantation locale se fait à partir de réseaux associatifs (groupement de corps de métiers, syndicats, groupements de femmes…). Des frais d’adhésion par famille sont demandés en plus d’une cotisation annuelle par personne ce qui permet de couvrir la plupart du temps jusqu’à 80% des frais principalement de prescription de médicaments génériques et de consultation dans divers centres de santé.

    Difficultés d’accès financiers aux soins de santé

    Rappelons quelques éléments qui nous ont été donnés sur la santé au Burkina : grosse partie de la population qui n’a pas accès à l’eau potable surtout en milieu rural, manque énorme de personnel médical (1 médecin pour 10.000 habitants selon l’OMS), 4% de la population atteinte par le SIDA et une espérances de vie dépassant à peine les 50 ans.

    Situation dont nous avons pu très partiellement prendre la mesure en visitant un hôpital de Ouagadougou dont la maternité compte…une vingtaine de lits. Les principales causes de consultations aux urgences sont celles qui réclament le plus de soins dans l’ensemble de la population : paludisme (malaria), infections respiratoires et dysenteries.

    De plus, par définition les travailleurs de l’informel (la majeure partie) ne bénéficient d’aucune protection sociale. Quant à celle dont bénéficie actuellement la minorité du secteur formel, fonctionnaires en particulier, elle ne couvre pas les risques de santé autres que professionnels.

    Les vendeurs de rue de médicaments constituent également un aspect du problème. Ces médicaments vendus dans la rue beaucoup moins chers que dans le commerce et donc beaucoup plus accessibles, présentent de grands risques d’être périmés, inadéquats voir pire. A ce propos, lors d’un festival de films d’animation à Ouagadougou nous avons eu l’occasion de voir un documentaire de prévention sur ce genre de pratique dans lequel un vendeur de médicaments expliquait que ne sachant pas lire il lui suffisait de se fier au dessin sur la boîte de médicaments pour savoir lequel proposer à ses clients : une boîte de « femme qui se tient le ventre » pour les maux de ventre ou encore une pilule de « vieille femme qui court » pour la fatigue…

    Des mutuelles organisées par des femmes en milieu rural

    De nombreuses Mutuelles sont l’initiative de groupements de femmes défavorisées en milieu rural. C’est le cas de celles que nous avons visitées à Tanghin Dassouri, Kongoussi et Tenkodogo. Leur grande solidarité et leur dynamisme associatif et économique nous ont impressionnés au regard des difficultés très concrètes auxquelles les femmes qui font vivre ces mutuelles sont confrontées : besoin d’un coffre, sans lequel la trésorerie peut être risquée, avoir un semblant d’enseigne ou encore du matériel de gestion administrative. De plus l’éloignement parfois très important des centres de santé oblige bien souvent ces femmes à faire des dizaines de kilomètres à pieds en l’absence de moyens pour acheter une mobylette ou même un vélo. Ce problème de déplacement touche également la collecte des cotisations dans les différents villages et oblige bien souvent ces femmes à dormir là où elles se réunissent…quand elles ont la chance de disposer d’un local.

     Micro-crédit et activités génératrices de revenus

    Notons enfin que dans ces régions rurales où la capacité contributive est très faible et dépendante des récoltes agricoles, la mise en place de mutuelles se fait souvent en combinaison avec des activités génératrices de revenus. Ce qui nous amène à un dernier aspect de l’action des partenaires rencontrés au Burkina Faso, l’octroi de microcrédits qui permet aux bénéficiaires d’essayer de développer des activités génératrices de revenus. Ces activités se situent principalement dans le petit commerce de fruits et légumes ou d’eau potable par exemple, dans la transformation et le stockage de denrées alimentaires, dans la culture maraîchère comme dans les villages de Bam et Darigma ou encore dans la collecte et le recyclage de déchets comme expliqué lors d’une visite de la mutuelle de Tenkodogo.

    L’association de femmes « Watinooma » de Kaya est également un bon exemple. A la fois mutuelle et guichet de microcrédit, c’est aussi un lieu où se donnent des cours d’alphabétisation et où, notamment, sont pris en charge les orphelins de membres décédés. Un lieu qui présente aussi un espace et du matériel permettant à plus de 300 femmes de développer des activités génératrices de revenus : élevage d’embouche, préparation du soumbala, exploitation de champs collectifs…

     En conclusion

    Ce genre de voyage permet évidemment de découvrir une réalité autre que la nôtre, en termes de pauvreté et d’inégalités énormes malheureusement mais aussi de richesses culturelles et sociales. Toutefois, au-delà de ces différences et du caractère forcément « déséquilibré » de nos rencontres, ce voyage nous a également permis d’apprécier les nombreux points communs entre nos revendications de mouvements sociaux ici et là-bas. C’est de cet aspect des échanges entre les organisations du MOC et leurs partenaires du Sud, ainsi que de l’intérêt de les soutenir que nous souhaitons particulièrement témoigner au terme de ce voyage.

    Si vous faites partie d’un groupe que cela intéresse, les participants à ce voyage sont disponibles pour témoigner, répondre à vos questions et animer un échange autour de leur expérience à l’aide de photos et extraits filmés de ce voyage. Contact : Nicolas Laermans, 0498/17.18.50 ou par MAIL

    [1« Vision syndicale » n°3, mars 2007, « Burkina Faso : l’informel au coeur d’une nouvelle solidarité ». Périodique de la CSI (Confédération Syndicale Internationale) disponible ICI

    [2[ Lire à ce propos : « Le pire des mondes possibles », Mike Davis, Ed. La Découverte, 2007, p.182-213

    [3[Ces institutions financières internationales recommandent aux États surendettés auprès d’elles des réformes qui comportent presque systématiquement comme solution, pour rembourser leurs dettes et se développer économiquement, une stricte discipline budgétaire avec diminution des dépenses publiques, la promotion des exportations (au détriment parfois du marché intérieur), libéralisation des entreprises nationales et du commerce extérieur.

    [4[Réunissant grâce au BIT (Bureau International du Travail) représentants des travailleurs et des employeurs de 44 pays, en particuliers africains, ce colloque avait pour principal but de mettre en place des stratégies communes de mise en œuvre du « Pacte mondial pour l’emploi » adopté en juin à Genève.

    En effet, la crise mondiale de l’emploi a fait l’objet d’un sommet en juin 2009 à Genève, à l’initiative de l’OIT (Organisation internationale du travail). Le but était d’adopter un Pacte mondial pour l’emploi afin de favoriser une reprise rapide de l’emploi durement frappé par la crise financière internationale.

    Le colloque faisait également suite à un sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine en septembre 2004, encore à Ouagadougou, qui mettait, pour la première fois, la protection sociale et le travail décent à l’agenda du développement du continent.